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Royal Navy : La première frégate du type 31 attendue dès 2023

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Alors que le HMS Prince of Wales, second des deux nouveaux porte-avions de la Royal Navy, sera baptisé demain au chantier Babcock de Rosyth, le secrétaire britannique à la Défense, Michael Fallon, a dévoilé hier les grandes lignes d’une nouvelle stratégie nationale en matière de construction navale militaire. Il a notamment confirmé la volonté de lancer rapidement le programme des frégates du type 31, qui complèteront les 8 nouvelles unités du type 26, dont la tête de série a vu sa construction débuter en juillet au chantier BAE Systems de Govan, en Ecosse. Alors que le futur HMS Glasgow doit être réceptionné par la Royal Navy en 2023, Michael Fallon a annoncé l’objectif d’une livraison de la première T31 dès 2023 également, ce qui signifie que ce programme sera mené concomitamment à celui des T26. Un premier lot de 5 bâtiments est évoqué, ce qui permettrait avec les T26 d’atteindre le chiffre de 13 frégates permettant de remplacer nombre pour nombre les actuelles unités du type 23 d'ici le début des années 2030. Si les moyens budgétaires le permettent, il est ensuite question d’allonger la série, la flotte britannique rêvant, après une décennie de restrictions, de remuscler sa flotte.

Plus compactes que leurs aînées, dont le déplacement atteindra 6900 tonnes à pleine charge, les T31, dont les caractéristiques précises ne sont pas encore connues, seront des plateformes polyvalentes et modulaires, conçues dès l’origine pour répondre aussi bien aux besoins de la Royal Navy qu’à des clients à l’export. A l’instar de la FTI et de la FREMM en France, la T31 nait de la réduction du programme T26, passé l'an dernier de 13 à 8 unités afin de pouvoir développer un nouveau modèle. Ce dernier voit donc très clairement le jour pour permettre aux industriels britanniques d’étoffer leur gamme de produits et accroître leurs chances de décrocher des contrats à l'étranger. Le segment visé est très probablement, comme en France, celui des unités d’environ 4000 tonnes. Ce marché est en effet considéré comme l’un des plus porteurs actuellement, les estimations tablant sur la commande d’une quarantaine de frégates de ce gabarit dans les 10 prochaines années, en particulier en Asie du sud-est, en Amérique latine et au Moyen-Orient.

Pour le programme T31, des objectifs très ambitieux ont été fixés en termes de réduction des coûts, le ministère britannique de la défense précisant que le prix unitaire de ces nouvelles frégates ne devrait pas dépasser 250 millions de livres sterling (environ 273 millions d’euros). A comparer aux 3.7 milliards de livres (4.8 milliards d’euros) du contrat signé en juillet dernier avec BAE Systems pour les T26, qui ne comprend que les études et la construction des trois premières unités.  

A l’instar des porte-avions HMS Queen Elizabeth et HMS Prince of Wales, Londres prône la possibilité de réaliser les nouvelles frégates dans différents chantiers, avec assemblage des modules dans un « hub central ». Une approche qui semble assez inévitable pour mener de front les programmes T26 et T31, que les seules capacités industrielles de Govan ne pourront pas absorber. Et il s’agit bien sûr, après la fin de la construction des nouveaux porte-avions, de maintenir la charge de travail dans la demi-douzaine de chantiers qui ont participé à ce programme, ainsi que chez des centaines de sous-traitants. Selon le ministère britannique de la Défense, les Queen Elizabeth et Prince of Wales ont généré quelques 10.000 emplois à travers le pays. Des postes que l'opinion publique outre-Manche s'inquiète maintenant de voir conservés. 

 

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