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Robin des Bois appelle à la prudence sur le développement des EMR

A l’occasion de l’installation, ce vendredi, du Conseil National de la Mer et des Littoraux, l’association environnementale Robin des Bois souhaite tempérer l’ardeur générale en faveur du développement des énergies marines renouvelables. Eolien offshore ou encore hydrolien, les projets se multiplient dans le domaine des EMR, portées par les politiques en faveur des énergies propres et considérées comme l’occasion de voir émerger de nouvelles filières industrielles, avec à la clé un essor économique et des créations d’emplois. « L’offshore est la solution pratique pour réduire l’impact et l’emprise des activités humaines sur le littoral. La tendance est à mettre en mer ce qui embête à terre », estime toutefois Robin des Bois, qui note avec humour, mais non sans raison : « La mer côtière est en voie de colonisation et de privatisation. L’appropriation en est facile ; il n’y a pas de population indigènes, seulement des organismes aquatiques peu experts en matière de pétitions et de contentieux juridiques ».

 

 

Différents risques à prendre en compte

 

 

Plus sérieusement, l’association estime que le développement de ces usines maritimes peut présenter un impact avant, pendant et après la construction. Des problématiques qui ne sont pas nouvelles mais pour lesquelles il faut reconnaitre que les réponses à certaines questions semblent demeurer incertaines. « Les éoliennes offshore exposent la sécurité maritime, les oiseaux, les mammifères marins et les ressources halieutiques à des risques multiples et simultanés ». Alors que l’édification de champs éoliens en mer nécessitera la dépollution des sites, notamment en Manche, où l’on trouve au fond de la mer de nombreux vestiges explosifs (mines, bombes, obus…) de la seconde guerre mondiale, Robins des Bois affirme que « les contraintes et les garanties financières sur le démantèlement restent floues ». Et d’alerter sur différents risques pour l’environnement : « les bruits peuvent provoquer des lésions des systèmes auditifs et font fuir les mammifères marins et les poissons. Les pales et les lumières tuent des oiseaux ou des chauves-souris. Avec le redoublement des parcs éoliens offshore de grande dimension, les effets cumulatifs et transfrontaliers sur la faune marine et aviaire sont redoutés ». Robin des Bois ne ménage pas non plus les hydroliennes, parfois qualifiées de « hachoirs à poissons », une réputation dont il convient pour l’association « de vérifier si elle est justifiée ».

 

 

« Un bilan global dans ces filières et un renforcement de leur régime juridique »

 

 

Alors que les projets de parcs hydroliens émergent tout juste, le mouvement est déjà lancé pour l’éolien offshore. L’an dernier, les consortiums emmenés par EDF et Areva ont été retenus pour implanter quatre champs en Atlantique et Manche (Guérande, Saint-Brieuc, Courseulles-sur-Mer, Fécamp), dans le cadre d’un premier appel d’offres, une nouvelle consultation pour deux sites supplémentaires (Noirmoutier/île d’Yeu et Le Tréport) ayant été lancée début janvier. Malgré les assurances fournies par les industriels, qui ont mené d’importantes études d’impact et continuent de travailler sur le sujet, Robin des Bois demeure dubitatif, pour ne pas dire très méfiant. C’est pourquoi l’association réclame que l’Etat engage « un bilan global du fait et du faisable dans ces filières et un renforcement de leur régime juridique dès le stade expérimental ». « L’examen objectif des coûts économiques et environnementaux, des risques et des bénéfices est aussi nécessaire », affirme également l’association, qui compte mettre en lumière ce sujet à l’occasion de l’installation du CNML,  dont elle est membre. Pour mémoire, cette nouvelle instance de réflexion vise à définir les objectifs et précise les actions qu’elle juge nécessaires pour l’aménagement, la protection et la mise en valeur de la mer et du littoral. Le Conseil, qui a un rôle de proposition auprès du gouvernement et peut être saisi par celui-ci sur des questions relatives à son champ de compétence, assurera également le suivi de la mise en œuvre de la stratégie nationale de la mer et des littoraux.

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