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Rigel : Un bâtiment indonésien made in France

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Danse et musique traditionnelles de l’Indonésie, cérémonie militaire et prise de commandement devant les hautes autorités de ce pays… Le port des Sables d’Olonne a connu le 11 mars un évènement exceptionnel, à l’occasion de la livraison par le chantier Ocea du Rigel (voir reportage photo en fin d'article). Ou, pour être exact, du KRI Rigel, le « KRI » étant l’acronyme signifiant « navire de la république indonésienne ». Il s’agit du premier d’une série de deux bâtiments hydro-océanographiques (BHO) dont la commande a été signée en août 2012.

 

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Un très beau contrat pour le chantier vendéen, qui faisait face, suite à l’appel d’offres lancé l’année précédente, à huit concurrents, soit trois Coréens, trois Français, un Allemand et un Néerlandais. L’affaire s’est jouée en finale entre deux chantiers asiatiques et Ocea, qui a donc décroché la commande avec une proposition originale basée sur un navire entièrement réalisé en aluminium. L’offre du constructeur vendéen, qui s'est une nouvelle fois illustré sur un marché extrêmement compétitif où la France n'avait jamais percé jusque là, était accompagnée d’un financement en crédit export, dont la négociation entre la banque et le ministère des Finances a abouti à l’entrée en vigueur du contrat en octobre 2013.

 

Le KRI Rigel (© : OCEA)

Le KRI Rigel (© : OCEA)

 

Le plus grand BHO en aluminium du monde

Réalisé en 17 mois dans le nouveau chantier d'Ocea aux Sables d'Olonne, le KRI Rigel, qui prend le nom de l’une des sept étoiles formant la constellation d’Orion, devient le plus grand navire hydro-océanographique du monde construit en aluminium, spécialité d’Ocea. Du type OSV 190 SC-WB, il mesure 60.1 mètres de long pour une largeur de 11.5 mètres et un tirant d’eau de 3.5 mètres. Capable d'accueillir jusqu’à 51 personnes, dont 40 membres d’équipage, son autonomie est de trois semaines.

Destiné à améliorer la connaissance des fonds marins de l’Indonésie, vaste Etat archipélagique, le bâtiment est équipé de matériels de pointe. Sous la quille, à l’avant du navire, il y a la gondole, appendice profilé qui regroupe les senseurs principaux, dont un sondeur multifaisceaux.

 

L'AUV (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'AUV (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

AUV, ROV et équipements scientifiques

Sur la plage arrière, on trouve un drone sous-marin doté d’un sonar latéral. Cet AUV (Autonomous Underwarter Vehicle), livré par le groupe norvégien Kongsberg, est stocké dans un conteneur dédié, ce qui facilite l’embarquement et le débarquement de ce module, par exemple pour sa maintenance ou son repositionnement sur un autre bâtiment. Une fois en mer, le drone peut évoluer en toute autonomie, par grands et petits fonds, grâce à un système de programmation. Employé à distance, il évolue selon un parcours préétabli et livre les données recueillies à son retour de mission. Mais il peut aussi transmettre et être piloté en temps réel grâce à l’Aquafish, un relais remorqué à l’arrière du bâtiment.

 

L'AUV (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'AUV (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'Aquafish (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'Aquafish (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Le KRI Rigel dispose, en outre, d’un robot télé-opéré de la société française ECA Robotics. Ce ROV (Remoted Operated Vehicle) est équipé d’un bras articulé et de trois caméras, dont une 3D permettant au pilote de bien apprécier les distances. Il pourra réaliser des petits travaux sous-marins, servir à l’identification visuelle après une détection sonar ou encore servir à la récupération d’objets, par exemple des enregistreurs de vol en cas de crash d’avion en mer. L’AUV et le ROV, mais aussi d’autres moyens de mesure, comme des carotteurs, ou encore des rosettes servant aux prélèvements permettant de mesurer la température, la densité et la conductivité de l’eau, sont mis en œuvre par différents moyens de manutention, dont trois treuils et un portique livrés par l’entreprise française BOPP. Il en sera de même pour la vedette hydrographique de 8 mètres qu’embarquera le KRI Rigel, un bateau en aluminium conçu par Ocea et réalisé en Indonésie. Cette vedette sera équipée pour le recueil de données le long des côtes, dans des zones peu profondes.

 

Le ROV (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le ROV (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La plage arrière avec un carotteur (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La plage arrière avec un carotteur (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les rosettes (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les rosettes (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Toutes les données collectées sont gérées dans une salle équipée de nombreux ordinateurs, avec des logiciels de traitement du signal et de cartographie. Le bâtiment dispose en outre de deux laboratoires, un sec et un humide, pour l’étude des prélèvements, par exemple de l’eau, des sédiments ou des poissons.

 

Salle de traitement des données (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Salle de traitement des données (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Système de stabilisation passif

Pour améliorer la stabilité de la plateforme lors des opérations, qui se déroulent à allure réduite, le bâtiment bénéficie d’un système passif de tranquillisation FLUME. Ce dispositif très simple consiste en des cuves longitudinales remplies d'eau. Grâce à des « chicanes », le mouvement de l'eau est ralenti, la force de cette carène liquide permettant de compenser les mouvements de plateforme. Avec des résultats probants puisque durant les essais en mer du Rigel, les effets de roulis ont été réduits de 70%, explique-t-on chez Ocea.

 

Le KRI Rigel lors de ses essais (© : OCEA)

Le KRI Rigel lors de ses essais (© : OCEA)

 

Propulsion diesel-électrique

Pour recueillir des données précises et facilement exploitables, notamment en matière de sonars, il  est primordial de disposer d’un bateau silencieux. C’est pourquoi le KRI Rigel, qui dispose de deux lignes d’arbres avec hélices à pales fixes Rolla, est équipé d’une propulsion électrique, avec deux moteurs permettant, jusqu’à 7 nœuds, de réduire les vibrations et d’améliorer la qualité des mesures. Pour les vitesses plus élevées, jusqu’à 14 nœuds, le bâtiment, qui compte trois groupes électrogènes de 250 kW chacun, s’appuie sur deux moteurs diesels MTU d’une puissance unitaire de 920 kW. Le KRI Rigel compte, en outre deux propulseurs d’étrave Hydro Armor et un système de positionnement dynamique fourni par Navis.

Si le bâtiment dispose d’un PC Machine, l’équipage n’a pas à y assurer de quart. L’officier en charge de l’énergie et de la propulsion gère en effet les opérations depuis la passerelle, où son poste donne accès à toutes les informations et les commandes, qu’il s’agisse des moteurs, des générateurs, des soutes à carburant, des ballasts, des cuves à eaux grises et noires… Le chef mécanicien dispose en outre d’un répétiteur dans sa cabine. 

 

La passerelle du KRI Rigel (© : OCEA)

La passerelle du KRI Rigel (© : OCEA)

 

La passerelle, très vaste, est dépourvue d’ailerons mais offre une vue panoramique à 360 degrés, ce qui permet non seulement de bien visualiser l’environnement du bâtiment, mais aussi de suivre les opérations sur la plage arrière. En tout, la passerelle compte six postes en plus du fauteuil du pacha. Les moyens de surveillance comprennent deux radars de navigation et une caméra thermique.

Concernant les espaces intérieurs, le KRI Rigel se révèle comme un bâtiment très confortable. On trouve une vingtaine de cabines permettant de loger 51 personnes, avec des cabines individuelles pour le commandant, son second et le chef mécanicien, des cabines doubles pour les autres officiers et des postes de 4 à 10 personnes pour le reste de l’équipage et des passagers. Le bâtiment compte différents carrés et une infirmerie.

 

L'équipage du KRI Rigel sur son bâtiment (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'équipage du KRI Rigel sur son bâtiment (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Un important volet consacré à la formation

En plus de la construction du KRI Rigel et de son sistership, dont la livraison est prévue en septembre, Ocea assure la formation de l’équipage (40 marins et personnels scientifiques) et du personnel qui sera chargé de la maintenance du navire et de ses équipements (16 personnes). Un ingénieur indonésien a, en outre, bénéficié d’une formation en master d’hydrographie à l’ENSTA de Brest, école de référence en sciences et technologies de la mer. Par ailleurs, dans le cadre de ce programme, le chantier vendéen travaille en partenariat avec le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine nationale. Les équipes du SHOM ont permis d’optimiser le choix des équipements scientifiques et leur positionnement sur le bâtiment, tout en assurant l’accompagnement dans la formation scientifique et l’assistance technique en Indonésie. Car le suivi des Indonésiens va se poursuivre.

Le KRI Rigel, qui doit quitter la France à la fin du mois pour un long périple vers Djakarta, en passant normalement par l’Espagne, le canal de Suez, l’Arabie Saoudite, Oman, l’Inde et Sabang, partira avec une équipe de 4 personnes d’Ocea, dont un officier, un technicien et deux formateurs, ces derniers étant appelés à rester deux ans en Indonésie. 

 

Le KRI Rigel (© : OCEA)

Le KRI Rigel (© : OCEA)

 

L’Indonésie a besoin de mieux connaître ses fonds marins

Grâce au KRI Rigel et à son sistership, le pays se dote de moyens très modernes lui permettant d’effectuer des études hydrographiques, océanographiques, géophysiques et halieutiques. Il pourra également, grâce à l’embarquement de modules sous forme de conteneurs, remplir d’autres types de missions, comme le support de plongeurs. Et le bâtiment, doté d’un canon de 20mm et de deux mitrailleuses de 12.7mm, aura également pendant ses navigations une fonction de surveillance et de protection des eaux indonésiennes.

 

La plage avant du KRI Rigel avec son canon de 20mm (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La plage avant du KRI Rigel avec son canon de 20mm (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

« Ces deux navires sont les premiers d’un projet global ambitieux engagé par la marine indonésienne, qui vise au développement de sa flotte océanographique et hydrographique ; projet auquel Ocea souhaite prendre part sur le long terme », explique le constructeur français. Les deux nouveaux bâtiments remplaceront ou complèteront avantageusement les moyens de la marine indonésienne. Les trois principales unités hydrographiques de cette dernière, le Burujulasad, le Dewa Kembar et le Jalanidhi, sont particulièrement anciennes, puisque mises en service entre 1963 et 1967, alors que les quatre navires du type Baruna Jaya I sont un peu plus récents (1989 – 1995), le cadet de la flotte étant le Baruna Jaya VIII, opérationnel depuis 1998.

 

Le Dewa Kembar (© : COLLECTION FLOTTES DE COMBAT - J. MORTIMER)

Le Dewa Kembar (© : COLLECTION FLOTTES DE COMBAT - J. MORTIMER)

 

« Le développement de nos moyens hydrographiques et océanographiques est vraiment très utile pour notre pays, qui est le plus grand archipel du monde », souligne le ministre indonésien de la Défense, Ryamizard Ryacudu.

 

Le chef d'état-major de la marine et le ministre de la Défense indonésien (© : MER ET MARINE - VG)

Le chef d'état-major de la marine et le ministre de la Défense indonésien (© : MER ET MARINE - VG)

 

Avec un territoire composé de 17.000 îles, ce pays de près de 250 millions d’habitants dispose d’un espace maritime gigantesque et de ressources agricoles (huile de palme, caoutchouc, cacao, café…) et naturelles (charbon, pétrole, gaz) considérables. Des matières largement exportées, le bon fonctionnement de l’économie nécessitant la sécurisation des routes maritimes. Alors que Joko Widodo (Jokowi), le nouveau président élu en octobre dernier, a affiché sa volonté de développer l’activité maritime du pays, l’Indonésie fait face à différents enjeux. D’abord, elle doit protéger ses eaux, au moment où la piraterie reprend de la vigueur dans la région. Elle fait également face à des tensions parfois vives avec ses voisins au sujet de revendications territoriales sur différentes îles. Or, les études hydrographiques et océanographiques sont également un moyen de mieux connaitre et faire reconnaitre son territoire. Une meilleure connaissance des fonds marins est aussi nécessaire pour mieux en déceler et en apprécier le potentiel, tout en favorisant le développement des activités maritimes. Et puis il y a un intérêt militaire opérationnel puisqu’une bonne cartographie est essentielle pour les manœuvres des sous-marins. Or, l’Indonésie, qui dispose de deux vieux bâtiments du type 209/1300 allemands, datant de 1981, a commandé trois nouvelles unités du type 209/1400 qui seront réalisées en Corée du sud.

 

Sous-marin du type 209/1300 (© : COLLECTION FLOTTES DE COMBAT - P. BERTRANDO)

Sous-marin du type 209/1300 (© : COLLECTION FLOTTES DE COMBAT - P. BERTRANDO)

 

Une flotte en plein développement

« Les principales missions de la marine sont d’assurer la souveraineté de l’Indonésie sur ses eaux, la sécurité des voies de commerce maritimes et le soutien au gouvernement et à sa politique de développement. Notre marine a différents programmes en cours qui vont lui permettre de se renforcer, notre ambition étant de devenir une flotte de classe mondiale », affirme l’amiral Ade Supandi, chef d’état-major de la marine indonésienne.

 

Future corvette du type SIGMA 10514 (© : DAMEN)

Future corvette du type SIGMA 10514 (© : DAMEN)

 

Et, de fait, Djakarta est en train de moderniser et développer rapidement ses forces navales. En dehors des sous-marins, l’Indonésie renoua racheté les trois frégates du type F2000 initialement construites par le Britannique BAE Systems pour le sultanat de Brunei, qui y a finalement renoncé. Renommée Bung Tomo, la première a été livrée l’an dernier et ses deux sisterships (John Lie et Usman Harun) vont suivre. Dans le même temps, deux grandes corvettes du type SIGMA 10514 ont été commandées à Damen, qui avait déjà livré entre 2007 et 2009 quatre corvettes. Réalisées localement, les deux nouvelles unités doivent être mises en service en 2016 et 2017. Alors que 11 hélicoptères AS565 MBe Panther gréés pour la lutte anti-sous-marine ont été commandés à Airbus, ces nouveaux bâtiments s’ajouteront aux six anciennes frégates néerlandaises du type Van Speijk, qui datent de la fin des années 60 et ont été modernisées, de même que les trois corvettes de la classe Fatahillah (1979-80), également remises à niveau.

 

Frégate du type Van Speijk (© : COLLECTION FLOTTES DE COMBAT - M. NITZ)

Frégate du type Van Speijk (© : COLLECTION FLOTTES DE COMBAT - M. NITZ)

 

La marine indonésienne comprend également 15 corvettes lance-missiles du type Parchim, anciens bâtiments est-allemands (1981 et 1985) transférés entre 1993 et 1996 et qui n’ont probablement pas constitué une bonne affaire, comme d’autres vieilles coques de l’ex-RDA. Leur remplacement devrait être bientôt à l’ordre du jour.

 

Corvette indonésienne du type Parchim (© : RAN)

Corvette indonésienne du type Parchim (© : RAN)

 

L’Indonésie aligne par ailleurs une cinquantaine de patrouilleurs, en cours de renouvellement avec notamment un modèle local, le Clurit (44 mètres) qui pourrait être réalisé à une vingtaine d’exemplaires, les deux premiers ayant été mis en service en 2011 et 2012.

Concernant le reste de la flotte, les moyens amphibies, très importants, ont été partiellement modernisés avec cinq nouveaux transports de chalands de débarquement livrés entre 2003 et 2011 par les chantiers sud-coréens. De nouveaux bâtiments de débarquement de chars doivent également être réalisés afin de remplacer les unités actuelles, dont deux datant de 1944 et une de 1961, auxquelles s’ajoutent 12 anciens Frosch I est-allemands (1976 – 1979) et deux Frosch II (1979-80). Quant à la composante logistique, en dehors du Multatuli (2007), les quatre autres pétroliers indonésiens sont opérationnels depuis au moins 40 ans.

 

Le TCD Banda Ace (© : US NAVY)

Le TCD Banda Ace (© : US NAVY)

 

Compte tenu des besoins du pays pour veiller sur son énorme zone économique exclusive et de sa volonté d’affirmer sa souveraineté sur ses territoires maritimes, il y aura donc sans doute des opportunités pour les constructeurs internationaux, qu’il s’agisse de la marine ou des garde-côtes indonésiens. 

La cérémonie de livraison du KRI Rigel en images

 

Le KRI Rigel (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le KRI Rigel (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Roland Joassard, président d'Ocea, avec les autorités indonésiennes (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Roland Joassard, président d'Ocea, avec les autorités indonésiennes (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La marraine nomme le navire (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La marraine nomme le navire (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La cérémonie de livraison (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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