Construction Navale
Saint-Nazaire : Débrayage contre la politique de filialisation d'Aker Yards

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Saint-Nazaire : Débrayage contre la politique de filialisation d'Aker Yards

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La CFDT et la CGT d'Aker Yards appellent les personnels de la Direction des Etudes Industrielles à débrayer de nouveau, ce matin. Après le boycott de deux réunions d'information en une semaine, les deux syndicats et la majorité des 110 personnels concernés refusent la filialisation de cette direction d'Aker Yards. Un Comité d'Entreprise sera d'ailleurs consacré au sujet aujourd'hui, dans le cadre du processus d'information et de consultation des personnels. Chargée des études détaillées, la DEI devra, à terme, superviser le montage dans les domaines de l'électricité, de la tuyauterie, des emménagements et de la coque métallique, qu'il s'agisse des parties réalisées en interne par Aker ou bien de celles réalisées par les sous-traitants. Si elle devient filiale à 100% d'Aker Yards France, la DEI pourrait déménager dans le « bâtiment marron », face au quai d'armement du MSC Orchestra. Avec cette nouvelle organisation, un sixième des 600 employés travaillant aux études quitteraient le giron direct du chantier naval. « Les salariés, dans leur majorité, ne veulent pas être filialisés et cette tendance inquiète l'ensemble des personnels. Les études sont la colonne vertébrale de l'entreprise et nous devons conserver la maîtrise de certaines parties stratégiques des navires, notamment en matière de retour d'expérience. Là, on a l'impression de perdre une vertèbre », explique un responsable de la CFDT. Du côté de la direction, on rappelle que les études sont, effectivement, une activité « stratégique ». Toutefois, « dans le cadre de la politique de sous-traitance clé en main de locaux, les sous-traitants n'ont pas la capacité pour faire les études industrielles liées à leurs lots. Il est donc nécessaire de donner son indépendance à la DEI, afin d'avoir des relations saines et efficaces entre client et fournisseurs ».

Les ateliers de Montoir deviennent Aker Yards Cabins SA

Pour Aker Yards, il s'agit également de lisser la charge, à l'échelle du groupe : « Le travail des études fluctue énormément avec la charge du chantier, avec des pics d'activité de plus en plus importants sur des navires toujours plus gros et inversement, lorsqu'il y a des creux. Au travers de la filialisation, il y a une volonté de lisser la charge à l'échelle du groupe, où les besoins en études sont énormes, qu'il s'agisse des navires à passagers ou encore de l'offshore ». Face à la détermination de la direction, la CFDT propose que seuls les volontaires rejoignent une DEI autonome, le reste du personnel étant « prêté » par la maison mère. La direction, de son côté, rappelle que la DEI dispose d'une visibilité sur 3 à 5 ans, qu'une trentaine de personnes doivent être embauchées cette année et que l'autonomie représente une opportunité pour conquérir d'autres marchés : « Aker Yards souhaite développer les services, avec des entités plus réactives, capables de fournir des prestations d'études au reste du groupe et à l'extérieur. Pour cela, il faut une visibilité qui permet d'être commercialisable ». Dubitatifs face à ces arguments, les syndicats craignent avant tout un démantèlement progressif : « Le risque, c'est une démultiplication des filialisations, avec un ensemble de petits modules et peu de garanties en cas de creux de charge ». Outre la DEI, d'autres services suivent le même chemin, comme l'informatique, de même que les Ateliers de Montoir, spécialisés dans la réalisation de cabines. A compter du 2 mai, ceux-ci deviendront Aker Yards Cabins SA, filiale à 100% d'Aker Yards France mais rattachés à la nouvelle Business Area du groupe en Finlande. Les 130 personnels des ateliers de Montoir ont néanmoins obtenu l'assurance de la direction qu'en cas de baisse significative de l''activité, ils seraient rapatriés vers la maison mère.

Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France)