Marine Marchande
Retard du paquet portuaire : les pilotes veulent poursuivre le dialogue

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Retard du paquet portuaire : les pilotes veulent poursuivre le dialogue

Marine Marchande

Le projet de règlement européen des services portuaires, troisième du nom, ne devrait finalement pas voir le jour tout de suite. Initialement annoncé pour mars 2014, le « paquet », qui devait, entre autre, libéraliser une partie des services portuaires européens (pilotage, remorquage, lamanage, manutention…), a été repoussé après les échéances électorales de mai prochain. Comme pour ses prédécesseurs de 2003 et de 2006, le paquet proposé par la Commission n’arrive pas à convaincre le Parlement européen et, pour commencer, sa commission transport et son rapporteur Knut Fleckenstein. Comme il s’agit d’un texte qui sera voté en codécision, il nécessitera de trouver un compromis entre la Commission, qui le propose et les deux instances décisionnelles : le Parlement européen et le Conseil des ministres. Le troisième paquet portuaire, auquel le commissaire aux transports Slim Kallas semble attaché, n’a donc pas réussi à atteindre le stade final de négociation, dit « trilogue ».

Très mobilisée sur la question, la fédération française des pilotes maritimes a souligné « la qualité du dialogue soutenu qu’elle a eu avec toutes les parties prenantes du dossier » et également « la volonté partagée d’aboutir à un texte qui permette de renforcer la compétitivité des ports, d’y développer l’économie et l’emploi maritime et portuaire, tout en s’assurant du maintien d’un haut niveau de sécurité maritime actuellement offerts dans les ports français ».

 

Le pilotage ne serait pas mis en concurrence

 

« Nous nous réjouissons que durant tout ce processus (suspendu pour le moment), nous ayons pu expliquer en détail la mission des pilotes maritimes », souligne la fédération, qui salue le rapport du député Knut Fleckenstein. Aux yeux des pilotes, il reste cependant, pour l’avenir et l’éventuelle reprise des discussions, « certains points à préciser ». « Les amendements proposés par Knut Fleckenstein, ainsi que ceux présentés par plusieurs autres députés européens, évitent de soumettre le pilotage, dans un même port, à une concurrence néfaste mais lui imposent une absolue transparence financière. A nos yeux, cette transparence est nécessaire vis-à-vis de tous les utilisateurs des services de pilotage, elle est indissociable de notre mission de service public ».

« Il nous paraît important de rappeler que la concurrence dans le pilotage maritime a déjà été essayée dans un tout petit nombre d’endroits sur la planète, mais rapidement, les gouvernements concernés ont fait machine arrière. En effet, les faits et les chiffres le démontrent : très rapidement des conséquences désastreuses ont été constatées tant sur le plan de la sécurité maritime que sur celui du préjudice environnemental mais également sur le plan financier : le coût du pilotage a flambé ». Les pilotes entendent donc poursuivre ce « dialogue constructif » avec toutes les parties prenantes dans les semaines et mois à venir.

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