Construction Navale
Saint-Nazaire : Le contrat du paquebot libyen annulé

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Saint-Nazaire : Le contrat du paquebot libyen annulé

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STX France a annoncé hier l'annulation du contrat portant sur la réalisation d'un navire de 139.400 tonneaux et 1739 cabines pour l'armateur libyen GNMTC. C'est le chantier nazairien qui a décidé de la rupture, au motif d'un « défaut de paiement » de son client. Ce dernier, qui avait payé 10% du montant total (plus de 500 millions d'euros) à la signature de la commande, à l'été 2010, devait s'acquitter, avant le 15 mai dernier, d'un nouveau paiement couvrant 25% de la valeur du navire. Mais les opérations militaires contre le colonel Kadhafi et les sanctions internationales prises à l'encontre du régime de Tripoli ont empêché que ce second versement soit effectué. Par conséquent, STX France a annulé la commande, alors que le « X32 », dont la construction a débuté fin 2009, en est à 40% d'achèvement.

Le X32 le 24 juin (© : JACQUES RIEGERT)
Le X32 le 24 juin (© : JACQUES RIEGERT)

La direction parie sur une reprise par un autre armateur

La direction du chantier nazairien a, toutefois, décidé de poursuivre la réalisation du paquebot, prévu pour être achevé en décembre 2012. STX France fait, en effet, le pari que le X32 pourra être revendu sur cale à un autre armateur. On pense bien évidemment à MSC Cruises, dont les trois unités de la classe Fantasia ont servi de modèle au navire libyen. L'affaire n'est toutefois pas si simple. Car, si MSC n'a plus qu'un paquebot en cours de construction à Saint-Nazaire (le MSC Divina - U32 livrable en mai 2012) et que l'armateur italo-suisse compte poursuivre ensuite le développement de sa flotte, les négociations sont probablement difficiles. Sachant Saint-Nazaire en difficulté, MSC ne se prive sans doute pas de tirer les prix vers le bas. Dans les couloirs du chantier comme dans le milieu de la croisière, on évoque donc d'autres clients potentiels. « Le mieux c'est qu'il y ait au plus vite un repreneur, voire des repreneurs. Il ne s'agit pas de brader ce navire », explique-t-on à la CFDT.

Le MSC Fantasia (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
Le MSC Fantasia (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Risque calculé

Le jeu commercial en vaut sans doute la chandelle, même s'il faut reconnaitre qu'il s'agit là d'une prise de risque, au demeurant compréhensible. Comme pour le U32 et les études du futur Europa 2 d'Hapag-Lloyd (H33 livrable en mars 2013), la direction ayant choisi en 2010, pour maintenir de l'activité sur le site, d'anticiper les études (U32 et H33) et la construction (U32) avant même que les contrats ne soient signés. Jusqu'ici, ces initiatives se sont révélées payantes et ont permis de maintenir de l'emploi. Mais, comme le reconnait un Nazairien, « on serre les fesses ». L'aboutissement de la réalisation de l'ex-paquebot de GNMTC est en tous cas impératif pour Saint-Nazaire, faute de quoi le chantier connaîtrait un brutal trou d'air. On notera aussi que STX France n'a décidemment pas de chance car il s'agit de la seconde annulation en moins de trois ans, après celle du D33, sistership du Norwegian Epic (C33) de NCL, en 2008.

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