Marine Marchande
Retirer l’épave du cargo Alta pourrait coûter des millions d’euros à l’Irlande

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Retirer l’épave du cargo Alta pourrait coûter des millions d’euros à l’Irlande

Marine Marchande

Le propriétaire de l’épave de l'Alta sera-t-il un jour retrouvé ? Ce cargo de 77 mètres avait été drossé sur la côte le 16 février près du village de Ballycotton du Comté de Cork, dans le sud de l’Irlande, après le passage de la tempête Dennis. L’échouement avait mis un terme à 16 mois de dérive pour ce navire battant pavillon tanzanien, construit en 1976.

Après l’échouement, dans un premier temps le conseil du Comté de Cork a fait retirer ce qui pouvait présenter un risque immédiat pour l’environnement et le « receveur des épaves » (fonctionnaire qui administre la loi relative aux épaves maritimes) a essayé de retrouver le propriétaire. Mais sans succès, rapporte la RTE (radio-télévision publique irlandaise). Un porte-parole du receveur des épaves confirme au Guardian : « Nous essayons encore d’établir qui est le propriétaire et ces démarches peuvent prendre jusqu’à un an ».

Que faire ? « Si des propriétaires ou assureurs ne prennent pas la responsabilité du navire, l’Etat irlandais aura une décision difficile à prendre, qu’il s’agisse de dépenser des millions pour le dégager ou le laisser à son sort », observe RTE. La deuxième solution ne devrait pas plaire aux riverains qui se plaignent de cette épave abandonnée sur la côte. Interrogés, des experts en droit international maritime, soulignent que l’épave qui n’a aucune valeur mais qu’elle pourrait coûter « de 5 à 10 millions, voire plus » pour être retirée, selon l’un d’entre-eux.

 

L'Alta dérivant au milieu de l'Atlantique. (© ROYAL NAVY)

L'Alta dérivant au milieu de l'Atlantique. (© ROYAL NAVY)

 

L’Alta avait été abandonné au large des Bahamas en septembre 2018. Incapable de réparer le navire parti de Grèce pour gagner Haïti, manquant de vivres et d’eau après 20 jours de dérive, l’équipage de 10 hommes avait été secouru par l’USCGC Confidence des garde-côtes américains et débarqué à Porto-Rico. Un an plus tard, le 30 août 2019, le HMS Protector, un bâtiment de la Royal Navy, croisait le navire-fantôme au beau milieu de l’Atlantique sans personne à bord.

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