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Sabella : 10 ans d’expérience dans l’hydrolien

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Après avoir développé le premier prototype immergé d’hydrolienne de faible puissance française, le D03, Sabella, société créée en 2007 en Bretagne, a réalisé un engin à grande l’échelle en 2014, l’hydrolienne D10. Intégralement construite en France, elle est dotée d’un rotor de 10 mètres de diamètre, avec une hauteur totale de 17 mètres et une masse de 400 tonnes pour une puissance maximale de 1 MW.  Elle a été installée dans le passage du Fromveur, au large de l’île d’Ouessant, en 2015. En tout, 70 MW ont été produits.

Dans un souci d’efficacité et de rentabilité, la turbine peut être totalement désolidarisée de sa fondation métallique. Composée de trois lests, la structure est simplement posée sur le fond marin. La turbine s’emboîte sur le treillis métallique et peut être relevée seule.

Elle est directement reliée à la côte. L’énergie produite est stockée dans des batteries installées dans des conteneurs. Les ingénieurs de Sabella estiment qu’à partir de 3 ou 4 hydroliennes de ce type, il pourrait être économique de disposer d’une sous-station électrique, plutôt sous-marine.

Le prototype doit reprendre la mer en 2018

Après son immersion en juin 2015, la D10 avait été raccordée au réseau électrique d'Ouessant en novembre de la même année. Puis, dès l’été 2016, elle avait été relevée et envoyée à Brest. Alors qu’elle devait être remise en service au même endroit dès la fin de l’année 2016, elle n’a pas encore retrouvé le milieu marin.

En réalité, de lourds travaux ont été entrepris sur la turbine. Afin de prolonger l’autonomie en mer et donc de réduire les coûts d’entretien, il a été décidé de réaliser d’importantes modifications dans le domaine électrique. Un système de redondance au niveau de la conversion électrique a été installé. De même, l’engin est protégé des sautes de tension entre lui et la station à terre. Aujourd'hui, la remise à l'eau de l'hydrolienne D10 est prévue pour la fin aout 2018.

 

(© POLE MER BRETAGNE ATLANTIQUE)

 

Nouvelle gamme et nouveaux projets en France et à l’export

La société développe d’autres machines à partir de son prototype D10. Une nouvelle hydrolienne de forte puissance, la D12 (son diamètre sera de 12 mètres), affichera une puissance entre 1 et 2 MW. Il est prévu qu’elle soit installée à deux exemplaires dans la ferme-pilote « Phares ». Il s’agit d’un projet de mix énergétique comprenant deux hydroliennes, une centrale photovoltaïque et deux éoliennes terrestres destinées à couvrir 80% des besoins électriques de l’île d’Ouessant. La date d’entrée en service est estimée à 2020. Par ailleurs, l’entreprise entend se positionner sur tous les projets hydroliens à venir en Métropole.

Enfin à noter qu’à l’export Sabella prospecte du côté des Philippes avec comme ambition d’installer des hydroliennes D15 près de l’île de Capul. L’engin est un autre dérivé de la D10, mesurant une vingtaine de mètres de diamètre pour une puissance non dévoilée. L’objectif est également une mise en service en 2020.

Nouveau siège en attendant une usine à Brest ?

En octobre 2017, Sabella a quitté ses locaux historiques pour s’installer dans un nouveau bâtiment, le Riverside, situé dans la zone de Créach-Gwen à Quimper. Toutefois, il s’agit uniquement d’un ensemble de bureaux qui accueillent les fonctions d’ingénierie et de management de la société. Le président, Jean-François Daviau, mise sur la création d’un site industriel à Brest, sur le nouveau polder destiné aux EMR. Des études techniques d’industrialisation sont réalisées avec le concours de la région Bretagne.

Sabella sélectionnée par l'Elysée

Début mai dernier, Sabella a fait partie de la délégation du président de la République Emmanuel Macron lors de sa visite en Australie. La société a été retenue par l'Elysée avec sept autres PME pour intégrer le programme d’accélération Maritime Connection Days. Ce programme, animé par Business France, vise à accompagner des entreprises innovantes du secteur maritime afin de les soutenir dans leur développement en Australie au cours des douze prochains mois avec l’objectif ultime d'y créer une implantation. "Une preuve de la pertinance technologique de nos choix", selon Jean-Christophe Allo, responsable commercial. "C'est évidemment un plus pour nous, d'avoir été dans le voyage présidentiel. C'est pour nos interlocuteurs en Océanie la preuve de notre crédibilité". D'autres déplacements sur place sont prévus dans le cadre de ce programme.

Enfin, à noter que Jean-François Daviau, le président de Sabella, a été élu vice-président de la commission EMR du Syndicat des énergies renouvelables au mois de mai dernier. Le chaef d'entreprise est un militant convaincu de l'énergie hydrolienne en France.

Dossier Energies Marines 2018