Construction Navale
Saint-Nazaire : Le spectre d’une usine à gaz franco-italienne

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Saint-Nazaire : Le spectre d’une usine à gaz franco-italienne

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Même s’il n’y a plus rien à attendre de l’actuel gouvernement, qui malgré le boulevard politique ouvert devant lui a choisi de capituler face aux pressions italiennes, Fincantieri n’est pas encore assuré de mettre la main sur les chantiers STX France de Saint-Nazaire.

Contrairement à ce que beaucoup de monde semble penser, y compris en Italie où l’on présente déjà le rachat comme bouclé, l’affaire n’est pas encore pliée. Le processus d’acquisition par Fincantieri demeure réversible et il existe d’autres solutions qu’une reprise par le groupe italien. Celle-ci suscite de plus en plus d’interrogations à Saint-Nazaire, où on lui préfère en réalité très largement le fameux « plan B », toujours sur la table et prêt à être activé. Un plan B qui porte pour mémoire sur une reprise incluant les armateurs, avec le maintien de la participation de l’Etat et l’entrée de DCNS (comme c’est aussi le cas avec Fincantieri). Il permet en plus d’ouvrir le capital au personnel du chantier, et pourquoi pas à d’autres acteurs locaux, comme des sous-traitants.

Le droit de préemption maintenu

L’Etat, s’il n’a vraiment pas brillé dans la gestion de ce dossier, a au moins eu le mérite de ménager une porte de sortie pour l’équipe dirigeante, quelle qu’elle soit, qui sera bientôt aux affaires. Malgré les demandes italiennes, qui souhaitaient obtenir avant les élections un engagement définitif des autorités françaises, le protocole d’accord signé le 12 avril entre Fincantieri et l’Agence des Participations de l’Etat (APE), chargée de gérer les 33% détenus par la France dans les chantiers nazairiens, ménage une porte de sortie. En clair, l’Etat a imposé que soit laissée la possibilité au prochain gouvernement de préempter les parts détenues depuis 2008 par le groupe sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding. Ces fameux 66% dont Fincantieri négocie le rachat avec le tribunal de Séoul chargé de la cession des actifs de STX afin d’éponger une partie de son énorme dette.

Rappel de la procédure en Corée

On s’en souvient, par un coup de chance monumental, Fincantieri s’était retrouvé seul à déposer une offre devant cette juridiction. Deux autres candidats étaient en lice initialement : le groupe asiatique Genting Hong Kong et un consortium composé du constructeur néerlandais Damen et des deux principaux clients de STX France, les armateurs RCCL et MSC. Considéré comme plus sécurisant et industriellement porteur, ce « trio » avait la préférence du gouvernement français, et en particulier le soutien d’Emmanuel Macron lorsque celui-ci était ministre de l’Economie. Mais l’affaire ne s’est pas déroulée comme prévu. Genting Hong Kong, parti pour présenter une offre financièrement très élevée afin de séduire le tribunal et les créanciers de STX O&S, a comme l’espérait Paris jeté l’éponge. Le groupe asiatique était en effet conscient que la France, qui avait fait passer les messages nécessaires fin 2016, ne le laisserait pas mettre la main sur Saint-Nazaire. En revanche, le trio a contre toute attente volé en éclat juste avant la date de remise des dossiers sur le bureau du juge coréen, le 27 décembre. En cause, une mésentente entre

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