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Rolls-Royce propose ses UT pour remplacer les Batral et bâtiments de soutien de la marine

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Rolls-Royce propose ses UT pour remplacer les Batral et bâtiments de soutien de la marine

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En mars 2006, le Service des Programmes Navals (SPN) lançait une étude technico-opérationnelle (ETO) pour le stade préparatoire du programme du bâtiment d'intervention et de souveraineté (BIS). Ce type de navire doit prendre la relève des Bâtiments de Transport Légers (BATRAL) et du patrouilleur austral Albatros, mis en service entre 1967 et 1987. Rolls-Royce s'est, immédiatement, intéressé au projet, et se positionne avec les UT Design, vendus dans le monde entier pour les services à l'offshore et le remorquage (comme l'Abeille Bourbon - UT 515). Pour assurer la relève des Batral et de l'Albatros, le groupe britannique propose une version « militarisée » de ces navires, le UT 527 : « Le Batral est une barge de débarquement. Or, le UT 527 présente une rampe arrière permettant la mise à l'eau d'embarcations. Ces navires sont, de plus, aptes à remplir des missions de remorquage, de sauvetage, de lutte contre les incendies, de lutte antipollution ou encore de transfert d'équipements », explique Stéphane Downes, directeur de Rolls-Royce Naval Marine pour la France, l'Italie, l'Espagne et l'Afrique. D'une longueur de 92.40 mètres pour une largeur de 18 mètres et un déplacement de 1800 tonnes, le UT 527 dispose d'une autonomie très importante. Le bâtiment peut, en effet, couvrir une distance de 20.000 nautiques à 16 noeuds, sa vitesse maximale étant donné à 20 noeuds (puissance propulsive de 10.600 kW). Le navire est également équipé de propulseurs d'étrave et azimutaux.

BIS : Plateforme hélicoptère et logements pour 320 passagers

Le UT 527, qui dispose d'un petit radier à la poupe, présente également une plateforme pour un hélicoptère lourd, mais pas de hangar. Pour le remorquage, sa traction au point fixe est de 130 tonnes, soit une capacité équivalente au Bâtiment de soutien, d'assistance et de dépollution (BSAD) Argonaute (UT 710) et légèrement moins importante que l'Abeille Flandres (160 tonnes). Très automatisé, le navire ne nécessite que 12 hommes d'équipage, dont trois en passerelle, mais dispose de logements importants, permettant d'accueillir 320 personnes. Basés prioritairement outremer, les BIS, qui pourraient être inscrits dans la prochaine loi de programmation militaire (2008 - 2013) devront, selon le ministère de la Défense, fournir « d'une part, les moyens de soutenir des opérations interarmées de logistique, de renseignements et de transport de troupes et de matériels, et d'autre part, les actions de souveraineté et de défense de l'Etat en mer, principalement outre-mer dans les approches maritimes et dans les zones économiques exclusives rattachées aux DOM-TOM. Ils devront également participer aux missions de soutien humanitaire de la France, notamment par le transport de matériels et de personnels ». La marine souhaite que les BIS soient capables d'accueillir, de transporter et de soutenir un sous-groupement tactique interarmées (SGTIA) ou un élément de gendarmerie équivalent à une compagnie de 120 hommes avec armement, munitions et véhicules (20 véhicules dont certains blindés). Les six unités prévues remplaceraient, entre 2013 et 2018, l'Albatros et les quatre Batral encore en service, le Champlain ayant été désarmé en 2004. Le BIS pourrait également être retenu pour remplacer les patrouilleurs du type P 400, dont le désarmement est prévu au début des années 2010.

Les BSAH pour prendre la relève des navires de soutien

Avant la fin de la décennie, la Marine nationale devra également retirer du service ses Bâtiments de Soutien de Région (BSR), Remorqueurs de Haute Mer (RHM), Remorqueurs Ravitailleurs (RR) et renouveler le dispositif de Bâtiment de Soutien, d'Assistance et de Dépollution (BSAD), actuellement assuré sous le régime de l'affrètement. Le comité interministériel d'avril 2003 avait confirmé la nécessité de disposer de navires polyvalents, une directive relative à l'élaboration d'un schéma directeur pour l'action de l'Etat en mer étant signée en septembre 2004 par le premier ministre. Le projet définitif de ce schéma directeur, dans lequel les futurs Bâtiments de soutien et d'assistance hauturiers (BSAH) figurent, est prêt à être validé à l'occasion du prochain Comité Interministériel de la MER (CIMER).
Selon les voeux de la délégation générale pour l'armement (DGA), les BSAH devront pouvoir assurer des remorquages, des assistances à des bâtiments en proie à un incendie ou une voie d'eau, des missions de ravitaillement et de sauvetage. Ils devront également être capables d'assurer le soutien d'un bâtiment nucléaire en escale, sous-marin ou porte-avions, de repêcher des torpilles d'exercice, d'accompagner les forces en opération, de mener des missions de police, de remorquage, de lutte contre des pollutions ou encore d'assurer l'ancrage, le relevage et l'entretien des coffres. Par ailleurs, les BSAH doivent pouvoir mettre en oeuvre le système d'aide aux sous-marins en perdition « Newsuit » et le futur sous-marin de sauvetage NSRS (Nato Submarine Rescue System), conçu par Rolls-Royce et dont la mise à l'eau interviendra en Ecosse l'an prochain. C'est donc un panel de missions extrêmement polyvalent que souhaite le ministère de la Défense pour ces nouvelles unités. « Qu'il s'agisse de fonctions militaires ou civiles, les solutions techniques pour y répondre apparaissent très similaires : croc de remorquage, capacités de levage, plateforme d'emport etc. Le type de navire nécessaire existe sur le marché dans la catégorie connu sous le nom de supply vessels », souligne-t-on à la Marine nationale. Une demande d'information a été envoyée aux industriels en octobre 2004, une dizaine de réponses étant reçues jusqu'ici. Là encore, Rolls-Royce se positionne avec un UT, le UT 512. D'une longueur de 83 mètres pour une largeur de 15.5 mètres et un déplacement de 1500 tonnes, ce bâtiment peut atteindre 18.5 noeuds grâce à une puissance propulsive de 8000 kW. Equipé d'un système de positionnement dynamique, il dispose d'une grue sur la plage arrière, de système de lutte contre les incendies et la pollution et de deux embarcations rapides pour 8 personnes. Des pièces d'artillerie peuvent être installés, notamment un canon de 30 ou 40 mm sur la plage avant.

Deux flottes de BSAH et un financement innovant

Selon le souhait de la DGA et de la marine, le programme BSAH pourraient impliquer un financement innovant, à savoir une acquisition patrimoniale pour la moitié des 8 navires prévus. Ces quatre unités, dites « flotte de complément », viendraient renforcer, en cas de besoin, la « flotte socle », ou « flotte militaire », et constituer une Capacité d'Intervention à la Demande (CID). Placés sous autorité militaire le temps de l'opération, ces bâtiments resteraient armés par les équipages d'un partenaire privé et seraient dévolus aux missions de servitude portuaire et côtière, ainsi que de la tenue d'alerte. Cette composante potentiellement civile verrait son volume adapté au cours de l'année, en fonction de l'activité programmée. Pour Stéphane Downes : « Nous sommes en discussion depuis plus de trois ans avec la France pour le développement de ces solutions de financement. Rolls-Royce a, en effet, une solide expérience du financement innovant, notamment dans l'aéronautique au travers du FSTA britannique (Future Strategic Tanker Aircraft, ndlr) ». Du côté de la Marine nationale, on explique qu'un « groupe de travail a été créé en mars 2005 afin d'étudier l'intérêt de recourir à un partenariat d'état (CPE). Cet intérêt a été confirmé par le rapport d'analyse préliminaire présenté en septembre 2006. L'évaluation préalable qui débute doit maintenant permettre de comparer les différentes options possibles ». Suite à ces travaux, le programme pourrait être lancé à l'automne 2007 après le choix du modèle retenu. La mise sur cale du premier BSAH est espérée en 2009 pour une livraison à partir de 2011.

Rolls-Royce Marine nationale Euronaval 2006