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Royal Caribbean annule ses embarquements à Toulon en 2014

La compagnie américaine Royal Caribbean International a décidé de ne pas reconduire Toulon comme tête de ligne en 2014. Le paquebot Liberty of the Seas, qui embarquait des passagers depuis l’an dernier dans le port varois, est repositionné à Marseille (pour des croisières d’une semaine avec escales à Villefranche-sur-Mer, La Spezia, Civitavecchia, Naples et Capri). « C’est une décision stratégique qui s’inscrit dans le cadre du redéploiement de la flotte en Europe », explique-t-on chez RCI. La compagnie a, en effet, décidé de réduire une nouvelle fois sa capacité en Europe, où elle ne positionnera plus que 8 paquebots l’an prochain, contre 9 cette année et 12 l’an dernier. « La compagnie s’internationalise, dans le sens où elle devient moins binaire entre l’Europe et les Caraïbes pour se développer sur des marchés en forte croissance, comme l’Asie, l’Australie et l’Amérique latine ». La Méditerranée est la principale zone de retrait, avec quatre paquebots seulement prévus en 2014 (Liberty, Splendour, Navigator et Serenade) contre six cette année. En revanche, RCI se renforce en Europe du nord, le marché des croisières vers la Baltique et la Scandinavie étant en plein essor. C’est pourquoi elle déploiera dans cette région quatre paquebots l’an prochain (Independence, Adventure, Brillance et Legend), soit un de plus qu’en 2013. On notera par ailleurs qu’il s’agit pour les deux premiers de grosses unités de classes Freedom et Voyager, dotées respectivement de 1500 et 1800 cabines. Le déploiement de bateaux d’une telle capacité est révélateur de la croissance du marché dans ce secteur.

 

Marseille, logiquement retenue comme tête de ligne

 

Le choix de RCI de quitter Toulon (La Seyne-sur-Mer en fait) pour rejoindre Marseille n’est, en fait pas étonnant. Certes, la rade varoise est magnifique et les acteurs locaux font beaucoup d’efforts pour y développer l’activité croisière,  mais Toulon ne peut guère rivaliser avec à Marseille en termes d’infrastructures pour les pré et post-acheminements. Or, pour les compagnies, il s’agit de la principale exigence après bien évidemment la capacité d’un port à recevoir les paquebots et leurs passagers dans de bonnes conditions. Avec sa ligne de TGV offrant des liaisons directes et rapides avec Paris et Lyon, ainsi que son aéroport international disposant de nombreuses lignes régulières et low cost vers la quasi-totalité des grandes villes de l’Hexagone, ainsi que son terminal croisière moderne, Marseille dispose d’un ensemble d’atouts qui en font logiquement une grande tête de lignes. Royal avait ces deux dernières années opté pour Toulon plutôt que Marseille, essentiellement pour des problèmes d’accès nautiques. Compte tenu de la grande taille de ses paquebots, la compagnie et ses commandants rechignaient à emprunter l’étroite passe nord du port phocéen à cause des caprices du Mistral, alors que la rade de Toulon est accessible quelque soient les conditions météo. Mais les pilotes marseillais, grâce à leur simulateur, ont convaincu que, la plupart du temps, l’entrée des navires était possible, surtout lors de la saison estivale. De plus, le Grand Port Maritime de Marseille a décidé d’élargir la passe nord, le chantier devant être achevé en 2016. Dès lors, les problèmes d’accessibilité seront levés et, entre temps, les bassins phocéens disposeront de nouveaux terminaux, ainsi que de la remise en service de la forme 10, énorme cale sèche qui sera proposée à compter de 2015 aux armateurs pour les arrêts techniques et refontes de leurs paquebots.

 

L’activité devrait poursuivre sa croissance dans le Var

 

Premier port français pour la croisière, avec plus d’un million de passagers attendus en 2013, Marseille cumule donc de nombreux avantages pour asseoir sa position de port d’embarquement. Ce qui explique le retour de RCI, qui a déjà augmenté ses départs de Marseille cette année tout en se maintenant à Toulon. En se concentrant l’an prochain sur un unique port français en tête de ligne pour la Méditerranée, la compagnie américaine va pouvoir clarifier son offre et faciliter le développement de différents services. Pour la suite, elle n’a pas encore pris de décision pour 2015. Certes, Toulon espère voir revenir ce précieux client. Mais, si cette perspective demeure possible, les chances paraissent minces. Surtout si RCI décide de déployer en 2015 un géant de classe Oasis of the Seas en Méditerranée et que Marseille, au-delà de ses infrastructures d’accueil des passagers, parvient à convaincre l’armateur d’effectuer l’arrêt technique du paquebot dans la forme 10.

Reste que le Var, même avec la perte de Royal, devrait voir la croisière poursuivre sa croissance à Toulon et La Seyne-sur-Mer, où le trafic (310.000 passagers en 2012, +40% par rapport à 2011) est avant tout constitué par les paquebots effectuant de simples escales. Le grand projet de réaménagement du port toulonnais, avec notamment un nouveau quai de 400 mètres donnant directement accès au centre-ville, n’est donc pas uniquement valable pour les têtes de lignes. S’il est en mesure de convaincre plus facilement des compagnies d’embarquer des passagers ou de faire escale, il permettrait de toute manière de renforcer les capacités d’accueil d’un port dont les infrastructures sont en voie de saturation. La pertinence de ce projet n’est donc pas remise en cause.

Royal Caribbean Ports de Toulon et La Seyne-sur-Mer Port de Marseille