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Energies Marines

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RTE devient un acteur majeur dans l’installation des EMR

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Depuis la loi du 30 décembre 2017, RTE - entreprise publique gérant le transport d’électricité à haute tension - a vu son périmètre d’action s’étendre au domaine maritime sur lequel il va désormais devenir un maître d’œuvre majeur dans l’installation des futures champs commerciaux et fermes pilotes d'énergies marines renouvelables.

En effet, les nouvelles dispositions législatives prévoient que RTE sera dorénavant responsable de tout l’acheminement de l’électricité à partir des câbles de production. Ce qui signifie que c’est désormais elle qui va devoir superviser la construction et la mise en place de la sous-station en mer transformant le courant produit par les turbines des éoliennes et hydroliennes, puis du câble et de la connexion vers le réseau terrestre. Auparavant - pour les fermes issues des deux premiers appels d’offres pour l’éolien posé - RTE n’était propriétaire qu’à partir de l’arrivée du câble de haute tension « terrestre ». Désormais, c’est donc l’entreprise publique qui aura à la fois vocation à raccorder tous les parcs de production de plus de 18 MW. Pour ceux en dessous de cette puissance, c’est le gestionnaire de réseau Enedis qui s’en chargera.

Schéma pour les deux premiers appels d'offres (DROITS RESERVES)

Schéma pour les deux premiers appels d'offres (DROITS RESERVES)

Schéma pour les nouveaux parcs de production (DROITS RESERVES)

Schéma pour les nouveaux parcs de production (DROITS RESERVES)

Schéma de raccordement pour l'éolien flottant (DROITS RESERVES)

Schéma de raccordement pour l'éolien flottant (DROITS RESERVES)

 

Ce changement, qui correspond à un alignement des pratiques en Europe du Nord, devrait, selon RTE, « faciliter l’interface avec le producteur ». Pour les deux premiers appels d’offres, RTE est en effet conditionné par la décision d’investissement du producteur. « Le marché de construction de câbles est très tendu et il est actuellement difficile d’anticiper nos commandes quand nous n’avons pas la main sur la date d’investissement ». Avec les nouvelles dispositions législatives, RTE pourra prendre sa décision en toute autonomie, mutualiser les raccordements et relier deux parcs à une même sous-station.

Depuis le premier appel d’offres pour l’éolien posé en 2011, RTE a développé une entité dédiée aux EMR, qui compte désormais une cinquantaine de personnes. Un investissement de 2.5 milliards d’euros a été budgété d’ici 2025. « Pour les champs de Fécamp, Courseulles et Guérande du premier appel d’offres, nous sommes prêts à démarrer. C’est Prysmian qui a été choisi pour le câblage. Saint-Brieuc devrait suivre, ainsi que les parcs du deuxième appel d’offres pour lesquels les procédures sont en cours ».

Pour le troisième appel d’offres, le champ éolien de Dunkerque, ce sont les nouvelles procédures qui s’appliquent, avec notamment les modalités du permis enveloppe qui prévoit une étude de risque et un débat public mené non plus par l’opérateur mais par l’Etat. « Pour les deux premiers appels d’offres, nous avons participé aux concertations avec les lauréats et mené des études d’impact commune. Nous connaissons bien ces procédures que nous menons depuis longtemps pour les infrastructures terrestres. Pour le troisième appel d’offres, nous intervenons aux côtés de l’Etat dans un premier temps, puis avec le lauréat dans un deuxième temps ».

Des sous-stations sous-marines pour l'hydrolien

Pour les électriciens de RTE, cette nouvelle compétence maritime amène son lot de nouveaux défis technologiques. « Pour les fermes pilotes de l’éolien flottant et l’hydrolien, nous travaillons sur le câble qui va relier le câble statique entre les machines au réseau terrestre. Il doit être capable de bouger au gré de la houle mais sans fatigue rédhibitoire. Cela correspond aux ombilicaux de l’Oil&Gas mais en haute tension. Un câble dynamique de 66 kV, ce sera une première mondiale ».  Pour les fermes commerciales, le courant sera amené à 225 kV et là encore, RTE réfléchit à la possibilité d’ombilicaux capables d’encaisser cette tension.

Pour l’hydrolien, RTE planche sur un nouveau type de sous-stations. « Les fermes hydroliennes sont plus près des côtes et donc l’impact visuel des sous-stations est plus important. Nous sommes donc en train de travailler sur des sous-stations sous-marines. La technologie existe déjà mais pas au bon niveau de tension ». RTE travaille par conséquent avec les industriels pour développer un transformateur marinisé, une connectique adaptée et une structure. « Nous avons deux pistes : soit une structure qui ressemble à un sous-marin, soit des briques individuelles qui forment une structure modulaire ». Naval Group, via sa filiale Naval Energies, est notamment sur les rangs.