Construction Navale
Royal IHC : des dragues de canaux hollandais à l’offshore deepsea

Reportage

Royal IHC : des dragues de canaux hollandais à l’offshore deepsea

Construction Navale

Le plus grand slipway couvert d’Europe se trouve à Krimpen aan den Ijssel, dans la banlieue de Rotterdam. Construit en 2007, il peut accueillir la construction de navires jusqu’à 240 mètres de long et 38 mètres de large. Ce grand hangar, qui a un accès direct à la mer via le port de Rotterdam, appartient au groupe de construction navale Royal IHC, un des fleurons actuels de l’industrie néerlandaise, qui emploie près de 3000 personnes réparties sur six sites aux Pays-Bas et près d’une dizaine de pays dans le monde.

 

Le slipway de Krimpen aan den Ijssel (MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)

Le slipway de Krimpen aan den Ijssel (MER ET MARINE- CAROLINE BRITZ)

 

« Royal », depuis qu’il a été distingué par la couronne néerlandaise en 2014, le groupe IHC Merwede est issu de la fusion en 1992 de deux entreprises centenaires : IHC et Merwede. Comme beaucoup de chantiers situés le long des labyrinthes des canaux sillonnant les Pays-Bas, ils étaient, depuis toujours, spécialisés dans les dragues. Un savoir-faire local, reconnu depuis dans le monde entier : après les petites unités qui entretenait les canaux hollandais, les Néerlandais construisent désormais les mastodontes qui creusent le canal de Panama ou les immenses complexes immobiliers aux Emirats Arabes Unis.

Dans ce domaine, IHC Merwede est toujours un des leaders mondiaux et le dragage hauturier et portuaire représente une part significative de son carnet de commande. Mais le groupe, qui a dû se restructurer au début des années 2000, a décidé, depuis, de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. L’expertise, apportée par la construction et l’équipement de navires complexes que sont les dragues, pouvait être valorisée ailleurs. IHC Merwede s’est tourné vers le marché offshore, qui, au milieu des années 2000, commençait à repartir et à se complexifier, avec l’exploitation de ressources de plus en plus profondes.

 

Le chantier de Krimpen (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Le chantier de Krimpen (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Si l’on sait amener ou soulever des équipements de dragage dans de grandes profondeurs, on peut aisément imaginer la même chose avec des câbles ou des conduites, voire des modules pétroliers ou subsea. Le groupe néerlandais se rapproche de l’exigeante clientèle oil and gas et fait valoir son expertise, propose ses propres design et des équipements. Le nouveau slipway va accélérer cette diversification : les navires offshores, miniers, heavy-lift, support de plongée commencent à se succéder sur les bords de l’Ijssel.

 

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

En 2013, c’est l’apogée : une méga-commande de sept navires de pose de conduites pour plus d’un milliard d’euros, pour deux opérateurs, Subsea 7 et Sapura Navegacao Maritima (co-entreprise de Sapura Kencana et Seadrill). Les bateaux, d’une longueur de 146 mètres pour une largeur de 30 mètres, vont travailler sur les champs présalifères de Petrobras, au large du Brésil, dans une profondeur d’eau de plus de 2200 mètres. Ils sont équipés d’un système de pose vertical avec une capacité de tension de 550 tonnes et peuvent déployer deux robots sous-marins. Ils disposent également de deux carrousels de stockage de 2500 et 1500 tonnes et peuvent accueillir jusqu’à 120 personnes. Le premier de cette série, le Subsea Rio, a été mis à l’eau en novembre 2014. Le Sapura Jade l’a suivi il y a quelques jours. Ce sera ensuite au tour des Seven Cruzeiro et Seven Sun, ainsi que des Sapura Onix, Topazo et Diamond de le rejoindre pour une livraison de l’ensemble d’ici fin 2016.

 

Le Seven Rio, à quai devant le chantier (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Le Seven Rio, à quai devant le chantier (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Le pont, en finition, du Sapura Jade (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Le pont, en finition, du Sapura Jade (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Le Sapura Jade, livré en début de semaine (ROYAL IHC)

Le Sapura Jade, livré en début de semaine (ROYAL IHC)

 

Le rythme est donc soutenu dans le chantier de Krimpen où les modules d’un navire voisinent avec la coque de son prédecesseur. Mais Royal IHC ne compte pas s’arrêter là. Bénéficiant de ce confortable carnet de commandes, là où la concurrence commence à souffrir de la crise liée au prix du pétrole, le groupe néerlandais prépare ses futures gammes de navires destinés à l’offshore. Il vient ainsi de dévoiler son tout nouveau modèle de releveur d’ancre (AHTS) hybride Workhorse, qui suit le design Workhorse pour les ravitailleurs de plateformes (PSV). 

 

Le nouveau design de l'AHTS Workhorse (ROYAL IHC)

Le nouveau design de l'AHTS Workhorse (ROYAL IHC)