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Rouen : Le discours du président de l’UPR à l’occasion des vœux

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Ci-dessous le discours prononcé par Philippe Dehays, président de l’Union Portuaire Rouennaise, lors de la présentation de ses vœux, qui s’est déroulée le jeudi 11 janvier 2018, dans les locaux de l’UPR. Il y revient sur les évènements marquants de 2017 et les perspectives pour cette nouvelle année :

 

"Chers adhérents, Chers invités, Chers amis,

Merci de votre présence nombreuse. Au-delà d’être, je pense pour chacun d’entre vous, un agréable moment de convivialité, je crois pouvoir dire que cette manifestation annuelle, à l’UPR, constitue une démonstration de la cohésion de notre place portuaire et de sa capacité à susciter l’intérêt de son environnement.

Je suis fier de signaler ce soir la présence de mes homologues des autres places portuaires, celle du Havre, en la présence de Michel SEGAIN – celle de Paris, Monsieur Olivier JAMEY et surtout celle de l’UMEP à Degrad des Cannes qui a fait tout ce voyage pour nous ou presque, Monsieur Philippe YSNEL.

Je profite aussi de cette manifestation pour remercier en public le Président de la Bourse de Commerce de Rouen, présent ce soir, Monsieur Stéphane MENARD, qui nous fait l’honneur d’avoir choisi l’Union Portuaire Rouennaise pour l’organisation de la Bourse Européenne des céréales qui se déroulera en novembre à Rouen.

Monsieur le Président du Conseil de Surveillance du Grand Port Maritime de Rouen, Frédéric HENRY

Monsieur le directeur général du Grand Port Maritime de Rouen, Nicolas OCCIS, et Président d’Haropa pour 2018

Monsieur le directeur interrégional des douanes, Monsieur BALZAMO,

Monsieur le Président du MEDEF ROUEN METROPOLE, Yves KEROUEDAN

Mon cher Patrick HERR, qui va encore nous épater l’année prochaine pour l’ARMADA 2019,

Messieurs les Présidents, Messieurs les directeurs, Mesdames et Messieurs, …

Au nombre des absents ce soir, je souhaite excuser tout particulièrement M. RICHARD, Directeur Régional des Douanes, en instance d’affectation à Basse Terre.

Par son implication personnelle, il a fortement contribué au climat apaisé mais constructif qui prévaut dans les relations à ROUEN entre l’Administration des Douanes et les opérateurs.

Bien sûr, les textes restent ce qu’ils sont et c’est à l’UPR, parmi d’autres, qu’il appartient de militer pour les faire évoluer, bien sûr il y aura toujours des agents au zèle excessif, nuisible et somme toute, incompréhensible.

Il reste que d’avoir à la tête d’une administration un interlocuteur à l’écoute constitue un atout.

Le Président d’ASPIC, que je suis par ailleurs, sait aussi le soutien qui a été celui de M. RICHARD en certaines circonstances.

Merci aux représentants de la Douane présents ce soir de se faire notre interprète auprès de M. RICHARD.

Je note au passage que le même compliment pourrait être fait à M. BERG, DREAL, également empêché ce soir, Janvier est si chargé en cérémonies de voeux - , mais lui est toujours en fonction dans notre Région et a d’ailleurs plusieurs fois exprimé son attachement à notre territoire.

Autre absent que je salue à distance, Jean-Pierre SCOUARNEC, Président de l’UNION SYNDICALE DE L’ARMEMENT ET DES AGENTS A ROUEN, participant très actif à nos différentes structures, entrepreneur hyperactif à ROUEN, BOULOGNE, DUNKERQUE et ailleurs. A l’occasion de l’un de ses trajets, un accident sérieux lui est arrivé. Sa convalescence est progressive et plus longue que prévue, je lui adresse un salut amical.

2017 quelle année !

Si à MARSEILLE, une sardine peut bloquer le vieux port, c’est à ROUEN, un navire de 290 mètres de longueur qui a failli nous jouer ce tour pour commencer l’année !

Notre communauté portuaire a su démontrer, par sa capacité à unir ses compétences – GPMR, services de l’Etat, acteurs portuaires – qu’il en fallait bien davantage pour nous arrêter. Nous en avons vu d’autres et nous savons que l’adversité rend fort.

2017 quelle année !

Avec la nécessité de finir d’exécuter sur le premier semestre une campagne céréalière calamiteuse, comme on en n’avait jamais connu, qu’il s’agisse de qualité ou de quantité.

Enfin 2017 quelle année !

Débutée quelques semaines après que l’Etat ait annoncé, qu’à présent et en progressant sur 2 années, il honorerait dans l’ensemble des Grands Ports Maritimes ses obligations légales de financement de l’entretien des accès maritimes, qu’il s’agisse ici d’écluse, où là de dragage.

Depuis des années, l’UPR dénonçait la carence de l’Etat, bien seule à le faire !

Le sujet est d’importance, il s’agit de 9 millions à rapporter à des droits de port d’environ 35 millions !

Jamais, le Conseil de Surveillance du GPMR, pas plus qu’avant lui, le Conseil d’Administration du Port Autonome de ROUEN, n’a adopté une délibération dénonçant cette infamie d’un Etat qui ne paie pas ce qu’il doit et réclame au surplus 35 % des résultats en dividendes ! Il est vrai que la composition des organes de gouvernance des établissements publics portuaires est sous contrôle et conçue à dessein ! j’y reviendrai.

La promesse de l’Etat – novembre 2016 – nous avait rendus joyeux !

Elle n’a été, en 2017, tenue qu’à moitié et tout porte à croire qu’il en sera de même en 2018.

Alors, nous ne sommes qu’à demi-joyeux !

Ne boudons cependant pas notre plaisir. Le Grand Port Maritime de ROUEN est le seul à avoir publié, au 1er janvier 2018, un tarif à la baisse. C’est une première et nous voulons croire que ce n’est que l’amorce d’une démarche qui va s’accentuer à l’avenir.

Nous imaginons aussi que nos homologues des autres ports français, dont certains sont présents dans cette salle, sauront eux aussi, se mobiliser pour une même démarche vertueuse.

 

J’utilisais dans les mêmes circonstances l’an passé la formule « ROUEN Port low cost », c’est probablement une approche que nous devons avoir.

Je salue au passage la mobilisation des prestataires portuaires aux navires – pilotage – remorquage – lamanage – pour leur mobilisation en faveur d’une amélioration du service accompagnée d’une maîtrise des coûts.

Là aussi, la comparaison des évolutions tarifaires, observées au 1er janvier 2018, est clairement favorable au port de ROUEN.

C’est un passage obligé ; merci à tous des efforts consentis !

Alors, et 2018 ? quelle année !

Le Port de ROUEN, dans une région agrandie – la Normandie – avec un Président qui déclare sa flamme pour les ports et sa volonté de faire des activités maritimes et portuaires l’un des 3 axes principaux du développement économique.

Le Port de ROUEN, dans un pays dont le chef du gouvernement, nouvellement nommé, ne veut pas rester en reste et qui – légitime pour avoir été édile d’une ville portuaire – affirme, lui aussi, sa volonté de faire changer les choses pour un avenir meilleur des ports français, de leurs entreprises, de leurs salariés.

Les consultations sont en cours ; l’UPR y est associée, tant en direct qu’en collaboration avec ses homologues de l’Axe Seine, au sein de la FCPAS.

Notre discours qui déplaisait tant, dénonçant le déclin en termes de parts de marché de l’ensemble des ports français, a enfin été repris puis entendu. Nous reste l’étiquette de « déclinistes ». Qu’importe ! 6

Le message a été entendu, acte a été donné que le statu quo était mortifère, une réforme doit intervenir.

Nous avons notamment plaidé à l’UPR pour que d’une part, les collectivités locales – principalement la Région – soient mieux associées aux instances de gouvernance - et réclamé aussi une plus grande place faite aux acteurs du secteur privé.

Nous avons enfin insisté sur la nécessité de privilégier dans le choix des hommes, les profils de développeur et pour tout dire, de commerciaux, avec la capacité de s’enthousiasmer, de se passionner, de mobiliser que cela suppose.

Si le principe du changement est acquis, celui de sa nature et de son importance n’est pas encore défini. Restons par conséquent mobilisés, sinon circonspects, mais formons un voeu puisque c’est la circonstance :

Qu’au regard de la réforme, dont nous aurons connaissance prochainement et qui devra être mise en oeuvre dans les prochains mois, nous puissions l’an prochain affirmer que nous sommes joyeux ou tout au moins à demi-joyeux !

Cela signifiera que les choses auront bougé, bougent ou bougeront.

C’est plus qu’un voeu en fait, c’est une exigence !

Avant de conclure, il est un point sur lequel je souhaite insister, en particulier parce qu’il justifie notre revendication d’être mieux représenté dans les instances de gouvernance du GPMR et d’une structure à l’échelle de l’Axe Seine – je veux parler des instances décisionnelles et non des seules instances consultatives.

C’est l’importance des investissements réalisés par les entreprises que nous regroupons : pour réaffecter d’anciennes installations industrielles (PETROPLUS), pour une plate-forme multimodale dédiée à la logistique SEVESO, pour produire et expédier des engrais, pour aménager des quais, approfondir des souilles, acquérir de nouveaux outils de stockage ou de manutention.

Ces investissements portent sur toutes les filières, des moins nobles aux plus sophistiquées ; Ils sont portés par tous les profils d’entreprise, PME locales ou multinationales.

Tout le monde ne peut pas se tromper en même temps !

Je forme le voeu que ces investissements se poursuivent. Les entreprises qui ont des projets savent que l’UPR est à leur côté pour les aider à les faire aboutir et contribuer à créer un environnement favorable à leurs réalisations.

J’évoquais, en commençant, le plaisir que chacun prenait à se retrouver à l’UPR, gage de notre cohésion de place portuaire.

C’est lié au fait que beaucoup, parmi vous, ont un bout de leur histoire à l’UNION PORTUAIRE ROUENNAISE et plus précisément au Centre de Formation de l’UPR. C’est un honneur de savoir même que plusieurs entreprises adhérentes sont dirigées et pour certaines d’entre elles ont même été créées par d’anciens stagiaires de notre Centre de Formation.

Il faut que cela se perpétue. Pour cela, il convient que chacun d’entre nous qui se sent concerné soit un ambassadeur dans son réseau relationnel, professionnel, amical, sportif, de voisinage pour convaincre des jeunes de l’intérêt de venir suivre une formation au Centre de Formation de l’UPR.

Paradoxalement en effet, en dépit des emplois qui sont quasi-systématiquement offerts en sortie de formation aux stagiaires ayant satisfait à nos exigences, nous avons chaque année des difficultés à recruter.

C’est sans doute que les métiers portuaires ne jouissent pas d’une bonne image de marque. Tous autant que nous sommes, passionnés par les métiers qui sont les nôtres, sachant convaincre et efforçons-nous d’être agents recruteurs pour notre Centre de Formation.

Isabel DELESTRE, la nouvelle Directrice Pédagogique, est disponible pour vous délivrer l’argumentaire éventuellement nécessaire et surtout recevoir les candidats que vous saurez convaincre de venir vers nous.

Après ce discours officiel, je voudrais, comme je le fais chaque année, remercier les équipes du 66 sous la direction de Monsieur HEBERT, pour leur travail et leur dévouement au quotidien.

Nous aurons un séminaire dans quelques semaines pour réfléchir à ce que doit être l’UPR demain et, bien évidemment, y intégrer une nouvelle génération. Cela est très important pour moi.

Et enfin que cette année 2018 vous préserve, ainsi que tous vos proches.

Avec la santé, qu’elle vous offre le succès dans tous vos projets personnels ou professionnels, une activité soutenue et profitable dans vos entreprises.

C’est ce que je vous souhaite de tout coeur".