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Retour sur l’interception du Luna S

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Retour sur l’interception du Luna S

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Parfaite illustration de la lutte contre le narcotrafic maritime, mais aussi de nouveaux modes opératoires employés  par les trafiquants, l’interception du Luna S s’est soldée en septembre dernier par la plus importante saisie de cannabis réalisée jusqu’ici, en mer, par les autorités françaises. En exclusivité, nous revenons aujourd’hui sur le déroulement de cette opération unique en son genre, grâce au témoignage des militaires qui y ont participé.

 

 

Un vieux cargo tanzanien

 

 

Le suspect est un vieux cargo, le Luna S, immatriculé en Tanzanie. Construit en Allemagne en 1974 sous le nom de Lindaunis, le navire de 82 mètres de long et 1500 tonnes de port en lourd collectionne, ces dernières années, les pavillons de complaisance, dont certains parmi les moins réputés, comme ceux de la Corée du Nord et du Belize. Depuis 2011, le Luna S est immatriculé au Zanzibar, le pavillon bis tanzanien. Appartenant à des intérêts syriens, via une société offshore basée aux îles Marshall, le cargo est exploité en Méditerranée et en mer Noire, fréquentant des ports en Roumanie, en Albanie, en Turquie, en Egypte, à Chypre, en Croatie ou encore au Liban. Depuis peu, il navigue aussi la Méditerranée occidentale. Le 20 août, il arrive au large de Beyrouth, en provenance apparemment directement du port tunisien de Sousse. Puis après son escale au Liban, il retraverse la Méditerranée d’Est en Ouest.

 

 

(© VESSELTRACKER.COM)

(© VESSELTRACKER.COM)

 

 

Suspecté de livrer de la drogue le long des côtes méditerranéennes

 

 

Sur la base de la collecte de différents renseignements, les services spécialisés français, au premier rang desquels la Douane, viennent à s’intéresser au Luna S, qui fait figure de candidat idéal pour un éventuel trafic. Le navire est, en fait, suspecté de servir au transport d’une importante cargaison de cannabis produite au Maroc. Habituellement, ce type de drogue rejoint surtout l’Europe au moyen d’embarcations rapides, des go fast qui profitent de la nuit pour partir des côtes du Maghreb et traverser rapidement la Méditerranée. Les trafiquants débarquent les stupéfiants sur la côte espagnole, où la marchandise est stockée puis diffusée par voie routière, essentiellement via des voitures puissantes, également appelées go fast, ou par camions.

 

 

Go fast en Méditerranée  (© MARINE NATIONALE)

Go fast en Méditerranée  (© MARINE NATIONALE)

 

Go fast intercepté par les commandos marine  (© MARINE NATIONALE)

Go fast intercepté par les commandos marine  (© MARINE NATIONALE)

 

 

On soupçonne néanmoins, dans les administrations concernées par la lutte contre le narcotrafic, l’utilisation parallèle de gros bateaux comme « livreurs itinérants ». Au cours d’un banal transit entre deux ports, ces navires de commerce réaliseraient, discrètement, des arrêts rapides dans des endroits peu fréquentés, près des côtes, où la drogue serait transbordée sur de petites embarcations pour être amenée à terre.

Les différents éléments recueillis par les douaniers laissent penser que le Luna S se livre à se genre de trafic. Alors qu’il évolue en Méditerranée occidentale, le vieux cargo est pisté sans le savoir et les autorités françaises entrevoient une fenêtre d’interception possible. Une opération est rapidement montée avec la Marine nationale. Celle-ci fait appareiller de Toulon l’aviso Commandant Birot, avec à son bord un détachement de commandos marine et des douaniers. Un avion de la Douane repère le suspect et dirige les militaires, qui lancent l’interception le dimanche 8 septembre en début de matinée. Venant de la mer

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