Marine Marchande
Revalidation STCW : Inquiétudes des marins demandeurs d’emploi

Actualité

Revalidation STCW : Inquiétudes des marins demandeurs d’emploi

Marine Marchande

Le 1er janvier 2017, tous les marins de commerce devront avoir l’ensemble de leurs certificats STCW revalidés, y compris ceux qui étaient, jusqu’ici, acquis à vie comme le CAEERS ou ceux liés à la sûreté. Dans le cas contraire, ils ne pourront plus embarquer. Cette nouvelle obligation découle de la transposition des amendements de Manille à la convention STCW, que la France a effectuée en 2013. Aucune dérogation ne pourra être accordée, dans la mesure où il s’agit des obligations découlant d’une convention internationale, ratifiée par la loi.

Si les grands armements ont pris leurs dispositions pour étaler les très nombreuses formations impliquées par ces dispositions, l’inquiétude commence à gagner les marins actuellement sans emploi ou ayant un profil saisonnier. Car non seulement le temps presse, mais les formations de revalidation coûtent cher, parfois très cher. Et nombreux sont ceux d’entre eux qui ne peuvent se permettre de les payer sur leurs deniers personnels.

Des formations toujours pas inscrites au compte personnel de formation

Pour pallier ce besoin, la législation française prévoit normalement différents dispositifs de financement de la formation professionnelle. Ainsi, depuis le 1er janvier 2015, un compte personnel de formation (CPF) est attribué à chaque personne et le suit tout au long de sa carrière. « Les formations maritimes ont été les premières enregistrées à la commission nationale de la certification professionnelle (CNCP) afin notamment d’être éligible au CPF pour les salariés », précise la direction des Affaires Maritimes. En toute logique, tous les marins, salariés ou sans emploi, devraient donc pouvoir bénéficier d’un financement pour ces formations.

Sauf que ce n’est actuellement pas le cas, en raison d’une strate administrative supplémentaire. En effet, les formations STCW doivent être inscrites sur les listes des comités paritaires interprofessionnelles régionaux (COPAREF). Ces derniers sont des organismes paritaires (regroupant des représentants du patronat, des salariés et des syndicats) qui décident, région par région, quelles formations sont éligibles au CPF et donc au dispositif de financement. A l’heure actuelle, seul le COPAREF de la région Rhône-Alpes – qui n’est pourtant de loin pas la plus maritime de France – a inscrit les formations STCW sur sa liste. Partout ailleurs, tous les marins sans emploi ne peuvent donc, pour l’heure, bénéficier d’aides au financement de leurs formations.

Les partenaires sociaux et la DAM ont déjà alerté sur la situation

« S’il convient de rappeler que l’inscription sur la liste régionale est du ressort des partenaires sociaux, il n’en demeure pas moins qu’un suivi de la situation et une sensibilisation de l’ensemble des acteurs est actuellement menée », précise la direction des Affaires Maritimes qui dit avoir alerté la CNCP et les partenaires sociaux sur la situation.

Du côté d’Armateurs de France, on  « demeure vigilant sur ce sujet ». Pour les demandeurs d’emploi, le syndicat patronal, en lien avec les syndicats de la branche, a alerté « à deux reprises » les instances en charge de la formation, fin 2015 en direction de tous les COPAREF et début 2016 vers le COPANEF (l’instance nationale au-dessus des COPAREF). « Il revient désormais à ces instances de se prononcer et, surtout, d’agir rapidement. Nous continuerons à porter une attention toute particulière à ce sujet, qui rejoint notre préoccupation constante et plus globale pour la pérennité de l’emploi de marins français », assure Armateurs de France.

Divers marine marchande