Construction Navale
Saint-Nazaire : FO réclame la nationalisation des chantiers

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Saint-Nazaire : FO réclame la nationalisation des chantiers

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Les responsables de Force Ouvrière aux chantiers de Saint-Nazaire multiplient les entretiens avec les responsables politiques régionaux et demandent à être reçus par le premier ministre. Face à la situation très délicate que traverse actuellement STX France, qui manque cruellement de commandes, FO réclame que l'entreprise soit nationalisée. « Il est du devoir de l'Etat de sauver le dernier grand chantier naval du pays et tous les emplois du site. La nationalisation du chantier est une condition nécessaire pour sauvegarder notre industrie, tous les emplois et imposer les commandes indispensables », affirme le syndicat, qui parle de grave menace pour l'avenir de l'industrie navale. « Aucune commande de paquebot depuis plus de 3 ans. La seule commande obtenue a été celle du BPC n°3 qui ne représente que 20% de la charge de travail annuelle ! Depuis plusieurs mois, les salariés subissent le chômage partiel. Pour les mois de Mars, Avril et Mai 2010, la Direction vient d'annoncer près de 480.000 heures de chômage, touchant plus de 50% des salariés. Certains secteurs vont fermer totalement pendant ces 3 mois (ateliers de fabrication de la coque métallique, bureau d'étude coque), s'ajoutant au plan de 351 départs volontaires décidé par la Direction. Dans cette situation, le silence de notre actionnaire majoritaire STX est très inquiétant. Il apparait clairement qu'il ne faut pas compter sur lui pour aider à obtenir des commandes ».

Les Coréens aux abonnés absents ?

Filiale d'Alstom jusqu'en 2006, le chantier avait été cédé à 75% au groupe norvégien Aker Yards avant que ce dernier ne fasse l'objet, deux ans plus tard, d'une OPA de la part du sud-coréen STX Shipbuilding. Face à l'inquiétude des syndicats sur une éventuelle « mainmise » asiatique sur le savoir-faire français, l'Etat était entré au capital de STX France en novembre 2008. Il avait alors pris 33.34% de la société, alors qu'Alstom doit conserver, jusqu'à cette année, 16.65% des parts (l'Etat ayant un droit de préemption). Le solde, soit 50.01%, appartient à STX Europe, filiale norvégienne de STX Shipbuilding. Depuis des mois, différents responsables syndicaux s'interrogent sur le rôle de la maison-mère coréenne. « Nous n'avons plus de relations avec nos collègues finlandais, comme nous en avions auparavant du temps d'Aker. Les Coréens ? On ne les voit pas et on a l'impression que la direction, de ce côté-là, est un peu livrée à elle même. Pour nous le véritable actionnaire, ce n'est pas STX mais l'Etat, qui tente depuis des mois d'aider l'entreprise », explique un responsable du personnel qui n'est pas apparenté FO. Dans ces conditions, l'Etat doit, au moins, « prendre le contrôle majoritaire du chantier naval » estime Force Ouvrière.

L'exemple de Fincantieri et la question du militaire

Préfet, parlementaires, présidents du conseil régional, du conseil général et des intercommunalités, maires... Une délégation de FO, composée de la section syndicale du chantier, de l'Union Départementale de Loire Atlantique et de l'Union Locale de Saint-Nazaire rencontre donc les représentants de l'Etat et les élus politiques de la région pour faire valoir ces arguments. « Nous les informons, en particulier, que le n° 1 mondial de la construction de navires de croisières est l'italien Fincantieri. Or cette entreprise, qui a un carnet de commandes bien mieux rempli que celui de Saint-Nazaire, est détenue à 100% par l'Etat italien. De plus, ces chantiers construisent des navires civils et des navires militaires. Nous leur précisons qu'il n'est un secret pour personne que, avec cette double caractéristique, l'Etat italien a conservé les moyens de protéger, défendre et aider, y compris financièrement, son industrie navale ». A plusieurs reprises, FO, comme d'autres syndicats, a évoqué la piste d'un rapprochement avec DCNS mais, malgré les relations entre les deux constructeurs, qui travaillent notamment sur les bâtiments de projection et de commandement (BPC) et le projet de second porte-avions, un mariage n'est pas à l'ordre du jour. C'est ce qu'ont affirmé à plusieurs reprises, l'an dernier, le ministre de la Défense et le président de DCNS, Patrick Boissier, pourtant franc partisan de cette solution lorsqu'il était à la tête d'Alstom Marine au début des années 2000.
Actuellement, près de 5000 salariés et sous-traitants de STX France travaillent à l'achèvement des deux derniers paquebots du carnet de commandes, livrables à la fin du mois et en juin, ainsi qu'à l'assemblage du BPC Dixmude, qui doit quitter Saint-Nazaire l'an prochain.

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