Défense
Reportage : Une chasse au sous-marin sur la frégate Latouche-Tréville 2/2

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Reportage : Une chasse au sous-marin sur la frégate Latouche-Tréville 2/2

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(SUITE DE LA PREMIERE PARTIE) En milieu de matinée, le sous-marin est donc retrouvé. Alors qu'à une dizaine de nautiques, on aperçoit l'hélicoptère prendre ses stations sonar. A la passerelle supérieure de la frégate, les veilleurs sont aux aguets. Jumelles en main, le quartier maître Wolf observe attentivement la surface de l'eau : « On cherche à avoir un contact visuel. A quelques nautiques, ont peut en effet repérer un périscope. Cela dépend de la météo, la visibilité étant moins bonne si la mer est agitée ». Aussi surprenant que cela puisse paraître pour un néophyte, un sous-marin, même nucléaire, vient régulièrement à l'immersion périscopique en phase finale d'attaque. Ses moyens de détection, uniquement passifs, ne lui donnent qu'une estimation de la distance du but. Certaines armes, comme les missiles à changement de milieu, peuvent par ailleurs nécessiter un recalage avant d'être tirés. A la charge donc des veilleurs en passerelle de l'hélicoptère ou de l'avion de patrouille maritime, de repérer le périscope, y compris la nuit, grâce à des jumelles de vision nocturne . « C'est loin d'être évident car les périscopes d'attaque sont généralement très fins, donc difficilement visibles. Quand la mer est formée, ils se fondent dans les vagues et l'écume ».
S'il remonte en surface, le sous-marin pourra aussi être détecté s'il utilise son radar pour localiser les contacts en surface. Dans ce cas, les moyens de guerre électronique de la frégate pourront le repérer. De même, grâce à leurs intercepteurs radio, les bâtiments de surface chercheront également à le surprendre lorsqu'il reviendra à l'immersion périscopique pour récupérer ou transmettre de messages.

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Mât optronique d'un sous-marin (© : DCNS)
Mât optronique d'un sous-marin (© : DCNS)

Gagner n'est pas forcément couler

Détecté, classifié et harcelé par la frégate, l'aviso, le Lynx et les Atlantique 2, le SNA échouera finalement dans sa mission. « Depuis trois heures, le sous-marin est détecté et pisté. Nous avons recueilli sa signature acoustique. Nous savons que c'est un sous-marin français. C'est important car, en même temps que l'exercice, on participe à la protection des approches maritimes du pays. Cela aurait, en effet, pu être un autre sous-marin », explique un officier. Après être parvenu à accrocher leur proie, les moyens navals et aériens vont concentrer leurs efforts pour éviter de le perdre ce qui, comme nous l'avons vu, peut arriver très vite. « Il a essayé de s'échapper mais nous l'avons tenu, grâce à des éléments assez précis. On a mis l'hélico sur le contact et l'Atlantique 2 est arrivé sur place. Il a essayé de se dérober mais quand une frégate, un hélicoptère et un avion sont sur lui, c'est très difficile, même s'il est nucléaire ».
Malgré une tentative de passage à grande vitesse du détroit fictif, le SNA sera donc débusqué et coulé par deux torpilles lancées virtuellement par le Lynx. Avant d'en arriver là, il faut néanmoins s'assurer qu'il ne s'agit pas d'un sous-marin français ou allié. Pour cela, les bâtiments ASM font, tout d'abord, le point sur les moyens « amis » déployés dans la région. La classification du navire, grâce à l'écoute passive, est également un élément d'information. Enfin, des procédures très précises existent, tant au plan national qu'à l'échelle de l'OTAN, pour distinguer les sous-marins amis. Ainsi, un système de codes, via des émissions sonar, un comportement précis dans les manoeuvres ou même le largage de fumigènes permettent aux unités alliées de se reconnaître. On notera que dans la lutte anti-sous-marine, la victoire des moyens ASM ne consiste pas forcément à détruire le sous-marin ennemi. « L'objectif est avant tout de l'empêcher de mener à bien sa mission. Si, par exemple, il renonce à franchir un détroit ou à s'approcher d'un porte-avions parce que nos moyens auront été suffisamment dissuasifs, c'est gagné », souligne le commandant Miossec.

Le Lynx du Latouche-Tréville (© : MER ET MARINE )
Le Lynx du Latouche-Tréville (© : MER ET MARINE )

A cache-cache sous les cargos et entre les épaves

Après avoir fait surface, le SNA engagé dans l'exercice Epaulard naviguera quelques heures aux côtés des navires de surface avant de plonger pour la seconde phase de l'exercice. Une fois de plus, le Latouche-Tréville et le Lieutenant de Vaisseau Le Hénaff doivent protéger une zone déterminée contre l'intrusion du sous-marin. La deuxième manche peut débuter. Echaudé par les moyens mis en oeuvre devant le détroit fictif pour le découvrir, le SNA a, pour la première partie de l'exercice, attendu le dernier moment pour tenter de passer entre les mailles du filet. Peine perdue. Cette fois, il va tenter une autre tactique. Comme on pourrait l'imaginer dans un détroit, le sous-marin va profiter de la présence d'un important trafic commercial pour tenter de déjouer les moyens mis en oeuvre contre lui. Détecté après une longue traque opérée par les navires, hélicoptères et avions, le sous-marin va se réfugier sous un cargo. « Il tire partie de l'environnement. Là, nous sommes dans une zone où il y a cinq navires marchands. Il a visiblement choisi de se placer sous un cargo de 130 mètres qui fait route vers Le Havre », constate le lieutenant de vaisseau Guillaume Roblot, officier de quart opération. Et le sous-marin peut aussi jouer avec le fond, à même de perturber les sonars. Une bonne connaissance de la topographie sous-marine est déterminante pour les chasseurs. L'intérêt militaire du travail de cartographie réalisé par les cinq navires du Service Hydrographique et Océanographique de la Marine (SHOM) prend là tout son sens. « Au fond, on peut détecter des cailloux qui ont une inclinaison particulière. Il y a également de nombreuses épaves. D'où la nécessité de cartographier les fonds au préalable », souligne le lieutenant de vaisseau Macquet.
Les capacités des sonars sont, également, directement conditionnées par la topographie. La frégate doit, ainsi, émettre vers des fonds descendants car, vers des fonds montants, la portée est réduite. Le bâtiment adoptera donc un positionnement particulier aux abords du plateau continental, où des sous-marins peuvent se tenir en embuscade. Il peut aussi se cacher, ou trouver refuge, à côté d'épaves. Or, même au large du littoral français, toutes les vieilles coques ayant jadis sombré ne sont pas toutes identifiées. Ainsi, il y a un an, lors des recherches de l'épave du chalutier Rose des Vents, au large du Croisic, les chasseurs de mines de la marine sont tombés sur une épave inconnue, longue d'une quarantaine de mètres. Certaines épaves, enfouies, finissent par se découvrir. D'autres se déplacent avec les courants. « On ne les connaît pas toutes et c'est un gros problème quand un sous-marin qu'on a détecté se réfugie dans une zone où il y a des épaves. Il se sait pris et se cache au milieu d'elles, sans bouger et cela peut durer plusieurs jours », explique le lieutenant de vaisseau Servotte-Amouroux. Si un sous-marin classique est, in fine, obligé de remonter à la surface pour recharger ses batteries, ce ne sera pas le cas d'un nucléaire. Les performances des sous-marins classiques évoluent par ailleurs, certains voyant leur autonomie considérablement augmentée par des systèmes de propulsion anaérobies. « C'est la guerre des nerfs. Le doute s'installe. Le sous-marin est-il encore là ? Est-il parvenu à s'échapper et ce que nous voyons, c'est en fait une épave non cartographiée ? »

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )
(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )

« Une partie d'échec entre deux cerveaux »

En cet après-midi d'hiver, le sous-marin n'avait pas de champ d'épave pour se dissimuler mais un cargo, ses 133 mètres de long (soit une longueur deux fois plus importante) et son moteur bien bruyant pour échapper à ses poursuivants. Durant une bonne heure, la frégate et l'avion de patrouille maritime vont tenter de le retrouver. L'ATL2 va, notamment, largueur devant le cargo des bouées acoustiques. Mais le navire de commerce finit par sortir de la zone d'exercice sans que le SNA ne refasse parler de lui. Etait-il encore en dessous ? Probablement, même s'il a également pu saisir sa chance pour tromper la surveillance et prendre une autre route. L'exercice Epaulard démontre à quel point la lutte ASM est une science délicate, qui mêle des moyens importants, des matériels performants, et un avoir faire très pointu des équipages. « Etre performant dans ce domaine nécessite des investissements lourds, tant matériels qu'humains car il faut des frégates, des hélicoptères, des avions de patrouille maritime et beaucoup d'entraînement. Mais c'est aussi, et surtout, une grande partie d'échec entre deux cerveaux », souligne le commandant Miossec.
Spécialiste de la lutte anti-sous-marine depuis de nombreuses années, le pacha du Latouche-Tréville, Vincent Liot de Nortbécourt, évoque un grand jeu de stratégie. « On réfléchit beaucoup et l'on passe des heures à calculer très précisément la portée de nos sonars. Il faut faire de nombreuses hypothèses sur le positionnement du sous-marin et sa stratégie ». Comme aux échecs, l'OLASM va positionner ses pions, en l'occurrence ses navires, ses hélicoptères, ses avions, les barrages de bouées. Tout cela peut prendre, comme nous l'avons vu, beaucoup de temps. « Qu'il s'agisse de protéger un SNLE, de sécuriser une zone, de barrer un détroit ou de protéger une force navale ou un convoi, ce n'est pas de l'improvisation. Il faut disposer ses escorteurs, dresser des barrages de bouées au bon endroit et au bon moment, connaître au mieux l'environnement. La lutte ASM paraît un peu lente au premier abord car il faut se positionner. Mais quand il y a un signal, tout va très vite. Il faut être très vigilant et bien coordonner les moyens en permanence ». Pour Vincent Liot de Nortbécourt, « la guerre anti-sous-marine est un métier d'expérience, de patience et de ténacité. Au bout de plusieurs jours, il faut continuer de réfléchir, inlassablement. Cela tient aussi à de petits détails, à de bons réglages. Comme disait Foch, c'est avec des résidus qu'on gagne des batailles »

(© : FASM LATOUCHE-TREVILLE / CELLULE MEDIA)
(© : FASM LATOUCHE-TREVILLE / CELLULE MEDIA)

(© : FASM LATOUCHE-TREVILLE / CELLULE MEDIA)
(© : FASM LATOUCHE-TREVILLE / CELLULE MEDIA)

Lutte ASM en milieu hostile

Dans son combat, si les yeux et les oreilles de la frégate sont concentrés sur le sous-marin, elle doit aussi garder un oeil sur d'éventuelles menaces arrivant au dessus de la surface des flots. La lutte ASM près des côtes place, en effet, le bâtiment face à un risque d'attaque aérienne, qu'il s'agisse d'avions de combat ou de missiles antinavire. C'est pourquoi, à chaque exercice, le Latouche-Tréville s'entraine à répliquer aux autres menaces que celles de son coeur de métier. Dans l'après-midi, la frégate a rendez-vous avec une cible remorquée par un avion. Longue de 3 mètres et affichant un diamètre de 24 centimètres, cette cible va passer à 1 kilomètre du navire, simulant une attaque de missile. A la passerelle supérieure, la tension est palpable. Le temps est beau mais les nuages sont bas. Particulièrement performant, le radar de veille DRBV-15, d'une portée d'environ 150 kilomètres, est capable de repérer un missile antinavire à plus de 10 nautiques. Mais, avec une vitesse de près de 1000 kilomètres par heure, cela ne laisse que quelques secondes pour régir. L'officier de quart informe les veilleurs qu'un écho est repéré et se rapproche à vive allure. Jumelles en main, les marins postés au dessus de la timonerie scrutent le ciel. On a tendance à regarder bas, vers l'horizon, mais les nuages et la brume sont trompeurs. Masqués, l'avion et sa cible vont finalement surgir assez haut et très près du bateau. La conduite de tir multisenseurs (dotée d'une caméra optique et infrarouge) acquiert l'objectif. Sur ordre du commandant, le chef du secteur défense à vue, le maître principal Patrick Le Clech, déclenche le tir.

Le radar DRBV-15(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )
Le radar DRBV-15(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )

La mâture du Latouche-Tréville (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )
La mâture du Latouche-Tréville (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )

D'importants moyens de défense aérienne

De puissantes détonations se succèdent, faisant vibrer la plage avant de la frégate et ses superstructures. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, la tourelle de 100 mm a craché six obus vers la cible. « La cadence de tir est très rapide, avec 78 coups par minutes. L'objectif est de dresser un rideau de ferraille devant le missile. L'artillerie reste très efficace mais nous disposons également de missiles antimissiles », précise le MP Le Clech. A l'arrière, le Latouche-Tréville embarque un système surface-air à courte portée Crotale, doté de 8 missiles en batterie et 18 autres en soute. Ces missiles antiaériens ont une portée de 13 kilomètres, soit le double du canon de 100 mm. Les deux moyens peuvent opérer simultanément ou ensemble. « Après avoir tiré un Crotale, nous dresserons, par sécurité, une rideau avec le 100mm. Par ailleurs, en cas d'attaques simultanées, la conduite de tir, qui donne le gisement, la distance et le site au Crotale, pourra ensuite acquérir une seconde cible et la désigner au 100 mm », précise le MP Le Clech. Le Latouche-Tréville a, de plus, été doté de deux systèmes à très courte Simbad. Dotés de 2 missiles Mistral, ces équipements peuvent intercepter un missile assaillant jusqu'à 6 kilomètres. Si aucune de ces armes ne fait mouche, il reste enfin les moyens de guerre électronique, comme les brouilleurs, chargés de perturber l'autodirecteur des missiles, et les lance-leurres. « La séquence de leurrage se fait avec les lance-leurres Dagaie qui disposent de paillettes électromagnétiques et de paillettes incandescentes Le Dagaie va créer un gros nuage de paillettes dont le but est de séduire l'autodirecteur du missile. Le nuage va reprendre la surface équivalente radar du bateau et va se déplacer avec le vent alors que le navire va changer de cap », explique l'enseigne de vaisseau Pierre-Marie Lore.

Tir du canon de 100 mm (© : MARINE NATIONALE)
Tir du canon de 100 mm (© : MARINE NATIONALE)

Le système Crotale (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )
Le système Crotale (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )

Le système Crotale (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )
Le système Crotale (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )

Le système Simbad (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )
Le système Simbad (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )

Simbad et brouilleur ARBB-36 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )
Simbad et brouilleur ARBB-36 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )

Lance-leurres Dagaie (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )
Lance-leurres Dagaie (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )

La frégate, partie intégrante de la dissuasion

A Brest, la mission principale des FASM est de protéger les SNLE sortant ou entrant de l'Ile Longue. Les bâtiments de la Force Océanique Stratégique sont, en effet, vulnérables tant qu'ils n'ont pas atteint la haute mer et dépassé le plateau continental pour se tapir dans les profondeurs. Pour cela, les frégates vont s'assurer qu'aucun sous-marin étranger n'est embusqué au large de Brest. Mais leur seule présence n'est pas suffisante. « Pour assurer la sécurité et l'entraînement des SNLE au départ et au retour de mission, un ensemble de moyens comprenant les frégates, les hélicoptères, les avions de patrouille maritime, les avisos et les chasseurs de mines est indispensable », explique le commandant du Latouche-Tréville. Aux moyens de surface et aériens, il convient également d'ajouter les sous-marins nucléaires d'attaque, dont l'une des vocations principales est de protéger les SNLE. « Le système de dissuasion, c'est l'ensemble des moyens qui concourent à sa mise en oeuvre. Nous ne sommes d'ailleurs pas en temps de paix mais en temps de dissuasion. Quand un SNLE part, c'est une vraie opération, pas un exercice. On n'a pas le droit à l'erreur et, avec des SNLE, on ne peut pas se permettre d'avoir une composante anti-sous-marine de second rang ». Quand le CC Miossec évoquait la panoplie des moyens nécessairesà la lutte ASM, une revue des moyens nécessaires à la protection de la FOST permet de s'en convaincre. Rien que pour les moyens de surface, les SNLE mobilisent à Brest cinq frégates (hors Georges Leygues), cinq avisos et une dizaine de bâtiments anti-mines. Mais cette flotte est vieillissante, les avisos étant entrés en service entre 1980 et 1986 et les frégates entre 1975 et 1990. Ces bâtiments doivent, par conséquent, être remplacés par les nouvelles frégates multi-missions (FREMM), dont la tête de série, l'Aquitaine, doit être livrée par DCNS en 2011. Côtés moyens aériens, les hélicoptères Lynx de Lanvéoc Poulmic, embarqués sur les frégates et dont les cellules seront bientôt trentenaires, vont être remplacés par des NH90. Ces derniers disposeront, notamment, d'un sonar FLASH, bien plus performant que les matériels actuellement mis en oeuvre par les Lynx. Enfin, les avions de patrouille maritime, dont le rôle est, nous l'avons vu, déterminant, sont au nombre de 27 dans la marine. La moitié seulement est opérationnelle à partir de Lorient Lann Bihoué et Nîmes-Garons. Des réflexions sont en cours pour moderniser cet appareil, mis en service dans les années 90.

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )
(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )

Sur tous les théâtres d'opérations

Si la protection de la FOST est la mission principale du Latouche-Tréville et de ses petites soeurs brestoises, les frégates sont également amenées à remplir d'autres missions. Elles disposent, par exemple, d'importantes capacités antinavires grâce à leurs missiles Exocet. Le Latouche-Tréville embarque à ce titre 8 MM40 d'une portée de plus de 70 kilomètres. Les FASM assurent aussi la protection des porte-avions et unités précieuses comme les bâtiments de projection et de commandement. Trois FASM et quatre avisos participent à cette mission depuis Toulon mais il arrive régulièrement que leurs homologues finistériens soient déployés loin de la Bretagne. Ainsi, en 1991, le Latouche-Tréville, alors flambant neuf, avait participé à l'opération Artimon durant la guerre du Golfe. « Le bâtiment était dans le canal de Suez le jour du déclenchement de l'opération Tempête du Désert », se rappelle Vincent Liot de Nortbécourt, alors jeune officier arrivé peu après sur la frégate. Déployée en océan Indien en 1995 puis en Amérique latine en 2001, le Latouche a ensuite escorté le Charles de Gaulle dont les avions ont participé au renversement des talibans, en Afghanistan, en 2001 (opération Héraclès). Trois ans plus tard, la frégate escortait de nouveau le porte-avions au nord de l'océan Indien (mission Agapanthe).
« Les frégates sont des bateaux extrêmement polyvalents et très souples. Ils participent aux missions de crise mais on les voit aussi intervenir dans des opérations d'évacuation, par exemple au Liban, à l'été 2006, où c'est une frégate qui a été la première à évacuer des ressortissants. C'est encore elles, au travers des avisos, qu'on a envoyé, cet hiver, au large de la Somalie, escorter les convois du programme alimentaire mondial ». Et les attributions des frégates ne s'arrêtent pas là. Lutte antiaérienne, lutte antinavire, lutte ASM, ce type de bâtiment doit également pouvoir délivrer un appui feu contre terre, aujourd'hui avec son canon de 100 mm, demain avec le missile de croisière Scalp Naval embarqué sur les FREMM. « Il ne faut pas, non plus, oublier l'action de l'Etat en mer avec la lutte contre le narcotrafic, le sauvetage de chalutiers ou d'autres bateaux, l'enquête de pavillon sur les cargo, la lutte contre la pollution... Le domaine d'action est très vaste et nous maintenons tout ce savoir-faire de façon à pouvoir le mettre en oeuvre sans préavis. Chacun à bord en a conscience. Aujourd'hui nous nous entraînons au large de Brest. Demain, en cas de besoin, nous pouvons mettre le cap pour une mission de six mois vers l'océan Indien ou l'Asie ».
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- Voir l'interview du commandant Liot de Norbécourt

- Voir la vidéo "24 Heures sur FASM"


Exocet MM40 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Exocet MM40 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Exocet MM40 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )
Exocet MM40 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU )

Hélicoptère Lynx (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Hélicoptère Lynx (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Hélicoptère Lynx (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Hélicoptère Lynx (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : FASM LATOUCHE-TREVILLE / CELLULE MEDIA )
(© : FASM LATOUCHE-TREVILLE / CELLULE MEDIA )

(© : MARINE NATIONALE)
(© : MARINE NATIONALE)

Le Latouche-Tréville (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le Latouche-Tréville (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

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