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Royal Navy : Bilan très mitigé de la fusion avec l'armée de l'Air

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Royal Navy : Bilan très mitigé de la fusion avec l'armée de l'Air

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Quand une armée de l'air et une aéronautique navale disposent des mêmes matériels, il est tentant de vouloir les fusionner. C'est ce qu'a fait, en 2000, la Grande-Bretagne. Au moment du retrait des Sea Harrier, embarqués sur les porte-aéronefs de la Royal Navy, le ministère de la Défense a décidé de créer la « Joint Harrier Force », rassemblant les Harrier GR7 de la Royal Air Force et les appareils attribués à la marine (puis les GR9 à leur arrivée en 2007). L'idée était de mutualiser au maximum les moyens et, par conséquent, de réaliser des économiques. Mais c'était sans compter avec la réalité opérationnelle. Engagées en Irak en Afghanistan, les composantes aériennes de l'armée britannique, en nombre limités, ont été très sollicitées ces dernières années. Les Harrier ont été, prioritairement, déployés sur les théâtres terrestres, comme l'Afghanistan, où ils se sont d'ailleurs révélés très utiles. Pour répondre aux besoins, la RAF a puisé au sein de la JHF dans les appareils qui devaient être affectés à la marine. Le résultat le plus visible a été l'absence de déploiement aéronaval digne de ce nom depuis un bon moment. En février dernier, le Task Group 328.01 (mission Taurus), plus important déploiement de la Royal Navy depuis 10 ans, a par exemple rejoint l'océan Indien sans compter dans ses rangs l'un des deux porte-aéronefs anglais, l'Ark Royal ou l'Illustrious.

Harrier GR9 sur le HMS Illustrious (© ROYAL NAVY)
Harrier GR9 sur le HMS Illustrious (© ROYAL NAVY)

Eviter les pertes de compétences

Faisant face à une véritable pénurie d'avions embarqués, la Royal Navy se retrouve aujourd'hui confrontée à un grave problème de formation et d'entrainement. Opérer à terre et sur un porte-aéronefs n'est, en effet, pas la même chose. Récemment, les Britanniques ont pris conscience qu'ils étaient progressivement en train de perdre une capacité de projection aéronavale, compétence que peu de marines possèdent et qui nécessite un long apprentissage.
C'est pourquoi la Royal Navy souhaite reprendre la main sur son aviation embarquée et marquer sa différence avec la RAF. L'an prochain, la flotte anglaise prévoit un déploiement avec l'Ark Royal. A cette occasion, les Harriers destinés à embarquer sur le porte-aéronefs vont abandonner la numérotation d'escadrons de l'armée de l'Air (1 à 4 actuellement) pour être intégrés au sein des flottilles 800 et 801, à l'image de ce qui était en vigueur dans la Fleet Air Arm avant la création de la Joint Harrier Force. La Navy espère, ainsi, revenir sur un pied d'égalité avec la RAF.

Le HMS Illustrious (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)
Le HMS Illustrious (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

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