Croisières et Voyages
Reportage : A la découverte du Groenland

Reportage

Reportage : A la découverte du Groenland

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Croisières et Voyages

Seconde étape de notre croisière à bord du Princess Danae, de Classic International Cruises et NDS Voyages, nous mettons aujourd'hui le cap sur le Groenland. Après avoir quitté Havre Saint-Pierre, dans l'estuaire du Saint-Laurent, le paquebot se dirige au nord, afin de franchir le détroit séparant Terre Neuve du Labrador. Une fois de plus, la nature nous gratifie d'un somptueux coucher de soleil au milieu d'une mer particulièrement calme. Après avoir salué une dernière fois les côtes canadiennes, le Princess Danae s'engage dans l'Atlantique nord, vers un territoire mythique. Près de trois jours de mer nous séparent du Groenland. Chacun en profite pour vaquer à ses occupations. On bouquine dans un salon ou, bien couvert, sur l'un des ponts extérieurs, on fait la sieste, on joue aux cartes, on participe à l'une des activités proposées par l'équipe d'animation... Ou alors on fait un peu de sport dans la petite salle située à la poupe et permettant, grâce à une baie vitrée, de surveiller ce qui se passe dehors. Le temps manque pour s'ennuyer. D'autant qu'au cinéma, Bruno Guégan, du Groupe de Recherche en Ecologique Arctique (GREA) donne une conférence sur le monde des glaces. De quoi se mettre dans l'ambiance et mieux comprendre le territoire dans lequel nous allons bientôt pénétrer.

En quittant le Canada (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
En quittant le Canada (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Sur les ponts, à l'affût des baleines

Au début de la croisière, le scientifique avait prévenu : « Vous ne verrez pas de baleines, vous ne verrez pas d'oiseaux marins et vous ne verrez pas d'icebergs... Vous ne verrez rien, si vous restez à l'intérieur ! » Et, de fait, sur cette traversée, il faut se tenir prêt, à tout moment, à rejoindre les ponts extérieurs. N'importe quand, un groupe de baleines peut surgir près du navire et un iceberg apparaître à l'horizon. Pour faciliter les observations, le capitaine, qui veille en passerelle, alerte systématiquement la directrice de croisière, dès qu'il se passe quelque chose d'intéressant. Hélène Durant passe alors une annonce sur le réseau de communication du bord, invitant les passagers à sortir pour profiter du spectacle. « C'est vraiment bien de pouvoir travailler ainsi avec le capitaine, qui m'alerte dès qu'il y a quelque chose de remarquable à observer. Je préviens alors les passagers, même si c'est au petit matin. Au début, quand il était très tôt, je me demandais si je devais prendre le risque de réveiller tout le monde mais, quand on voit ces magnifiques paysages et ces groupes de baleines évoluer autour du bateau, on sait que cela vaut le coup. La plupart des gens verront cela une fois dans leur vie. C'est une chance qu'il ne faut pas laisser passer », explique Hélène Durant.

Dans l'Atlantique nord, à l'affût des baleines (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Dans l'Atlantique nord, à l'affût des baleines (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Un groupe de baleines (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)
Un groupe de baleines (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)

Un groupe de baleines (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)
Un groupe de baleines (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)

Un groupe de baleines (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)
Un groupe de baleines (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)

Des gerbes d'eau surgissent de la surface

Ce jour là, comme presque tous les jours d'ailleurs, des oiseaux marins viendront virevolter autour du Princess Danae. Et puis, soudain, de fins geysers émergent de la surface des flots. C'est un groupe d'une douzaine de baleines qui fait son apparition. L'alerte est immédiatement donnée et les passagers se rassemblent fébrilement sur les ponts extérieurs pour observer les animaux. Majestueux, les cétacés défilent à une petite centaine de mètres, faisant régulièrement surface pour expirer des gerbes d'eau, qui permettent de les localiser facilement. Sur les photos, l'image n'est pas spectaculaire car, des baleines, on ne voit le plus souvent que le dos luisant qui émerge. Mais, dans la réalité, cette rencontre procure à tous un sentiment de grand enthousiasme. « C'est fantastique, on a vraiment de la chance. C'est sûr qu'on aimerait bien les voir sauter, comme dans les reportages à la télévision, mais on comprend bien qu'on n'est pas dans un parc aquatique et que ces animaux ne sont pas dressés pour notre bon plaisir. Quand on est face à cela, la seule chose qui importe est d'apprécier le spectacle. Elles vont et viennent librement, c'est la nature et nous avons le privilège de pouvoir observer cela », confie une passagère, qui voit pour la première fois des baleines. Un spectacle véritablement fascinant.

(© : JEAN RAYNOUARD)
(© : JEAN RAYNOUARD)

(© : JEAN RAYNOUARD)
(© : JEAN RAYNOUARD)

(© : JEAN RAYNOUARD)
(© : JEAN RAYNOUARD)

(© : JEAN RAYNOUARD)
(© : JEAN RAYNOUARD)

(© : JEAN RAYNOUARD)
(© : JEAN RAYNOUARD)

(© : JEAN RAYNOUARD)
(© : JEAN RAYNOUARD)

Au cours de la traversée, certains, postés très régulièrement sur les extérieurs ont eu la chance de voir un peu plus que des gerbes et des dos, à condition bien sûr d'être là au bon moment. Un jour, un Beluga s'est approché très près du navire, plongeant au dernier moment pour passer sous la coque, devant les regards ébahis des quelques passagers présents à cet instant sur le pont promenade. Une autre fois, alors que le froid dissuadait nombre de curieux de pointer le bout de leur bonnet dehors, une baleine s'est approchée et a levé lentement sa queue hors de l'eau, avant de sonder et disparaître sous les flots (photos ci-dessus d'un de nos lecteurs, Jean Raynouard, présent à bord et nous ayant fait l'amitié de pouvoir diffuser ses clichés). Et puis, un autre jour, alors que beaucoup observaient une baleine sur tribord, un autre cétacé, qui se trouvait sur l'arrière, a brusquement décidé de sauter dans le sillage du navire. D'après Bruno Guégan, il s'agissait sans doute d'une mère, accompagnée de son petit, qui se livrait à une démonstration de force pour protéger son baleineau. Le spectacle fut aussi impressionnant que rapide, de rares chanceux ayant eu le privilège de regarder à cet instant dans la bonne direction. Aucun n'a eu le temps d'immortaliser cette scène avec son appareil photo, mais cette image restera gravée à vie dans leur mémoire.

Iceberg au large du Groenland (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Iceberg au large du Groenland (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Iceberg en vue

Entre Terre Neuve et les côtes du Labrador, les passagers avaient pu découvrir leurs premiers icebergs, échoués sur les hauts fonds du plateau canadien. Les premières rencontres, en mer, seront d'une tout autre nature. Par temps clair, les grands blocs de glace sont visibles très longtemps à l'avance, notamment le jour, où la lumière du soleil se reflète dans la couleur blanche de ces énormes glaçons. Les premiers icebergs rencontrés sont seuls, en pleine mer, dérivant vers un improbable voyage depuis l'Arctique. C'est là que ces accumulations de neige comprimée naissent de la fonte des glaciers de la calotte polaire, au terme d'un processus long de plusieurs milliers d'années. Les rencontres les plus spectaculaires se font quand le temps est plus tourmenté, soit bouché, soit hésitant entre grisaille et éclaircie. Ainsi, de véritables montagnes de glace émergent du brouillard, le plafond parfois très bas venant, à certains moments, couvrir la partie supérieure des icebergs, dont la base est également, souvent, baignée de brume.

Iceberg au large du Groenland (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Iceberg au large du Groenland (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Iceberg au large du Groenland (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Iceberg au large du Groenland (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Iceberg au large du Groenland (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Iceberg au large du Groenland (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Iceberg au large du Groenland (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Iceberg au large du Groenland (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Devant ces mastodontes, on ne peut qu'admirer en silence. Observer les formes très variées de ces sculptures naturelles et se demander quelles tailles peuvent bien faire ces majestueux blocs. Car, si les parties émergées sont déjà colossales, les parties immergées sont bien plus importantes, environ 80% de l'iceberg étant sous l'eau selon la règle. A la jumelle, on détaille les contours de ces géants et, parfois, on s'arrête sur une partie plus sombre, une masse de petits points noirs à peine visibles à l'oeil nu. Il s'agit en fait de colonies d'oiseaux, qui se massent sur ces immenses perchoirs flottants !
C'est vraiment depuis un bateau que l'on prend toute la mesure et la beauté des icebergs qui, poussés par les vents et les courants, peuvent dériver sur plus de 4000 kilomètres et fondre progressivement à une latitude d'environ 40 degrés. Il est néanmoins arrivé que l'on retrouve des icebergs jusqu'en Irlande, et même aux Bermudes !

Le Groenland (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)
Le Groenland (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)

Le Groenland (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)
Le Groenland (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)

Le Groenland (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)
Le Groenland (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)

La plus grande île du monde

La traversée vers le Groenland offre donc, déjà, son lot de découvertes, de surprises, et d'images inoubliables. Mais, alors que les 69 heures de navigation sont passées à une incroyable vitesse, le Groenland est bientôt en vue. Longue de 2670 kilomètres du nord au sud et large de 1050 kilomètres, il s'agit de la plus grande île du monde, sa superficie étant cinq fois supérieure à celle de la France. Equidistant de Paris et de New York, soit 3000 kilomètres de chaque côté, le Groenland est recouvert sur les 9/10 de sa surface par la calotte glacière, qui abrite le gros des réserves d'eau douce de la planète. Le pays, dont la plus grande partie est située au nord du cercle polaire arctique (66.33° de latitude nord) est soumis à un climat arctique très rigoureux et capricieux. Mais, en été, la bande côtière de découvre, laissant apparaitre de très beaux paysages où la végétation, composée de toundra, d'herbes, de petits arbustes et de fleurs, reprend ses droits durant un court laps de temps. Le matin, les températures estivales demeurent basses et peuvent tomber sous 0, ce qui signifie qu'il faut emmener des vêtements chauds, d'autant que l'on passe de longs moments en extérieur pour admirer le paysage (pensez notamment aux gants). En revanche, dans la journée, le thermomètre grimpe au dessus de 10 degrés et, si le soleil est de la partie, l'atmosphère est beaucoup plus douce (une petite laine est, néanmoins, toujours la bienvenue).

En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
En arrivant à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Princess Danae à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Princess Danae à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Première escale sur la côte groenlandaise

Pour sa première escale au Groenland, le Princess Danae s'arrête à Nanortalik, petite ville située au sud-ouest de l'île. La météo est clémente et le ciel, qui s'est dégagé dans la matinée, laisse apparaitre distinctement un très beau panorama. Au loin, on découvre d'incroyables chaînes de montagnes aux sommets aiguisés, alors que le petit fjord donnant accès à Nanortalik accueille, ici et là, quelques glaces. Dans cette partie méridionale du Groenland, l'été est bien présent et les reliefs sont découverts. La végétation n'est, évidemment, pas luxuriante. Il s'agit pour l'essentiel d'herbes et de petites plantes robustes qui, durant l'été, composent avec les éléments pour se développer. Malgré tout, certains lieux se parent à cette saison de nombreuses fleurs. Le Princess Danae est désormais au mouillage et les passagers peuvent progressivement aller à terre au moyen de chaloupes (les tenders). Sur le petit port de Nanortalik, la population accueille les touristes, heureuse de voir des étrangers, ce qui est plutôt rare. Il y a là beaucoup d'enfants, sourire aux lèvres, qui observent ces étonnant visiteurs venus d'une contrée lointaine. De manière générale, les gens sont très chaleureux et accueillants. Malgré la barrière de la langue, les Groenlandais parlant le Kalallisut, les salutations et les sourires sont de rigueur.

Enfants à Nanortalik (© : CANDICE DE MEESTER)
Enfants à Nanortalik (© : CANDICE DE MEESTER)

Rencontre avec les Inuits

Le Groenland ne compte qu'un peu plus de 56.000 habitants, la majeure partie résidant sur la côte ouest, dont environ 12.000 à Nuuk, la capitale. Peuplé durant environ 3000 ans par des populations de l'Arctique, le Groenland est resté inconnu des Européens jusqu'au Xème siècle. C'est à un Viking, le fameux Eric le Rouge, que l'on attribue la découverte du « pays vert », en 982. Malgré la rudesse du climat, les Viking semblent être restés durant quatre siècles sur cette île, les Inuits s'installant apparemment sur place au cours du XIIIème siècle. S'adaptant aux conditions climatiques très dures, ce peuple s'est approprié progressivement son environnement, vivant notamment de la pêche et de la chasse aux phoques et aux baleines. Au XVIIIème siècle, le Danemark revendiqua la souveraineté de ces terres et envoya des missionnaires en 1721, qui débutèrent la conversion des Inuits et développèrent les activités commerciales. Le Groenland demeure une colonie jusqu'en 1953, date à laquelle il devient un département danois. Puis il acquière son autonomie le 1er mai 1979, tout en restant très dépendant de son ancienne métropole. Car, malheureusement, la colonisation a laissé des traces. Abandonnant leur vie traditionnelle, les Inuits ont été regroupés dans des villes et villages, où de nombreuses habitations et immeubles sociaux ont été construits dans les années 60 et 70. Le problème est qu'en « parquant » les populations, au nom à l'époque du progrès en matière de qualité de vie, le Danemark a, plus ou moins volontairement, transposé au Groenland un modèle qui n'avait sans doute rien à y faire. Et les Inuits, qui ne peuvent plus subvenir à leurs besoins, vivotent désormais dans ces villes, où le taux de chômage est important et l'alcoolisme un véritable fléau. Quant au respect de l'environnement, préoccupation majeure du moment dans les riches sociétés occidentales, c'est manifestement le cadet des soucis de la population locale. En l'absence de poubelles, de nombreux détritus terminent par terre et, même dans les sentiers de montagne, on trouve des déchets, laissés là par les habitants. La population étant peu nombreuse, les zones habitées du Groenland ne se sont heureusement pas transformées en décharges à ciel ouvert. Mais pour les visiteurs habitués aux préoccupations environnementales et venant dans un pays perçu à juste titre comme une réserve naturelle, ces déchets laissés à l'abandon, ces égouts se jetant dans les fjords et ces gros 4x4 aux pots d'échappement fumants interpellent...

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik, un joli petit village

Cette réflexion faite, revenons à notre découverte de Nanortalik, petite ville où résident un peu moins de 1500 personnes. Située à une centaine de kilomètres de la pointe sud du Groenland, Nanortalik est l'une des premières zones habitées de l'île. Fondé en 1770, le village originel a été déplacé en 1830 - seules les ruines de Sissarissoq témoignent encore de la première implantation - afin de se développer autour du port, d'où partaient des navires de pêche et des bateaux chargés de peaux de phoques et d'huile de baleine. Avec ses maisons colorées et sa très jolie petite église, surplombant le port dans un environnement fait de rochers et, en été, de verdure colorée d'une multitude de petites fleurs jaunes, Nanortalik est une jolie localité. Une ancienne partie du village a été transformée en musée, chaque maison abritant des collections d'objets anciens et des expositions permettant de mieux comprendre comment s'organisait la vie autrefois. On y découvre, notamment, de vieux kayacs Inuits, des habits traditionnels, une huilerie reconstituée ou encore de vieux matériels, notamment d'antiques postes radios et même des vieux disques de chanteurs locaux témoignant d'une époque plus récente. Le cimetière, avec sa multitude de petites croix blanches au pied desquelles s'épanouissent de nombreuses fleurs multicolores, fait face au fjord et aux montagnes, offrant aux défunts une dernière demeure plutôt mystique. Un peu plus loin, il est possible de gravir une montagne peu élevée, à travers l'épaisse mais courte végétation qui recouvre la roche. Après une petite vingtaine de minutes de grimpette, on peut profiter du panorama en dominant Nanortalik. Mais déjà, l'après-midi touche à sa fin. Alors que le soleil commence à décliner, le Princess Danae émet un coup de corne de brume. C'est le signal, il faut rentrer, pour sortir du fjord en évitant les icebergs avant que la nuit tombe. Il faut dire que le ciel, qui s'est remplit de gros nuages, masque rapidement la lumière en cette fin de journée, créant au passage une fresque aussi inquiétante que splendide.

Le Princess Danae à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Princess Danae à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Princess Danae à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Princess Danae à Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Nanortalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'inoubliable passage dans le Sermilikfjord

Tout le monde remonté à bord, le Princess Danae lève l'ancre et sort de Nanortalik, en évitant un iceberg qui menaçait de bloquer la passe. Naviguant de nouveau en pleine mer, le paquebot longe la côte, croisant là encore des icebergs aussi magnifiques que monumentaux, alors que la lumière continue de décliner. Le coucher du soleil, avant le dîner, offre encore un beau spectacle, le plafond nuageux est juste assez haut pour découvrir les massifs montagneux, cette fois recouverts d'immenses glaciers, que l'on devine grâce aux dernières lumières du jour. Au cours de la nuit, le navire trace sa route dans les eaux de la pointe sud du Groenland, franchissant notamment le cap Farvel.
Le lendemain matin, les passagers se lèvent tôt car l'équipe de NDS Voyages a prévenu : Si la météo le permet, nous devrions découvrir un endroit de toute beauté qu'il ne fait rater sous aucun prétexte, et surtout pas celui d'une grasse matinée. Le Princess Danae se dirige, en effet, vers le Sermilikfjord. Un peu avant 6 heures du matin, les passagers, plus ou moins réveillés, commencent à prendre place sur les ponts extérieurs, emmitouflés dans leurs blousons, agrémentés d'écharpes, bonnets et autres gants. Il fait en effet très froid, la température en ce matin d'août étant à peine supérieure à 0 degré. Et le vent renforce la sensation de fraicheur.

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

A l'ouvert du Sermilikfjord, le spectacle commence. Le navire, qui laisse sur chaque bord de nombreux icebergs, s'approche de l'entrée du fjord. La vue est tout simplement grandiose. Au fond, les montagnes, qui se jettent dans la mer, sont merveilleusement enlacées par les nuages, formant de grandes masses fantomatiques émergeant de la torpeur nocturne. Plus on approche et plus les blocs de glace sont nombreux. Bientôt, il y a en partout. Blanc, bleu, turquoise, noir ou transparents comme du cristal, c'est une véritable palette de couleurs qui se déploie sur la mer.
Du gros iceberg au glaçon de quelques centaines ou dizaines de kilos, toutes les tailles sont représentées. Et tous les aspects aussi, avec d'incroyables formes, finement découpées et se succédant au sein d'une merveilleuse fresque naturelle.

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT WISNIEWSKI)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Sermilikfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dans le même temps, le soleil, qui poursuit son ascension, parvient de plus en plus souvent à percer l'épaisse couche de nuages et finit par baigner le paysage d'une lumière d'abord diffuse, puis finalement éclatante. Alors que le Princess Danae progresse avec la plus grande prudence dans le Sermilikfjord, le ciel se découvre. Bientôt, l'armada des icebergs, enserrée par les montagnes où s'agrippent toujours des nuages bas, est surplombée d'un magnifique ciel bleu. Considéré comme l'un des fjords les plus spectaculaires de l'hémisphère nord, le Sermilik tient ses promesses. Quelques kilomètres plus au nord, l'inlandsis groenlandais, via le glacier Helheim, charrie d'énormes blocs de glace. C'est là, dans un lieu quasiment inaccessible et dans un vacarme assourdissant, que les futurs icebergs se décrochent de la calotte et se précipitent dans l'océan.
Après avoir pénétré dans le fjord, le Princess Danae fait lentement demi-tour, une manoeuvre délicate au milieu d'une multitude de glaçons. Puis il ressort de Sermilik sous un soleil éclatant. Les passagers sont aux anges : « C'est merveilleux, vraiment exceptionnel. Rien que pour cela, ça valait le coup de faire la croisière », affirme un couple qui, malgré le froid, a passé plusieurs heures sur le pont, profitant du café servi par l'équipage pour se réchauffer.

Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La majestueuse île d'Ammassalik

Après le Sermilikfjord, le navire met le cap sur l'île d'Amassalik, située un peu plus au nord. Ce territoire est, notamment, réputé pour ses randonnées pédestres. Les paysages ne sont d'ailleurs pas sans rappeler les Alpes, avec des montagnes aux pics élancés, des cirques glaciaires, des lacs et autres cascades. L'arrivée à Tasiilaq, l'une des communes situées sur Ammassalik, donne encore l'occasion de profiter d'un superbe spectacle, entre icebergs et montagnes autour desquels jouent les nuages. En entrant dans le passage qui mène à la petite ville, plusieurs baleines apparaissent, comme pour souhaiter la bienvenue au navire. Alors que le Princess Danae mouille au milieu de ce qui semble être un grand lac, entouré par de hauts reliefs et agrémenté de quelques blocs de glace échoués ou flottants, les passagers profitent de ce cadre unique pour se restaurer sur le pont arrière, qui donne sur le buffet. Puis, une fois le repas pris, on se dirige progressivement vers les tenders pour gagner Tasiilaq.

Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
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Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Ammassalik (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Arrivée à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Comme à Nanortalik, les habitants sont au rendez-vous, dans le port, pour célébrer l'évènement que constitue l'escale du paquebot. La communauté s'est même mise en quatre. Ainsi, des spectacles folkloriques sont proposés aux touristes. On notera d'ailleurs qu'au Groenland, un nombre grandissant d'artistes interprète des danses traditionnelles, comme celle du masque et du tambour, représentant un duel pour l'honneur et la dignité entre deux chasseurs. L'art pictural Inuit, tout comme le théâtre, témoigne quant à lui des mythes et légendes de ce territoire du bout du monde, où la mer, déesse régnant sur toutes les créatures marines, a un rôle central. En dehors des spectacles, les habitants proposent aussi d'aller nourrir les chiens loups, dont on se sert l'hiver pour tirer les traineaux. Les superbes bêtes, semi-sauvages, sont abritées dans des chenils ou attendent dans la plaine, hurlant au passage des visiteurs, vers lesquels se dirigent les chiots, laissés en liberté et qui, poussés par la curiosité, viennent observer de plus près les nouvelles têtes. Même si manifestement ils n'y sont pas trop habitués, les jeunes chiens, qui ne manifestent aucune agressivité, apprécient les caresses.

Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'église de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
L'église de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Tasiilaq, qui appartient à la municipalité de Sermersooq, se trouve à 65.4 degrés de latitude nord. La petite ville, qui compte près de 2000 habitants, abrite la station météorologique Sermilik. Un petit office de tourisme permet de se renseigner sur la région et d'acheter des souvenirs, comme des fourrures et peaux, notamment de phoques (ces ventes sont autorisées par l'Union européenne, la chasse étant règlementée) ; ainsi que des Tupilaks, figures grotesques et effrayantes sculptées par exemple dans de la corne de narval ou de l'andouiller (ramifications) de caribou, utilisées à l'origine pour jeter des sorts. On trouve aussi, bien évidemment, des statuettes mettant en scène les célèbres ours blancs, qui vivent dans des zones reculées et que nous n'aurons malheureusement pas la chance de croiser (ce qui arrive sur certaines croisières, l'observation des ours faisant l'objet de strictes mesures de sécurité, ces animaux pouvant être mortels pour l'homme). Non loin de l'OT, on peut entrer dans une belle église, dont certains objets sont sculptés en os de baleines. Et, dans le prolongement de l'église, un promontoire rocheux offre un magnifique panorama sur la ville, le fjord, au milieu duquel se trouve le Princess Danae, et les montagnes environnantes.

Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Chiens loups (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Chiens loups (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Chiens loups (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Chiens loups (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Chien loup (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Chien loup (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Chien loup (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Chien loup (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Chien loup (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Chien loup (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Chien loup (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Chien loup (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Petite randonnée en montagne

Comme nous l'évoquions précédemment, l'île d'Ammassalik est réputée pour ses randonnées pédestres. Depuis Tasiilaq, on peut ainsi s'aventurer dans les montagnes pour une petite promenade, soit via un chemin très praticable, soit en coupant directement sur les pentes rocheuses, recouvertes d'une étonnante végétation. Entre deux ruisseaux, des parterres de fleurs colorent le paysage, alors que l'ascension est ponctuée, à différents niveaux, d'une succession de lacs situés toujours plus haut. Ainsi, durant quelques heures, vous pouvez vous dégourdir les jambes, jouir de l'air pur et du silence de la montagne, tout en appréciant, loin de la civilisation, les beautés offertes par cette nature tourmentée.

Traineau attendant le retour de la neige (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Traineau attendant le retour de la neige (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Les montagnes de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Princess Danae à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Princess Danae à Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Retour au navire (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Retour au navire (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Composer avec la nature et une météo très changeante

Avec cette randonnée s'achève une nouvelle escale pleine d'émotions, de découvertes et de bien-être, ces paysages ayant une incroyable vertu apaisante. A la passerelle du Princess Danae, le commandant du navire, Joao Simoes, est ravi d'avoir pu accéder au Sermilikfjord et à Tasiilaq. « Nous avons vraiment de la chance. Je suis déjà passé quatre ou cinq fois à Ammassalik mais jamais nous n'avions pu entrer. Cette année, les conditions sont exceptionnelles », explique l'officier portugais. Fin connaisseur des eaux polaires, Joao Simoes, qui commande le Princess Danae depuis 1997, sait qu'une croisière dans une région comme celle-ci, ce n'est pas une traversée comme les autres. « Nous ne sommes pas en Méditerranée ou en Baltique, où nous pouvons accéder à tous les ports et où les escales sont systématiquement assurées. Là, nous devons composer avec la nature et des conditions très changeantes. Naviguer avec la glace, c'est délicat. Il faut s'y connaitre et faire très attention », note le capitaine qui, pour la plus grande chance des passagers, adore ce genre de contrées et, contrairement à d'autres commandants de navires croisant dans la région, n'hésite pas à prendre des risques, calculés bien-sûr et fruits d'une longue expérience, pour en donner le maximum à ses passagers.

Le commandant Simoes (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le commandant Simoes (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Naviguant dans ces eaux depuis une dizaine d'années, il n'hésite ainsi pas, comme à Sermilik, à entrer dans un fjord encombré de nombreux glaçons. « La plupart des commandants viendraient à l'entrée du fjord, regarderaient la glace et partiraient », s'amuse le commandant. « Moi j'aime ça, car c'est un challenge et, en prenant toutes les précautions nécessaires, on offre aux passagers des découvertes uniques et inoubliables. Bien entendu, on analyse au préalable la situation, l'évolution prévisible de la météo, la taille de la glace. A force de venir, j'ai notamment de bonnes relations avec les stations météo situées sur la côte, ce qui permet d'avoir de bonnes informations. Parfois, on ne peut pas s'aventurer dans certains lieux où nous devons aller. Dans ce cas, on explique aux passagers que c'est trop risqué et on leur montre pourquoi. Généralement, ils comprennent bien que c'est trop dangereux, même si certains sont déçus ». Une croisière dans une région comme le Groenland repose donc, en bonne partie, sur le facteur chance. La chance de ne pas rencontrer trop de glace, la chance d'avoir un commandant qui ose s'aventurer là où ses collègues, par manque d'habitude, ne se risqueraient pas ; la chance de bénéficier d'une météo clémente... Cela fait beaucoup de conditions mais, lorsque celles-ci sont réunies, la croisière, ou plutôt l'expédition, puisque c'est quelque part de ça dont il s'agit, devient exceptionnelle.

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Eviter de se faire piéger par les glaces

Pour les passagers, il est d'ailleurs nécessaire de garder à l'esprit que ce type de traversée n'a rien d'une croisière traditionnelle au planning bien huilé. Il y a souvent de l'incertitude, des surprises, et même parfois quelques montées d'adrénaline. Comme tout bon « vieux loup de mer » qui se respecte, le commandant Simoes en a parfaitement conscience et reste attentif au moindre signe pouvant se traduire par un changement brutal de situation. C'est, ainsi, que l'exceptionnelle journée passée au Sermilikfjord et à Tasiilaq s'est terminée dans des conditions très difficiles. Après avoir passé l'après-midi sous un soleil éclatant et être revenus de notre balade vers les montagnes, nous entendons la corne de brume du Princess Danae. Un coup d'oeil dans le fjord montre que le bateau a changé de mouillage pour se rapprocher de la sortie. En descendant vers le port, nous sommes interpellés par des membres de l'équipe de NDS Voyages qui, comme à chaque escale, descendent à terre pour encadrer si besoin les passagers, répondre aux questions et s'assurer que tout le monde sera à l'heure pour le rembarquement. On nous indique qu'il faut regagner au plus vite le tender. A la passerelle, le commandant a, en effet, la certitude que la météo va rapidement se dégrader. De plus, de nombreux icebergs sont signalés à la sortie du fjord. Joao Simoes, qui ne veut pas être pris dans cette souricière, bat le rappel. Les derniers passagers arrivent au tender en petite foulée. Sur les visages des marins, on devine un certain stress. Après s'être assurés que tout le monde était à bord, les matelots larguent les amarres. A peine un dernier salut amical adressé aux habitants présents sur le quai et l'embarcation file déjà vers le paquebot à vive allure. Les passagers sont rapidement transbordés sur le navire, alors que le tender est tout aussi vite remonté sur son bossoir. Immédiatement, le Princess Danae remonte sa chaine et se dirige vers la sortie du fjord. Il était temps. Car, alors, on remarque que le ciel, jusqu'ici d'un bleu magnifique, commence à se couvrir. Mais il y a bien pire. Au loin, la brume se forme, une vraie purée de pois. La visibilité devient nettement moins bonne au moment où le paquebot s'engage dans le chenal, un passage déjà délicat de nature, mais rendu encore plus difficile par cette météo capricieuse et les icebergs qui se sont accumulés durant la journée. Alors que la lumière faiblit en cette fin de journée et que la brume devient plus épaisse, les passagers sortent sur les ponts extérieurs pour se rendre compte de la situation. Ceux qui voulaient voir des glaces de près sont servis.

Le départ de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le départ de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le départ de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le départ de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le départ de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le départ de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le départ de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le départ de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le départ de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le départ de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dans la brume, au milieu des icebergs

A très petite vitesse, soit moins de 4 noeuds, le Princess Danae slalome littéralement entre les glaçons, certains effleurant la coque. Le spectacle est impressionnant, et aussi inévitablement un peu stressant. Car, habitués à vivre dans un univers sécurisé, les passagers se rendent brutalement compte de la réalité : Ils se trouvent dans une zone reculée, belle mais parfaitement inhospitalière, sur un navire environné d'icebergs. Et la journée touche à sa fin. Or, il n'est pas besoin d'être un spécialiste de la navigation pour se rendre compte que la luminosité baisse et que la brume empêche de voir loin, ce qui va poser un vrai problème si le bateau ne parvient pas à sortir de cette nasse avant la nuit. A la passerelle, la tension est perceptible. Atour du commandant, 10 officiers et marins sont sur le pied de guerre, avec deux veilleurs sur chaque aileron et trois autres postés tout à l'avant, munis de talkie-walkie et signalant chaque nouveau bloc de glace surgissant du brouillard. Car, si les glaces sont partiellement révélées par les trois radars, il n'est pas possible de connaître leur taille exacte, d'autant que certaines sont très basses sur l'eau et que la partie immergée est la plus dangereuse. De plus, quand les icebergs sont trop nombreux, le radar ne forme plus qu'une grande tache, où il est impossible de distinguer petits et gros glaçons. La veille visuelle est donc indispensable. Alors que des passagers regardent le spectacle avec anxiété, certains plaisantant pour soulager le stress, la plupart, restés à l'intérieur pour se préparer en vue de la soirée, n'ont pas la moindre idée de ce qui se trame dehors. Dans les coursives, les cabiniers s'activent pour préparer les chambres en vue de la nuit. Ils ont bien vu les icebergs dehors, savent que la manoeuvre est délicate mais n'éprouvent pas de crainte. « Ca va aller, nous avons un très bon commandant, nous avons déjà franchi des passages difficiles et j'ai parfaitement confiance en lui », confie une cabinière, qui travaille depuis plusieurs années sur le Princess Danae. La prédiction se révèlera exacte puisque le navire finit par quitter la zone sensible. « Dans le Sermilikfjord, il y avait beaucoup de glace mais la visibilité était excellente, on voyait les icebergs et le chemin pour les éviter. En revanche, la sortie de Tasiilaq a été délicate. Voyant que le soleil allait partir, j'ai fait revenir tout le monde sur le bateau pour appareiller le plus vite possible. Nous sommes partis juste à temps pour ne pas être bloqués. Mais la sortie a été très difficile, on ne voyait rien et il nous a fallu trois heures pour sortir », confiera le lendemain le commandant Simoes. De retour en pleine mer, la brume se lève, comme pour jouer avec les nerfs des marins. Au moment où le jour s'achève dans très belle lumière bleutée, la visibilité, redevenue bonne, permet de découvrir, affleurant du brouillard résolument installé au pied du littoral, de gros icebergs camouflés dans la pénombre. Voilà ce que le commandant Simoes voulait à tout prix éviter.

Au large de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Au large de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Au large de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Au large de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Au large de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Au large de Tasiilaq (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

C'est sur cette soirée aventureuse que s'achève notre passage au Groenland. Filant désormais vers l'ouest, le paquebot met maintenant le cap vers l'Islande, qui constituera la dernière partie de notre reportage (à découvrir la semaine prochaine). En attendant, les paysages magiques du Groenland auront laissé aux passagers du Princess Danae des souvenirs inoubliables. On notera qu'en dehors des sites évoqués, le pays compte de nombreux autres lieux remarquables et également accessibles par voie maritime, comme la baie de Disko ou le passage du Prince Christian (Kristiansund), dans lequel le Princess Danae doit naviguer à l'été 2012.

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

NDS Voyages