Croisières et Voyages
Rivages du Monde veut faire bateau commun avec All Ways

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Rivages du Monde veut faire bateau commun avec All Ways

Croisières et Voyages

Après avoir racheté le tour opérateur belge All Ways en janvier dernier, Rivages du Monde souhaite à l’avenir disposer d'un seul et même paquebot pour la programmation maritime des deux sociétés. RDM affrète depuis 2016, auprès de la compagnie britannique Cruise & Maritime Voyages, l’Astoria, navire d’un peu plus de 500 passagers avec lequel il rempile en 2019 pour 7 croisières, soit une durée totale de quatre mois d’exploitation. All Ways, de son côté, a l’habitude d’affréter le FTI Berlin (380 passagers) à raison d’environ 35 jours par an. « Dès que possible, à partir de 2020, mon souhait est de me désengager du Berlin pour n’exploiter qu’un navire, à la fois pour Rivages du Monde et pour All Ways. Il ne s'agit pas de mélanger, chacun aura des départs réservés à sa propre clientèle car les produits sont différents. Cela nous ferait étendre l’affrètement du navire de quatre à six mois, ce qui est une durée idéale pour nous car elle intègre le programme existant et permettra de répondre à la demande », explique à Mer et Marine le patron de RDM, Alain Souleille.

 

Le FTI Berlin (© FABIEN MONTREUIL)

Le FTI Berlin (© FABIEN MONTREUIL)

 

En attendant, l’opérateur français commercialise tout de même sur le marché hexagonal quelques croisières sur le FTI Berlin, soit quatre cette année et trois en 2019. « Nous n’avons pas l’intention de commercialiser le Berlin en France si ce n’est en effet, pour cette période de transition, sur quelques croisières, ce qui a pour but de conforter All Ways, qui a eu quelques soucis de remplissage cette année ».

Affréter l'Astoria aussi longtemps que possible

Concernant l’Astoria, qui arbore désormais sur sa cheminée le logo de Rivages du Monde, Alain Souleille souhaite le conserver le plus longtemps possible. Plus vieux paquebot en activité, cet ancien liner suédois de 160 mètres et 277 cabines, entré en service en 1948 sous le nom de Stockholm, a été complètement reconstruit en 1994. Et il a été sérieusement rénové en 2013 lorsqu’il fut repris par l’éphémère compagnie portugaise Portuscale Cruises, contrainte de cesser son activité dès 2014. Propriété des banques créancières de cet ancien armateur, l’Azores, devenu Astoria, est exploité depuis début 2015 par CMV et convient parfaitement au fondateur de RDM : « Je suis fan de l’Astoria, c’est un vieux bateau mais il a de très belles lignes et à l’intérieur, tout a été refait avec goût. Ce navire a beaucoup de charme, notre clientèle l’apprécie énormément et ils sont nombreux à revenir car ils aiment voyager avec lui. Pour nous, c’est le navire idéal, avec une capacité de seulement 500 passagers et une taille qui lui permet de faire escale à peu près partout. Un tel bateau est aujourd'hui très difficile à trouver  sur le marché, du moins à des prix raisonnables ». Mais l’Astoria vieillit et il pourrait bien, dans les années qui viennent, ne plus répondre aux nouvelles règlementations maritimes, en particuliers celles relatives aux rejets atmosphériques. « Pour le moment il est parfaitement opérationnel et nous ne prévoyons pas de changer de bateau. Mais évidemment, si la question de son maintien se pose, nous chercherons un autre navire ».

 

L'Astoria (© FABIEN MONTREUIL)

L'Astoria (© FABIEN MONTREUIL)

 

Des croisières concentrées sur l'Europe du nord

En 2015, RDM avait affrété l’Astoria sur une durée beaucoup plus longue, de mai à octobre, avec un programme de 14 croisières vers les îles britanniques, l’Irlande, les fjords norvégiens, le Spitzberg, l’Islande, le Groenland, maisn aussi la Méditerranée, l’Adriatique et la mer Noire. Depuis, la société française a réduit la voilure, en se concentrant sur le Royaume-Uni et l’Irlande, la Norvège jusqu’au Spitzberg, l’Islande et le Groenland. Exit la Méditerranée, si ce n’est au travers d’un affrètement d’opportunité de 10 jours de l’Ocean Majesty (520 passagers), en octobre 2019, entre Venise et Athènes via le canal de Corinthe (croisière qui sera commercialisée directement par RDM et probablement en partenariat avec un groupe de presse). Pour le reste, la Grande Bleue, avec la réduction sensible des possibilités d’escales pour des raisons sécuritaires sur la partie surd et orientale du bassin Méditerranéen, est devenue un marché trop compliqué pour Rivages du Monde. « C’est pour le moment une zone sinistrée et en surcapacité, sur laquelle on ne peut pas se battre avec les majors de la croisière en proposant des itinéraires similaires. Nous gardons toutefois un pied en Méditerranée avec l’Ocean Majesty, qui est déjà exploité dans cette région par un opérateur allemand et que nous récupérons en fin de saison, en profitant de son positionnement sur place ».

Un nouveau grand voyage à l'étude pour 2020 

Mais pour pousser l'affrètement d'un navire pendant six mois, en plus de l'apport d'All Ways, Rivages du Monde travaille surtout à relancer des croisières au long cours. Une tentative a été effectuée à l'automne 2017 avec l'Astoria, qui a proposé au départ de Marseille un périple d'un mois jusqu'au Brésil. Une expérience qui s'est révélée décevante sur le plan commercial, le navire n'étant presqu'à moitié rempli, mais dans laquelle croit Alain Souleille après en avoir tiré certaines leçons : « Cette grande croisière ne nous a pas donné satisfaction sur le plan commercial, nous n'avons eu que 330 clients, parce que nous avons lancé ce produit trop tard. Je pense que si nous le proposons 15 mois à l'avance, il n'y a aucune raison que cela ne marche pas. Ce voyage, qui a permis de traverser l'Atlantique dans les deux sens, de remonter l'Amazone jusqu'à Manaus et d'aller aux Antilles, s'est en effet très bien passé, les clients qui y ont participé étaient ravis et en redemandent ».  Une nouvelle grande croisière pourrait donc voir le jour en 2020. « Nous prendrons la décisions dans les deux ou trois prochains mois ». 

En tout, RDM table pour cette année sur 6500 passagers pour ses croisières maritimes, sans compter les 1500 clients d’All Ways. S’y ajoutent des itinéraires dits côtiers, comme ceux proposés au Chili vers la Patagonie, pour laquelle RDM propose deux voyages de 7 jours sur le Ventus Australis, soit 400 passagers attendus l’hiver prochain.

 

Le Victory II (© RIVAGES DU MONDE)

Le Victory II (© RIVAGES DU MONDE)

 

Fluvial : beaucoup de projets aux Amériques

Le chiffre maritime de la société française n’est donc pas négligeable mais c’est toujours sur le fluvial que l’opérateur réalise le gros de son activité, avec 11.000 à 13.000 passagers par an. Il faut dire que sa programmation est particulièrement riche et se déploie sur quasiment tous les continents. « Pour 2019 nous avons notamment beaucoup de projets en Amérique, que ce soit au nord, centrale ou du sud. Nous allons en particulier relancer les croisières au Canada sur le fleuve Saint-Laurent, avec le Victory II, un navire de 200 passagers qui bénéficie actuellement d’une rénovation complète dans un chantier suédois ». Six croisières de 10 jours sont ainsi programmées l’an prochain, avec au départ de Montréal une boucle allant de Québec à l’Ontario. RDM proposera également des départs vers l’Alaska, le Costa Rica, Cuba ou encore les Galápagos et l’Amazone.  

 

Navire exploité sur le Gange, en Inde (© RIVAGES DU MONDE)

Navire exploité sur le Gange, en Inde (© RIVAGES DU MONDE)

 

Un nouveau navire en Russie, le lac Baïkal et des débuts sur le Douro

L’Asie demeure dans le même temps un marché clé pour la société, qui commercialise des croisières sur le Mékong, le Gange, le Yang Tse et l’Irrawaddy. « Nous avons en Inde et en Asie une présence conséquente puisque cette région représente quelques 4000 passagers ». Sur la Russie, l’une des destinations historiques du TO français, il y aura également de la nouveauté l’an prochain sur les traversées entre Moscou et Saint-Pétersbourg. « Nous avons décidé de reprendre l’initiative sur cette destination et de monter en gamme avec un nouveau bateau en 2019. Il pourra accueillir 145 passagers, aura une piscine intérieure, deux restaurants et de belles cabines ». RDM lance dans le même temps l’un des voyages originaux dont il a le secret, avec une croisière d’une semaine sur le lac Baïkal pour un itinéraire couvrant pas moins de 800 kilomètres.

Enfin, en Europe, l’entreprise propose toujours ses grands classiques, comme le Danube, mais a aussi décidé de se développer au Portugal. « Nous commençons à nous installer en 2019 sur le Duro, car nous avons de la demande. Dès 2020, nous affrèterons sur ce fleuve un navire durant toute la saison ».

Une stratégie axée sur des produits 100% francophones 

Alors que le marché de la croisière poursuit sa croissance mais que la concurrence se développe fortement, Alain Souleille mise non seulement sur la densité et l’originalité de sa programmation, mais aussi sur la différenciation : « La règle n°1 chez nous c’est un produit 100% francophone et complet, avec des offres assez packagées, que ce soit pour le fluvial ou le maritime, et pour ce dernier des départs si possible de France. Ensuite, nous nous attachons à proposer sur les bateaux un programme culturel riche qui correspond à une demande de nos passagers. Cela passe par de nombreuses activités et animations, avec par exemple beaucoup de conférenciers et des spectacles de qualité ».

 

Les croisières maritimes de RDM (© RIVAGES DU MONDE)

Les croisières maritimes de RDM (© RIVAGES DU MONDE)

Les croisières fluviales et côtières de RDM (© RIVAGES DU MONDE)

Les croisières fluviales et côtières de RDM (© RIVAGES DU MONDE)