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Saint-Nazaire : Le chantier maintient une configuration à deux portiques

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Opérationnel depuis bientôt 50 ans, le vieux portique Krupp des chantiers nazairiens joue toujours les prolongations et demeure actif. On se souvient qu’initialement, le Krupp devait être vendu ou démantelé après la mise en service du très grand portique, qui a posé ses premiers blocs en avril 2015. Plus grand et nettement plus puissant, le TGP peut soulever des charges 1400 tonnes, contre 750 pour son aîné (1250 tonnes contre 650 une fois retranché le poids de l’élingage et en tenant compte des marges). Une capacité considérable pour le plus grand portique d’Europe, que l’on pensait au chantier suffisante pour assurer tous les besoins de manutention. Sauf que les prévisions de charge au moment de la commande du TGP se sont, du fait d'une explosion des commandes de paquebots, révélées bien en deçà de la réalité actuelle. On se rappelle en effet qua'u début des années 2010, STX France tablait sur un chiffre d'affaires annuel de 800 millions d'euros, alors qu'il atteint désormais 1.3 milliard. Résultat, si le nouveau portique remplit sa mission, le vieux Krupp, opérationnel depuis 1968, continue de fonctionner et rend de précieux services dans un chantier qui tourne de nouveau à plein régime.

Opération de maintenance cet été

Afin de pouvoir poursuivre son activité, le portique bleu a bénéficié cet été d’une solide opération de maintenance, qui devrait permettre de l’employer encore plusieurs années. Pour la suite, on ne sait pas si cette configuration à deux portiques peut être pérennisée, mais il est permis de se poser la question. Cela nécessiterait évidemment l'acquisition, à terme, d'un nouveau portique, peut-être moins puissant que le TGP, ou pourquoi pas d'autres types d'équipements, comme une grue mobile de grande hauteur capable d'effectuer des manutention complémentaires à celles réalisées par le principal outil de levage de Saint-Nazaire. Mais avant de lancer, éventuellement, un tel investissement, financièrement lourd, il faudra d'abord voir si le niveau du carnet de commandes se maintient et si des alternatives peuvent être trouvées. Avec, pour commencer, les effets de la réorganisation industrielle liée à l’extension de l’aire de pré-montage, qui va s’étendre de 150 mètres avec le dévoiement du boulevard des apprentis. Les travaux de voierie doivent être achevés à l’été 2017 et le prolongement des rails du TGP à la fin de la même année. 

Pour mémoire, le carnet de commandes de STX France compte actuellement 7 paquebots livrables entre 2018 et 2022 : le Bellissima (167.600 GT, 2246 cabines) et deux unités de la classe Meraviglia Plus (177.100 GT, 2444 cabines) pour MSC Cruises ; le Symphony of the Seas et une unité supplémentaire de la classe Oasis (environ 230.000 GT et 2750 cabines) pour Royal Caribbean International ainsi que quatre navires de la classe Edge (129.500 GT, 1467 cabines) de Celebrity Cruises. On notera d’ailleurs que le groupe RCCL a annoncé cet été le bouclage du montage financier du cinquième Oasis, livrable en 2021, ainsi que des Edge 3 et 4, qui sortiront de l’estuaire de la Loire en 2021 et 2022. En plus de ces commandes, STX France attend la transformation en contrat de la lettre d’intention signée en avril dernier par MSC Cruises. Elle porte sur la construction de quatre paquebots (2+2) d’environ 200.000 GT et 2750 cabines dotés d’une propulsion au gaz naturel liquéfié et livrables entre 2022 et 2026. En dehors des navires de croisière, on rappellera que le chantier travaille aussi, actuellement, sur deux sous-stations électriques destinées à des champs éoliens en Europe du nord. Livrables cet hiver, ces imposants équipements, dotés de topsides de 1400 à 4000 tonnes, affichent une puissance de 309 MW et 385 MW.

STX FRANCE (Chantiers de Saint-Nazaire)