Vie Portuaire
Rouen : Le dragage de la Seine va débuter

Actualité

Rouen : Le dragage de la Seine va débuter

Vie Portuaire

Quatre ans après le lancement du projet, le chantier d'amélioration des accès nautiques du Grand Port Maritime de Rouen va pourvoir débuter. Le GPMR a, en effet, été autorisé par les préfets des régions Haute-Normandie et Basse-Normandie, ainsi que des départements de la Seine-Maritime, du Calvados et de l'Eure, a lancer les travaux. L'objectif est de permettre aux navires marchands, dont la taille est toujours en croissance, de pouvoir continuer à accéder aux terminaux rouennais. La première tranche des travaux va être engagée dans les jours qui viennent, entre l'embouchure de la Seine et Port-Jérôme, avec la mise en oeuvre d'une drague. Ainsi, en juin 2012, les navires présentant un tirant d'eau maximal de 11.7 mètres pourront naviguer sur cette partie du chenal en Seine. L'ensemble du fleuve ne sera pas dragué, le chantier portant en fait sur l'arasement des points hauts.
Le groupement d'entreprises belgo-français SDI-EMCC (Société de Dragage Internationale-Entreprises Morillon-Corvol et Courbot) a été choisi, après un appel d'offres européen lancé en juin 2010, pour réaliser cette première tranche, dite « estuaire-Port-Jérôme », au moyen de la flotte de dragage du groupe belge DEME (Dredging, Environnemental and Marine Engineering).

Un chantier de 185 millions d'euros s'étalant jusqu'en 2015

Pour mémoire, l'enquête publique sur le projet déposé par le Grand Port Maritime de Rouen pour obtenir l'autorisation administrative de procéder aux travaux d'amélioration de ses accès maritimes s'est déroulée du lundi 28 mars 2011 au vendredi 29 avril 2011. Cet automne, les commissaires enquêteurs et les trois Conseils départementaux de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) ont émis des avis favorables au projet.
Inscrit au Schéma National des Infrastructures de Transport (SNIT) pour un montant total de 185 millions d'euros, le programme d'amélioration des accès maritimes du port de Rouen s'étalera jusqu'en 2015. Il verra, sur 120 kilomètres, l'arasement des points hauts du chenal, d'Honfleur à Rouen. Ce chenal est éloigné de 40 à 190 mètres des berges du fleuve. En pratique, 40 centimètres en moyenne, sur quelque 17% de la surface du fleuve, doivent être dragués entre Tancarville et Rouen, et à l'aval de Tancarville, sur environ 10% de la partie endiguée de l'estuaire. L'objectif pour le GPMR n'est pas d'accueillir des navires de plus de 300 mètres de long mais, en offrant un mètre de tirant d'eau supplémentaire, de pouvoir accueillir des vraquiers de 43.000 à 58.000 tonnes de port en lourd, de plus en plus présents dans les flottes des armateurs. Cet enjeu est économique puisqu'il doit permettre au port de Rouen de gagner à terme près de 10 millions de tonnes de trafic par an, ce gain représentant de l'ordre de 40% d'activité supplémentaires d'ici 2020. Pour le port, l'enjeu est également écologique, sachant qu'un navire de 50.000 tonnes transporte autant de marchandises que 2000 camions.

Recyclage et valorisation des matériaux dragués

Les matériaux de dragage extraits dans le cadre de ce chantier seront recyclés et/ou valorisés. Le projet prévoit l'immersion sur le site du Kannik d'environ 2.5 millions de m³ de sédiments marins dragués dans le chenal de navigation en estuaire à l'aval de Tancarville, de même caractéristiques physico-chimiques que les sédiments de dragage d'entretien (qui représentent quant à eux de 4 à 4.5 millions de m3 par an). Il est, par ailleurs, prévu de recycler et valoriser 3.5 millions de m³ de sédiments dragués dans le chenal amont, de Tancarville jusqu'à Rouen. 2 millions de m³ de matériaux tout-venant et sableux seront valorisés dans la filière du bâtiment-travaux publics ; les contrats ayant été finalisés fin 2009. Enfin, 1.5 million de m³ de matériaux limoneux sera utilisé pour le comblement de ballastières et pour la restauration de milieux humides et de paysages.

Port de Rouen