Nautisme
Sailing Valley: L'excellence bretonne dans la course au large

Actualité

Sailing Valley: L'excellence bretonne dans la course au large

Nautisme

Entre Brest et Vannes, avec une forte implantation à La Forêt-Fouesnant, Lorient, La Trinité-sur-Mer et le Golfe du Morbihan, la Sailing Valley s'est organisée en filière : des architectes aux équipes les plus performantes, en passant par la fabrication et les équipements, la Bretagne Sud concentre 90 % de ce qui se fait de mieux en France dans le domaine de la course au large. La Sailing Valley a pris forme en une dizaine d'années, tirée vers le haut par la course au large. Une discipline exigeante en nouvelles technologies. D'où cette appellation marketing en référence à la fameuse Silicon Valley. L'activité n'a plus rien de confidentiel. Les chiffres le prouvent : 110 entreprises (beaucoup de PME, TPE), 1.500 emplois, 215 millions de chiffre d'affaires pour la façade Atlantique de la Bretagne. Résultat : « Les records autour du monde sont nés chez nous, les bateaux sont conçus et construits chez nous et les équipes vivent chez nous », se félicite Jean-François Thomas (Nautisme en Morbihan). Reste à le faire savoir. La Volvo Ocean Race est l'occasion d'afficher une belle vitrine au monde entier.

Lorient au coeur de la filière

Lorient a un rôle prédominant dans le développement de la filière. À la fin des années 90, la ville est secouée par la crise de la pêche et la fermeture de la base des sous-marins. « Que faire de la BSM ? Comment faire venir des entreprises à Lorient ? », se souvient Norbert Métairie, aujourd'hui maire de Lorient et, à l'époque, premier adjoint de Jean-Yves Le Drian. « On a décidé que les énormes blockhaus faisaient partie du patrimoine et on les a aménagés pour accueillir des entreprises. » Tandis que le skipper lorientais Alain Gautier s'installait à la BSM, Lorient optait pour le nautisme comme axe de développement économique. La friche abandonnée par l'armée retrouvait vie. Par chance, les vannes des fonds européens se sont ouvertes en grand pour compenser les pertes d'emplois. Tout s'est enchaîné. Un premier bâtiment a été construit pour l'équipe du Défi français sur les terrains de l'ancienne base. Les entreprises Marsaudon (catamaran) et Lorima (mâts) se sont installées dans un blockhaus à proximité de Plastimo. Profitant de la qualité de la rade de Lorient - un plan d'eau de 6,50 m de fond accessible par tout temps - une base d'entraînement a vu le jour. La Cité de la voile Tabarly a ouvert ses portes en 2008, ancrant définitivement la base dans le nautisme. L'an dernier, un port à sec s'est installé dans l'une des alvéoles d'un ancien blockhaus. Le lieu est unique.

Les patrons sont souvent d'anciens skippers

Aujourd'hui, La Base (nom déposé) présente une mixité d'activités industrielles, sportives et culturelles qui associent public et privé. Sur une zone métamorphosée par la construction de bâtiments à l'architecture soignée, 800 emplois sont affectés à la production. Cent teams de course (douze nationalités de skippers) sont rattachés à la BSM et trois nouveaux bâtiments vont voir le jour pour accueillir d'autres teams internationaux. Des friches vont être libérées à proximité... La dynamique est bonne. En choisissant Lorient comme port d'attache, les multiples teams (Groupama, Maître Coq, Virbac-Paprec...) favorisent l'implantation de spécialistes et d'entreprises de haute technicité en Bretagne-Sud. Rejoignant des entreprises performantes et plus anciennes comme Multiplast (Vannes) qui a construit les ponts des voiliers de la Volvo Ocean Race. Ou encore CDK (La Forêt-Fouesnant et Lorient), constructeur des monocoques Imoca. Les patrons - souvent d'anciens skippers - se rencontrent régulièrement. Ils travaillent parfois ensemble. Font assidûment appel aux chercheurs de l'université (UBS) et à leur laboratoire de matériaux composites (Compositic).

Diversification

La filière est aujourd'hui complète : des architectes de renommée (VPLP-Verdier à Vannes) aux teams de course en passant par les constructeurs de voiliers Multiplast et CDK, le fabricant de mâts en carbone nouvelle génération Lorima, North Sails aux voiles légères et résistantes, Gepeto dont les pièces en composite fabriquées sur mesure sont prisées des coureurs ou encore Lyophilisé.fr (alimentation des marins)... Si le nautisme est prépondérant dans la Sailing Valley, la plupart des entreprises ont su tirer parti de leurs innovations technologiques pour diversifier leurs activités : hydroliennes, matériel médical de pointe, aéronautique, industrie du luxe, etc. En voile, il faut calculer les risques que l'on prend.


Un article de la rédaction du Télégramme