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Sabella va remettre son hydrolienne dans le Fromveur
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Sabella va remettre son hydrolienne dans le Fromveur

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L’hydrolienne de Sabella doit retrouver la mer d’Iroise la semaine prochaine, en profitant de l’opportunité des mortes-eaux. Le navire de ravitaillement offshore Ariadne de 130 mètres doit arriver à Brest lundi. Il chargera la machine et les équipements nécessaires, puis les opérations se dérouleront dans la semaine avec le redéploiement de la turbine D10-1000 et son raccordement à l’île d’Ouessant. La turbine doit ensuite rester en place pour « poursuivre l’apprentissage et l’accumulation de connaissances sur ce démonstrateur, donc plus elle restera de temps à l’eau, mieux ce sera », indique à Mer et Marine Jean-Christophe Allo, directeur commercial de l’entreprise quimpéroise. En 2023, deux hydroliennes doivent être définitivement installées dans le passage qui borde Ouessant.

Reposée le 5 octobre 2019, l’hydrolienne avait dû à nouveau être retirée de son site d’immersion quelques jours plus tard, en raison d’une surtension sur la bretelle de câble provoquée par les conditions de houle. Elle devait être réimmergée cet été, mais le confinement avait retardé le chantier de préparation.

 

(© MER ET MARINE)

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L’Ariadne, qui remettra la D10 à l’eau, est un X-Bow, navire de type SX-121 sorti des chantiers norvégiens Ulstein en 2009. Propriété d’Asso Group, à Chypre, il est équipé d’un système de positionnement dynamique DP3, compte une surface de pont de 1620 m², une grue principale de 250 tonnes de capacité, un hangar pour deux robots télé-opérés (ROV) et peut accueillir jusqu’à 106 personnes. La partie énergie propulsion comprend six générateurs MaK (4x2850 kw et 2x1530 kW), deux pods de 3500 kW chacun, deux propulseurs en tunnel d’une puissance unitaire de 1800 kW et deux autres propulseurs azimutaux, un à l’avant (1500 kW) et un à l’arrière (1800 kW).

Engagé dans le projet Selkie

Sabella a par ailleurs remporté un appel d’offres pour le projet gallo-irlandais Selkie, qui est financé par des fonds européens Interreg pour durer trois ans. Mené par les universités de Cork et Swansea, il regroupe notamment l’agence de développement galloise Menter Môn, l’énergéticien DP Energy Ireland ou encore l’organisation Marine Energy Wales qui promeut les énergies marines renouvelables au Pays de Galles. Le but du projet et de « développer des suites d’outils qui vont permettre d’améliorer les performances des hydroliennes. Mais aussi, de manière générale, celles de la filière en elle-même, dans le sens où des modèles vont également permettre d’améliorer les coûts d’opération et maintenance », indique à Mer et Marine Marlène Moutel, ingénieure commerciale chez Sabella.

Parmi les outils, doivent être développés des modèles numériques sur les embases gravitaires pour les hydroliennes ou des structures flottantes, un drone permettant de faire des mesures de courants de surface pour aider à déterminer les potentiels hydroliens, ou encore un profileur acoustique Dopler 5 faisceaux (ADCP 5- Acoustic Doppler Current Profilers) utilisant l’effet Doppler (décalage de fréquence d’une onde observé entre les mesures à l’émission et à la réception) pour mesurer des turbulences. Sabella intervient sur plusieurs « work packages ». L’entreprise fournira des données et un travail de consultance en accompagnant la vérification des modèles et travaux développés.

Ce projet rapproche encore Sabella du Pays de Galles. En février, la PME avait signé un accord avec Menter Môn pour le projet hydrolien Morlais au large de l’île d’Anglesey (nord-ouest du Pays de Galles). Ce projet vise à développer une filière de l’hydrolien dans cette partie du Royaume-Uni. Menter Môn a mené des études de dérisquage et d’impact environnemental pour la création d’une ferme commerciale d’hydroliennes produisant 240 MW sur 35 km2. Le site est divisé en huit sous-zones de 30 MW chacune. Après avoir postulé et un audit technique, Sabella et s’est vu attribuer l’une d’entre-elles.

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