Construction Navale
Saint-Nazaire : La direction de STX France veut supprimer 351 postes

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Saint-Nazaire : La direction de STX France veut supprimer 351 postes

Construction Navale

Faute d'engranger de nouvelles commandes, les chantiers de Saint-Nazaire ont été contraints d'annoncer un plan d'adaptation des effectifs et de départs volontaires, qui a surpris par son importance. Pas moins de 351 postes sont concernés, pour un effectif total de 2410 salariés chez STX France. Entre les mois d'avril et d'octobre 2010, jusqu'à 51 cadres, 131 ATAM (administratifs, techniciens et agents de maîtrise) et 169 ouvriers quitteront l'entreprise. Les anciens Chantiers de l'Atlantique verront, alors, leurs effectifs tomber à un niveau historiquement bas. « Il s'agit d'une réponse conjoncturelle pour permettre à l'entreprise de passer la longue période de sous-charge que nous connaissons. Nous avons dans un premier temps initié des redéploiements mais avec la baisse progressive de l'activité, c'est devenu de plus en plus compliqué. La décision n'a pas été facile à prendre mais elle répond aussi à un ajustement structurel, puisque nous ne pensons pas retrouver le niveau d'activité enregistré ces dernières années », explique la direction.

Un carnet de commandes réduit à « peau de chagrin »

STX France, qui affichait un chiffre d'affaires annuel de 1.2 milliard d'euros ces dernières années, estime que son CA sera pratiquement divisé par deux en 2010. Normalement, selon les prévisions de 2006/2007, Saint-Nazaire devait conserver une solide charge de travail jusqu'à la fin 2012. Mais le chantier a joué de malchance et subi les défections de ses clients. D'abord l'Américain NCL, qui devait initialement commander deux à trois paquebots géants de la classe Norwegian Epic, livrables en 2010, 2011 et 2012. N'ayant, dans un premier temps, pas exercé l'option sur le troisième navire, la compagnie a annulé à la fin de l'été 2008 la construction de la seconde unité de la série, alors que la phase dé réalisation venait de débuter. Cette décision, unique dans l'histoire des chantiers, a non seulement coûté cher à l'entreprise, mais a aussi plombé la charge de travail en supprimant une précieuse commande qui maintiendrait aujourd'hui l'activité. STX devait, en parallèle, réaliser deux nouveaux paquebots pour MSC Cruises (livraisons en 2011 et 2012). Annoncés à l'été 2008, ces bateaux n'ont toujours pas été confirmés, l'armateur italo-suisse rencontrant, avec la crise, d'importantes difficultés de financement. Enfin, en 2008, Saint-Nazaire devait engranger la commande du second porte-avions destiné à la Marine nationale. Mais, en juin de l'année dernière, Nicolas Sarkozy a ajourné ce projet majeur, qui serait aujourd'hui entré en phase de production et constituerait 4 à 5 grosses années de travail pour le site. « Voilà comment nous nous sommes retrouvés, brutalement, avec un carnet de commandes se réduisant à peau de chagrin. La dernière commande de prototype date de 2006 et le dernier répétitif (paquebot de série ndlr) a été pris en mars 2007 », note la direction.

Le marché des navires à passagers durablement en baisse

Malheureusement, STX France n'est pas parvenu à prendre d'autres commandes. Avant que la crise éclate, le chantier a d'abord été confronté à la boulimie des armateurs, qui ont commandé plusieurs dizaines de paquebots entre 2003 et 2006, l'essentiel tombant dans l'escarcelle de l'Italien Fincantieri et de l'Allemand Meyer Werft. De nombreuses unités ont déjà été livrées mais les chantiers doivent encore achever 29 navires d'ici la fin 2012, soit une capacité totale de 59.000 lits. Par conséquent, les commandes sont devenues particulièrement rares depuis 2006 et on n'espère pas de retour significatif des investissements avant 2010 ou 2011. Or, la situation est d'autant plus critique que la crise a obéré les capacités financières des compagnies.
STX France, qui va accuser des pertes de plusieurs millions d'euros cette année, n'améliorera pas ses performances l'an prochain. Ensuite, la société mise sur une reprise de l'activité, mais à un niveau qui ne devrait pas excéder 800 à 900 millions d'euros de revenus par an. Selon les projections établies par le chantier, son marché principal, celui des navires à passagers (paquebots et ferries), va se contracter durablement. Sur les 5 années à venir et pour l'ensemble du marché mondial, STX pense que les armateurs commanderont seulement 5 à 7 navires par an, contre une grosse dizaine ces dernières années. Saint-Nazaire, dont l'outil industriel est configuré pour livrer 2 à 3 bateaux par an, va devoir réduire ses capacités pour n'en construire qu' 1 à 2.

Maintien et développement de l'ingénierie et des équipes commerciales

Face aux baisses de commandes dans la croisière, le chantier cherche à se diversifier, notamment dans le domaine de l'offshore. Navires de construction, plateformes et quartiers d'habitation, éolien offshore... STX France y travaille depuis plus d'un an mais, en dehors de contrats d'ingénierie, attend toujours de percer sur ce segment. « Nous sommes un nouvel entrant sur ce secteur et il faut du temps pour que nous puissions faire nos preuves ». S'implanter sur de nouveaux marchés, comme l'offshore, nécessite des efforts en matière d'ingénierie. C'est pourquoi les effectifs des bureaux d'études et de la filiale STX Solutions ne sont pas affectés. Ce maintien des compétences et des investissements en matière de recherche et développement est, par ailleurs, crucial pour permettre au chantier de préparer l'arrivée de nouvelles technologies et rester bien placé dans la course à l'innovation. STX a, dans le même temps, décidé de renforcer ses équipes commerciales. « Nous renforçons ces équipes afin d'être présents sur tout ce qui bouge ». Une vingtaine de personnels des bureaux d'études est arrivée à la direction commerciale, afin de travailler sur les aspects techniques des projets étudiés avec les clients.

Les ouvriers très touchés

A la lumière des évolutions récentes, la direction a décidé de réduire la voilure générale au niveau des effectifs, afin d'adapter le chantier à son nouveau « business plan ». Aujourd'hui, son carnet de commandes ne compte plus que deux paquebots au stade de l'achèvement. Le MSC Magnifica (1275 cabines) sera livré le 24 février prochain et le Norwegian Epic (2109 cabines) le 15 juin. Derrière, il n'y a plus que le bâtiment de projection et de commandement (BPC) commandé en avril pour soutenir l'activité, au titre du plan de relance de l'économie. Ce bateau, qui n'assure que 20% de la charge annuelle des chantiers, sera mis sur cale en janvier prochain. Il quittera Saint-Nazaire en avril 2011 puis, après un passage chez DCNS Toulon pour la mise au point de son système de combat, sera livré à la Marine nationale en mai 2011. Les seuls projets en cours n'assurent plus de travail, en bureaux d'études, que pour 25 personnes, sur un effectif total de 512 salariés (y compris la filiale STX Solutions). L'entreprise a néanmoins limité l'impact en renforçant, avec des personnels des BE, ses équipes commerciales, tout en prêtant des salariés à d'autres entreprises ou en renforçant ses moyens sur les nouveaux marchés de diversification (comme l'offshore ou un contrat d'études a récemment été engrangé). La situation est en revanche beaucoup plus délicate pour la production. L'activité de fabrication, qui emploie 950 personnes (dont 800 ouvriers), tourne actuellement à 70% de ses capacités. Mais, avec l'avancement du BPC, qui n'impliquera bientôt plus que de l'assemblage de blocs, les ateliers vont progressivement fermer. « Début mars, pour l'ensemble des ateliers, la charge de travail se retrouvera à 0 », explique la direction. C'est pourquoi le Plan de Départs Volontaires vise de très nombreux ouvriers. Le chiffre de 169 correspond, tout simplement, à la suppression de l'équipe de nuit, STX France n'ayant plus suffisamment de contrats pour continuer de travailler en 3/8.

Le projet de PDV

Afin d'adapter ses effectifs, la direction a présenté vendredi, lors d'un Comité d'entreprise extraordinaire, son projet de Plan de Départs Volontaires (PDV). Malgré le nombre important de départs, la direction assure vouloir « maintenir les compétences pour pouvoir être en mesure de repartir très rapidement ». Selon elle : « Nous devons pouvoir prendre un navire prototype et être capables de le livrer en moins de 3 ans. Pour cela, il est important de ne pas toucher à des compétences clés, qu'il s'agisse d'études ou de fabrication ». Dans ces conditions, « ne partira pas qui veut. Des départs, hors compétences clés, auront lieu par fonctions, quelque soit le statut ». Outre la réduction de l'effectif ouvrier, comme il y aura moins de navires à réaliser, des départs sont prévus dans les équipes de management de l'armement. La baisse d'effectifs touchera aussi les services administratifs. Pour bénéficier du PDV, les personnels devront faire partie d'une catégorie éligible, être volontaires et avoir un projet. « Nous voulons faire en sorte d'aider ceux qui ont des projets et encourager les initiatives personnelles. L'objectif n'est pas que les gens prennent un chèque et se retrouvent à Pôle Emploi. Une commission ad hoc sera donc créée, avec des consultants spécialisés. Elle validera les projets des personnels souhaitant quitter l'entreprise. De plus, un cabinet de conseil spécialisé dans la création d'entreprise épaulera les gens intéressés ». Selon l'usage des PDV, les candidats concernés seront en CDI ou en CDD ou contrat temporaire d'au moins six mois. Ils doivent disposer d'une formation « diplomante » ou « qualifiante », ont la volonté de créer leur entreprise, ou bien de s'engager bénévolement dans une ONG ou une association de loi 1901. Les indemnités proposées dans son projet par la direction varient en fonction du statut et de l'ancienneté. Pour un ouvrier, elles sont par exemple de 13.000 euros pour 5 ans d'ancienneté et et 35.480 pour 25 ans passés dans l'entreprise. Chez les cadres, les indemnités oscillent entre 14.900 euros (5 ans d'ancienneté) et 88.390 euros (25 ans). A cela s'ajoutent des aides à la mobilité et à la création d'entreprise, une compensation de perte de salaire éventuelle (jusqu'à 150 euros par mois sur un an), ou encore des primes à l'embauche en CDI.
Dans un premier temps, des postes éligibles au PDV sont définis dans chaque service, permettant aux personnels concernés de faire savoir s'ils sont intéressés. Si ce n'est pas le cas, un système de substitution sera possible. En clair, une personne dont le poste doit être supprimé mais ne souhaitant pas quitter les chantiers pourra permuter avec un autre salarié, intéressé pour partir et dont le métier sera identique ou proche. Ce système de substitution, qui ne pourra concerner les compétences clés, nécessitera un échange de postes équivalents ou une certaine polyvalence. La direction s'est en tous cas engagée à ne « pas forcer les gens à partir ». Selon celle-ci : « ceux qui voudront rester resteront ».

Le calendrier

Après la remise des documents aux représentants du CE, une séance de questions/réponses est prévue vendredi prochain. En décembre, un espace d'information et de conseil sera ouvert dans l'entreprise. Un nouvelle discussion avec le CE est programmée le 17 décembre, les représentants devant donner leur avis sur le projet le 14 janvier. Les premiers départs sont attendus en janvier, la clôture des dépôts de candidature des personnels intéressés devant intervenir le 30 avril. Les derniers volontaires devraient avoir quitté l'entreprise en octobre (après avoir par exemple pris un congé de reclassement de 6 mois). On notera que la direction se réserve la possibilité, d'ici le 14 janvier, de revoir son projet à la baisse, au cas où une commande serait engrangée. De même, on peut imaginer qu'en cas de confirmation de plusieurs contrats, le plan pourrait être plus ou moins bouleversé en 2010. En effet, STX France a plusieurs fers au feu dans le domaine de la croisière, de l'offshore et des navires militaires. Aucun, ou bien plusieurs, peuvent aboutir plus ou moins rapidement, agissant directement l'activité et donc les besoins en personnel. Avant que le PDV entre en vigueur, il fera, par ailleurs, l'objet de discussions et de négociations avec les syndicats, certains le refusant, d'autres souhaitant y voir apporté des modifications et améliorations.

« Dramatique » pour l'entreprise et les sous-traitants

Vendredi, l'annonce de l'ampleur du PDV a fait l'effet d'une douche froide à Saint-Nazaire. La CGT parle de véritable « catastrophe » pour le bassin d'emploi et s'y oppose vigoureusement, estimant que ce « plan social déguisé vide l'entreprise de sa force vive, de son savoir faire ». Pour le syndicat : « Une nouvelle chape de plomb est tombée sur les salariés. Ce plan de départs volontaires est dramatique à la fois pour les emplois et le site. C'est une fragilisation des compétences et de l'industrie dans son ensemble », explique un responsable du syndicat, qui rappelle l'importance des emplois induis. « Un salarié au chantiers, c'est 6 emplois à Saint-Nazaire ». Pour beaucoup, un véritable « jeu de massacre » va se produire au niveau de la sous-traitance, qui représente aujourd'hui 5000 emplois, dont 3000 travaillent quotidiennement sur le site. Avec l'achèvement progressif des MSC Magnifica et Norwegian Epic, ces effectifs vont fondre comme neige au soleil. « Chez les sous-traitants, les incitations aux départs volontaires ont déjà été mises en place, de même que le non-renouvellement de CDD et de contrats d'intérim. Au fur et à mesure que la construction des navires avance, les sous-traitants partent. Les licenciements ont déjà commencé chez certains », explique-t-on chez Force Ouvrière. Concernant le PDV, le syndicat estime que le « volume de suppressions d'emplois est difficile à admettre car il fait courir le risque de voir les capacités réduites en dessous du seuil critique permettant de prendre dans de bonnes conditions de nouvelles commandes. Comme la CFTC et la CFE-CGC, FO souhaite l'ouverture de négociations, qui ne pourront, en raison de la loi sur la représentativité syndicale de 2008, n'entrée en vigueur qu'avec l'appui de la CFDT. « Les propositions sont insuffisantes et un effort supplémentaire est nécessaire si on veut que le PDV soit attractif. De plus, nous demandons que soit ajouté un volet pour des départs en préretraite. Malgré les départs amiante, des salariés n'ont pas eu accès au dispositif et sont volontaires pour partir de manière anticipée. Pour certains, qui peuvent partir en préretraite à 56 ans à cause de l'amiante, il ne serait pas idiot qu'ils puissent s'en aller par exemple à 54 ans ».

Inquiétudes pour l'« après 30 juin »

La CFDT, si elle se dit, « bien consciente de la situation de (l') entreprise », « ne peut en aucun cas cautionner un plan de suppression de postes, fut-il au volontariat ». Selon elle, le « volontariat » ajoute « au stress dans l'entreprise et une pression sur tout salarié qui verra son poste supprimé. L'inquiétude est grande après cette première réunion ». De plus, pour la CFDT, « il ne s'agit pas de négocier une quelconque course à la carotte (prime de départ) pour aider des salariés à quitter notre entreprise ». A la CFTC comme à la CFE-CGC, on se montre « surpris » par l'ampleur du plan au niveau des ouvriers. « Nous sommes dans une logique comptable et on ne peut pas se satisfaire de la diminution des effectifs dans l'entreprise. Nous regrettons d'en arriver là. C'est très attristant », réagit un responsable de la CFTC. Comme ses collègues syndicalistes, ce dernier se dit également inquiet sur la suite des évènements, au cas où l'activité ne redémarrerait pas. En effet, si la direction affirme que « ceux qui voudront rester resteront », cet engagement ne courre, dans les faits, que jusqu'au 30 juin, date butoir où l'accord sur le chômage partiel (convention APLD) empêche les licenciements. Après, en fonction de l'évolution de la situation, « tout est possible », reconnaît la direction. Début 2010, cet accord doit être renégocié, les syndicats espérant encore gagner 4 mois de protection. « En janvier nous saurons à quoi nous en tenir au moment de la renégociation de la convention APLD. Nous voulons renouveler la protection pour une nouvelle période de 4 mois, soit jusqu'au 30 octobre 2010. Dans cette perspective, la prise de commandes est très importante », note-t-on chez FO. Enfin, comme les autres organisations, la CFE-CGC se pose la question du maintien des compétences. « La vrai question est de savoir jusqu'à quel niveau on peut réduire les effectifs pour prendre une commande. Sous un certain seuil, il sera difficile de le faire, sauf pour de petites unités, mais ce n'est pas notre spécialité ».

Engranger des commandes au plus vite

Tous en conviennent, la survie du dernier grand chantier civil passe par la prise rapide de nouvelles commandes. En cela, l'Etat, actionnaire à 33.34% de STX France, est appelé à intervenir. « Le gouvernement doit tout mettre en oeuvre pour passer cette période de gros temps. Nicolas Sarkozy, qui est venu à Saint-Nazaire il y a un peu plus d'un an, a affirmé qu'il ne nous laisserait pas tomber. Les paroles doivent maintenant se traduire par des actes. L'Etat peut intervenir en lançant des commandes de navires militaires, comme le 4ème BPC ou le second porte-avions. Les pouvoirs publics, Etat comme les collectivités territoriales, peser sur la décision de Brittany Ferries de commander un nouveau car-ferry. Nous attendons aussi un coup de pouce sur le marché de l'offshore, où, comme nouvel entrant, il n'est pas facile de se faire une place », précise-t-on chez FO. Jeudi dernier, Hervé Morin a annoncé que le la Défense ne pouvait pas, aujourd'hui, notifier le BPC4. En revanche, le ministre espère voir aboutir la projet de BPC russe, dont la tête de série serait réalisée à Saint-Nazaire. Concernant le second porte-avions, la décision de réaliser ou non ce bateau a été repoussée en 2011/2012, le temps de réétudier la problématique du choix de la propulsion (classique ou nucléaire). La direction de Brittany Ferries, de son côté, n'est pas favorable à une commande rapide, en raison d'un contexte économique difficile.
L'Etat, et notamment les services du ministère de l'Economie, ne ménageraient en revanche pas leur peine pour trouver, avec les chantiers, des solutions de financement permettant aux armateurs de concrétiser leurs projets. Ce serait notamment le cas pour le dossier des deux nouveaux paquebots de MSC.

Quelles perspectives de contrats ?

Le contexte est donc très difficile, notamment dans le secteur de la croisière, où la baisse du nombre de commandes exacerbe la compétition entre les chantiers européens. « Il y a une surcapacité en Europe et tout le monde est aux abois. La tension sur les prix va être très forte », prévient-on chez STX France. « On sent quand même un petit frémissement, avec des clients qui ont envie de commander mais qui rencontrent des difficultés de financements ». Pour voir déboucher des projets en contrats, l'entreprise espère toujours, avec le soutien de l'Etat, trouver des solutions financières attractives, par exemple pour les futurs MSC. Elle se bat, également, pour décrocher les nouveaux projets du groupe Carnival, numéro 1 mondial de la croisière et actuellement le seul à pouvoir lancer d'importants investissements, notamment pour sa filiale Princess Cruises. Alors que d'autres projets commencent à se dessiner dans la croisière, STX se positionne aussi sur les ferries. En dehors de Brittany Ferries, l'Etat pourrait aussi aider le chantier en encourageant la SNCM, dont il est actionnaire et qui a évoqué l'an dernier son souhait de renouveler sa flotte. En parallèle, le constructeur serait toujours en lice pour un projet de navires en Afrique du nord.
Dans le domaine de l'offshore, au moins un contrat d'études a été récemment enregistré et STX espère que cela débouchera sur un contrat de réalisation. Plusieurs marchés sont actuellement convoités, dont certains en partenariat avec les chantiers coréens STX Shipbuilding (actionnaires à 50.1% des chantiers français). On parle, comme nous l'avons vu plus haut, de plateformes offshores, de quartiers d'habitation ou de navires de construction. Parmi ces projets, certains concernent des groupes français, comme Total et Technip. Aux chantiers, on espère donc que l'Etat, qui est parfois actionnaire de ces sociétés, fera « jouer le lobbying ».

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