Construction Navale
Reprise des chantiers nazairiens : La surprenante déclaration de Bruno Lemaire

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Reprise des chantiers nazairiens : La surprenante déclaration de Bruno Lemaire

Construction Navale

Alors qu’Emmanuel Macron s’est lancé dans la campagne des Européennes avec notamment une « opération séduction » en Italie, où l’image de la France et des Français s’est sérieusement dégradée ces dernières années, Bruno Lemaire s’est exprimé le 1er mars sur le rachat des Chantiers de l’Atlantique par Fincantieri. Un sujet explosif de l’autre côté des Alpes, qui a provoqué depuis 2017 de vives tensions entre les deux pays.

Le ministre de l’Economie était vendredi dernier à Versailles, où il participait avec son homologue Giovanni Tria à un forum économique des organisations patronales française et italienne. Après une période politiquement très difficile entre Paris et Rome, l’heure était aux échanges cordiaux et à la démonstration que, malgré les crises, les affaires continuent entre les deux pays, vieux alliés et partenaires commerciaux. C’est dans ce contexte que Bruno Lemaire a fait une déclaration pour le moins surprenantes au sujet du projet de reprise par le groupe public italien des chantiers de Saint-Nazaire (ex-STX France). « STX-Fincantieri se fera, parce que nous le voulons, parce que c'est notre ambition et parce que c'est notre intérêt face à la naissance de géants des chantiers navals, notamment en Asie », a affirmé le ministre, dont les propos ont été rapportés par l’agence Reuters. Au-delà du fait que la référence à la concurrence asiatique ne manque pas de piquant au moment où Fincantieri aide précisément les Chinois à construire leurs premiers paquebots, ce qui surprend surtout, c’est l’assurance du locataire de Bercy quant à la conclusion de cette affaire.

Car celle-ci ne dépend pas des instances nationales mais de la Commission européenne, qui a annoncé sa décision d’examiner ce dossier le 8 janvier dernier suite à un renvoi formulé par la France et auquel s’est jointe l’Allemagne. « Sur la base des éléments fournis par la France et l'Allemagne, et sans préjudice de l'issue de son enquête exhaustive, la Commission considère que l'opération pourrait nuire de manière significative à la concurrence en matière de construction navale, en particulier sur le marché mondial des bateaux de croisière », avait alors expliqué la Commission européenne.

La décision de celle-ci s’imposera aux Etats concernés. Dire de manière aussi définitive, comme l’a fait Bruno Lemaire, que la reprise de Saint-Nazaire par Fincantieri se fera tient donc avant tout de l’affichage politique, probablement justifié par une volonté d’apaisement avec les Italiens.

 

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