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Rouen doit s'intégrer au coeur de la stratégie d'axe d'Haropa

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Rouen doit s'intégrer au coeur de la stratégie d'axe d'Haropa

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Le 13 juin, pendant l’Armada de Rouen, Haropa Port de Rouen a réuni les professionnels de la chaîne logistique pour expliquer la place qu'il peut jouer dans la chaîne logistique conteneurisée. Un article d'Hervé Deiss, de Ports et Corridors.

« Rouen n’est pas une friche portuaire », nous a confié un responsable du port en réponse aux allégations tenues par Alain Cazorla sur notre site. Le port de Rouen a un rôle à jouer, même si aujourd’hui les navires des lignes maritimes escalent aux quais havrais. « Le site de Rouen est au cœur du système d’Haropa sans subir de saturation de ses quais et disposant de foncier. Nous devons trouver notre modèle économique pour devenir un acteur dans la chaîne logistique conteneurisée », a souligné Pascal Gabet, président du directoire du GPM de Rouen.

Un appel lancé lors de la réunion des professionnels portuaires le 13 juin, en plein cœur de l’Armada. « Nous sommes passés d’un système de port bâtisseur à celui de port entrepreneur, a rappelé Laurent Folope, directeur commercial et marketing d’Haropa. Nous devons nous orienter vers les attentes du marché. » Depuis la création d’Haropa en 2012, de nombreux armateurs ont fait le choix de transférer les escales de Rouen au Havre. Les conteneurs sont ensuite acheminés sur la zone logistique de Rouen par barge. Un processus qui n’est pas un handicap pour les responsables de Rouen. « Dans un contexte de corridor, il faut ouvrir Rouen au monde », a souligné le directeur commercial d’Haropa qui ajoute que le site offre de nombreux atouts logistiques dans la chaîne logistique conteneurisée. En premier lieu sa position au cœur du corridor Haropa lui confère une position de choix avec des connexions terrestres sur l’ensemble de la France. Ensuite, le terminal à conteneurs de Rouen a mis en place un système de franchise pour le stationnement des conteneurs de 18 jours. « Il s’agit d’un atout intéressant pour les transitaires et les clients finaux d’avoir cette latitude pour le stockage », a continué Laurent Folope.

Pour le directeur commercial et marketing d’Haropa la place rouennaise tend vers le Smart Port. « Nous avons des liaisons fluviales et ferroviaires. Même si aujourd’hui la part modale des modes massifiés n’est que de 14%, nous devons inciter les clients du port à regarder ces modes. » L’environnement à Rouen est aussi la mise en place d’atouts pour les clients comme des réductions de droits de ports pour les navires les plus écologiques, des branchements électrique à quai dans certains terminaux d’Haropa. « Et nous réfléchissons à l’utilisation de GNV et de GNL pour tous les engins. Nous avons créer un site pour la valorisation des sédiments sur notre port que nous avons utilisé lors des opérations d’approfondissement du chenal d’accès ».

« Rouen est la rotule où se retrouvent la manutention et la commission de transport »

Le Smart Port est aussi le passage au digital. « Nous ne devons pas louper le virage du 4.0 dans le portuaire. C’est essentiel de pouvoir partager les données pour devenir un véritable port connecté ». Déjà, Rouen et les autres ports d’Haropa travaillent avec la Soget qui développe un Port Community System et un Cargo Community System qui aide les chargeurs et les expéditeurs.

Des ambitions pour la place rouennaise que les clients mettent déjà en place. « Rouen est la rotule où se retrouvent la manutention et la commission de transport. Nous l’avons compris depuis longtemps en alignant une liaison fluviale du Havre vers Rouen depuis 2008 », a rappelé Guillaume Vidil, directeur général de Marfret pour qui le port est devenu une « place avancée pour l’Ile de France ». Marfret a passé le cap du fluvial en 2008. L’armateur marseillais devrait franchir une nouvelle étape en devenant un opérateur ferroviaire. « Nous avons passé 10 ans à devenir opérateur fluvial. Avec l’accompagnement d’Haropa et en partenariat avec Europorte et Touax, nous allons devenir opérateur ferroviaire dès le 1er septembre en créant une ligne entre Rouen et Bonneuil sur Marne », a continué Guillaume Vidil. Plaidant pour sa paroisse, le directeur général de Marfret propose que les sommes prévues d’investir dans la châtière de Port 2000 soient plutôt dédiées à des travaux sur la logistique.

L’ambition du directeur commercial d’Haropa vise à développer des flux est-ouest sur la place rouennaise. « Il faut développer les importations depuis le continent asiatique tout en conservant nos activités traditionnelles sur les flux nord/sud », soutien Laurent Folope. Une solution que partage Paul Bernard, directeur régional de Bolloré Logistics. « Rouen est dans le plan de transport national et européen du groupe. Rouen dispose toujours d’atouts non négligeables même si les armateurs massifient au Havre. » Pour le représentant du groupe Bolloré, le potentiel du port de Rouen est avant tout à chercher du côté des importations pour offrir aux chargeurs des délais d’approvisionnement plus courts. Pour les exportateurs, le chargement doit se faire au plus proche de leurs lieux de production et Dans ce cas, Rouen n’est pas une place facile à commercialiser, reconnaît Paul Bernard.

Rouen est face à un défi de reconnaissance. « Il faut aller chercher les marchandises qui passent ailleurs, comme une partie du cacao qui part à Anvers. Nous devons proposer des solutions. En organisant cette rencontre nous voulions avant tout montrer que Rouen dispose de nombreux atouts et mobiliser nos clients pour que le site entre pleinement dans la logistique conteneurisée », a conclu le président du directoire du GPM de Rouen, Pascal Gabet.

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