Défense
Retour sur le premier grand déploiement de L’Adroit

Reportage

Retour sur le premier grand déploiement de L’Adroit

Défense

Parti le 17 janvier de Toulon, le patrouilleur hauturier d’expérimentation L’Adroit est rentré à sa base varoise le 11 juillet, au terme de son premier grand déploiement. Livré en octobre 2011 et admis au service actif en mars 2012, ce prototype de la gamme d’OPV (Offshore Patrol Vessel) du type Gowind a été réalisé sur fonds propres par DCNS et mis à disposition de la Marine nationale pour une période de trois ans. L’année dernière, le PHE avait déjà réalisé différentes missions, notamment de surveillance des approches maritimes et de contrôle de la pêche au thon rouge en Méditerranée, tout en poussant jusqu’en Afrique du sud afin d’être présenté aux autorités de ce pays, auquel DCNS propose d’acquérir des patrouilleurs de ce type.  Le partenariat noué entre le groupe naval français et la Marine nationale compte en effet plusieurs aspects. Il implique que les marins utilisent L’Adroit pour leurs besoins opérationnels, ce qui intéresse évidemment les militaires compte tenu de la pénurie actuelle de patrouilleurs, avec en plus l’opportunité de tester de nouveaux systèmes et, ainsi, préciser les besoins dans le cadre de futurs programmes, comme celui des bâtiments de surveillance et d’intervention maritime (BATSIMAR). 

 

 

L'Adroit (© : DCNS)

L'Adroit (© : DCNS)

 

 

Pour DCNS, Gowind OPV, qui n’existait il y a encore trois ans qu’à l’état virtuel, peut être éprouvé à la mer, ce qui permet au groupe naval de valider son architecture et, à l’épreuve de la réalité, de profiter du retour d’expérience des marins pour améliorer certains points. Enfin, le PHE sert de vitrine flottante lors de ses différentes escales à travers le monde, offrant la possibilité aux industriels français de mettre en avant leurs produits auprès des visiteurs étrangers, renforçant le potentiel de ventes à l’export.  Cela est d’ailleurs non seulement valable pour DCNS, mais aussi pour différentes sociétés, françaises ou européennes, impliquées dans le programme et mettant à disposition des équipements. On citera par exemple Thales pour la guerre électronique, Sagem pour la détection électro-optique et la conduite de tir, Lacroix pour les lance-leurres, Terma pour les radars ou encore Zodiac Milpro pour les embarcations d’intervention.

 

 

L'Adroit en compagnie d'un patrouilleur italien (© : MARINA MILITARE)

L'Adroit en compagnie d'un patrouilleur italien (© : MARINA MILITARE)

 

 

Nouvelles missions et intégration dans des dispositifs internationaux

 

 

Comme pour tout nouvel outil, les marins agissent avec ce bâtiment de manière progressive, afin de le prendre en main et évaluer ses capacités opérationnelles. Dans cette perspective, un premier grand déploiement a été programmé cette année. Avec une navigation vers la Méditerranée orientale, la mer Rouge, l’océan Indien, le golfe Persique et l’Asie. A cette occasion, L’Adroit a pu réaliser de nouvelles missions, par exemple au sein de l’opération Enduring Freedom de lutte contre le terrorisme et les trafics illicites, ou encore contre la Piraterie avec Atalante. Il s’est, ainsi, ouvert de nouvelles perspectives, tout en s’intégrant pour la première fois dans des dispositifs internationaux grâce à son système de lutte Polaris, conçu par DCNS, et ses moyens de communication (dont une liaison de données L11), permettant de partager des informations avec d’autres bâtiments.

 

 

Franchissement du canal de Suez (© : MARINE NATIONALE)

Franchissement du canal de Suez (© : MARINE NATIONALE)

 

Contrôle d'un boutre en océan Indien (© : MARINE NATIONALE)

Contrôle d'un boutre en océan Indien (© : MARINE NATIONALE)

 

Contrôle d'un bateau de pêche par l'équipe de visite (© : MARINE NATIONALE)

Contrôle d'un bateau de pêche par l'équipe de visite (© : MARINE NATIONALE)

 

 

Après avoir été intégré à la Task Force 150, force aéronavale multinationale œuvrant en mer Rouge et océan Indien dans le cadre d’Enduring Freedom, puis avoir réalisé une escale à Abu Dhabi à l’occasion du salon militaire IDEX, L’Adroit a participé durant près de deux mois à l’opération européenne Atalante de lutte contre la piraterie. Alors que la forte présence militaire au large de la corne d’Afrique et la mise en place de bonnes pratiques pour protéger les navires de commerce ont entrainé un effondrement des attaques, le patrouilleur français a essentiellement œuvré à la surveillance des côtes somaliennes, notamment les camps de pirates, avec une couverture du nord au sud, et un focus entre le Kenya et Mogadiscio en deuxième période. Une mission facilitée par le fait que les bâtiments peuvent opérer dans les eaux territoriales du pays, suivant les accords internationaux conclus avec le gouvernement somalien.

 

 

L'Adroit a déployé son drone et ses embarcations devant la Somalie (© : MARINE NATIONALE)

L'Adroit a déployé son drone et ses embarcations devant la Somalie (© : MARINE NATIONALE)

 

 

Les Zodiac et le drone Schiebel en première ligne

 

 

En plus de ses propres moyens de détection, L’Adroit a utilisé des senseurs déportés. D’abord, son drone aérien Camcopter S-100, un engin sans pilote acquis auprès de la société autrichienne  Schiebel pour permettre à la marine de se faire la main sur ce type d’outil, appelé à compléter l’emploi d’hélicoptères. Le drone, initialement équipé d’une boule électro-optique Agile 2 de Thales et emportant désormais un système MX10 du Canadien Wescam, a été employé pour mener des opérations ISR (intelligence, surveillance et reconnaissance). « Le drone, que l’on utilise notamment pour la surveillance maritime, fonctionne comme un véritable capteur déporté pour le bâtiment. C’est un moyen très économique qui

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