Vie Portuaire
Rouen : Les pilotes de la Seine à la manoeuvre

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Rouen : Les pilotes de la Seine à la manoeuvre

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C'est un bel exemple du savoir-faire dont dispose les pilotes de la Seine. Nous revenons aujourd'hui, avec de très belles images signées Eric Houri, sur une manoeuvre impressionnante, qui s'est déroulée à Rouen. Début février, le port a reçu le plus gros vraquier de son histoire, le China Steel Responsibility. Long de 289,40 mètres, ce mastodonte affichant un port en lourd de 175.775 tonnes était venu décharger quelques 57.000 tonnes de charbon au terminal de Grand-Couronne. Une fois la cargaison débarquée, le navire devait faire demi-tour pour descendre le fleuve et regagner le large. Une manoeuvre au « chausse-pieds », comme en témoignent les photos aériennes, réalisée par les pilotes de la Seine.

Le China Steel Responsibility à Rouen (© : MER ET MARINE - ERIC HOURI)
Le China Steel Responsibility à Rouen (© : MER ET MARINE - ERIC HOURI)

Le China Steel Responsibility évite à Rouen (© : MER ET MARINE - ERIC HOURI)
Le China Steel Responsibility évite à Rouen (© : MER ET MARINE - ERIC HOURI)

Le China Steel Responsibility évite à Rouen (© : MER ET MARINE - ERIC HOURI)
Le China Steel Responsibility évite à Rouen (© : MER ET MARINE - ERIC HOURI)

Le China Steel Responsibility évite à Rouen (© : MER ET MARINE - ERIC HOURI)
Le China Steel Responsibility évite à Rouen (© : MER ET MARINE - ERIC HOURI)

« Ce vraquier représente le maximum que nous pouvons traiter, eu égard à sa longueur, la zone d'évitage disponible et le chenalage », explique Jean-Marc Vintrin, président de la station de pilotage de la Seine. Réaliser au milieu d'un fleuve un demi-tour à une telle masse n'est pas une mince affaire. « La manoeuvre nécessite une grande précaution. L'escale est préparée à l'avance et il y a des conditions de fixées. En Seine, nous devons en effet composer avec des phénomènes, comme l'arrivée de flots (mascaret engendré par les marées, ndlr). Avec un navire faisant 45 mètres de large, il y a une grosse emprise en rivière. C'est pourquoi nous avons des créneaux d'accueil. Il faut jouer avec les marées pour avoir le meilleur placement du navire avec son tirant d'eau, de manière à entrer et sortir avec le plus de sécurité ».

Le China Steel Responsibility évite à Rouen (© : MER ET MARINE - ERIC HOURI)
Le China Steel Responsibility évite à Rouen (© : MER ET MARINE - ERIC HOURI)

Le China Steel Responsibility à Rouen (© : MER ET MARINE - ERIC HOURI)
Le China Steel Responsibility à Rouen (© : MER ET MARINE - ERIC HOURI)

Aidé par les remorqueurs, le China Steel Responsibility a effectué sa manoeuvre au bassin de Rouen-Quevilly, zone d'évitage du port de Rouen. Impressionnante, l'opération est assez longue. « Il faut compter 3 heures pour amener le navire et le tourner », précise Jean-Marc Vintrin. « C'est un gros bébé et la manoeuvre portuaire se déroule dans une zone exigüe de 340 mètres. Cela ne laisse que 40 mètres derrière le navire et 20 mètres devant ». Comme pour tout bateau de plus de 240 mètres, deux pilotes étaient à bord. Afin de sécuriser l'opération, un troisième était présent pour mettre en oeuvre un PPU (Portable Pilot Unit), outil électronique de positionnement par GPS permettant de mesurer les mouvements très lents, imperceptibles à l'oeil nu.

Les pilotes sur le China Steel Responsibility (© : MER ET MARINE - ERIC HOURI)
Les pilotes sur le China Steel Responsibility (© : MER ET MARINE - ERIC HOURI)

Les pilotes sur le China Steel Responsibility (© : MER ET MARINE - ERIC HOURI)
Les pilotes sur le China Steel Responsibility (© : MER ET MARINE - ERIC HOURI)

Larguant les amarres à 6H30 du matin, le vraquier a fini de pivoter à 11H pour se présenter à la descente 3 heures plus tard. Mais le rôle des pilotes ne s'arrête pas là. En effet, il faut ensuite conduire les vraquiers jusqu'à l'embouchure, en empruntant le chenal qui suit les méandres de la Seine. Il s'agit d'une navigation précise qui requiert une parfaite connaissance du fleuve et de ses écueils. Et ce transit ne se fait pas « en cinq minutes », puisque 130 kilomètres séparent Rouen de la mer. Partant du port à la marée descendante, le China Steel Responsibility ne sera en vue du large qu'à 19 heures, au terme d'une journée où les pilotes ont inscrit un nouveau record à leur palmarès.
En tout, la station (qui gère aussi Caen et Dieppe) compte 58 pilotes, 7 vedettes pour servir la Seine (dont deux pilotines de relèves à Caudebec-en-Caux) et deux autres pour Caen et Dieppe.
L'an dernier, les terminaux rouennais ont accueilli 3363 escales de navires, soit près de 23 millions de tonnes de trafic maritime. Aujourd'hui, des vraquiers chargés à 70.000 tonnes peuvent remonter jusqu'à Rouen mais, avec le projet de dragage du chenal, le tirant d'eau sera porté de 10.3 mètres à 11.3 mètres, permettant l'accueil de cargaisons de 90.000 tonnes. Les navires pourront également utiliser une nouvelle zone d'évitage plus large, située en bas du port.

Le China Steel Responsibility descendant la Seine (© : MER ET MARINE - ERIC HOURI)
Le China Steel Responsibility descendant la Seine (© : MER ET MARINE - ERIC HOURI)

Port de Rouen