Construction Navale
Saint-Nazaire : Les accès au C33 bloqués pour la troisième fois

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Saint-Nazaire : Les accès au C33 bloqués pour la troisième fois

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Hier matin, pour le troisième jour consécutif, une cinquantaine de grévistes a bloqué durant deux heures les accès au paquebot C33 (futur Norwegian Epic de NCL), actuellement en achèvement aux chantiers STX France de Saint-Nazaire. Alors que le navire doit débuter cette semaine ses premiers essais en mer, période sensible où armateur et chantier sont traditionnellement « sur les dents », les actions de blocages sont très mal vécues par une partie du personnel travaillant sur le site. Ainsi, hier matin, des frictions se sont produites entre les grévistes et des sous-traitants qui souhaitaient monter à bord pour travailler. Si le ton est apparemment monté assez haut, les échanges sont restés verbaux et, heureusement, personne ne semble en être venu aux mains. Au coeur du conflit se situe l'indemnisation du chômage partiel, qui touche actuellement l'entreprise et fait l'objet d'une convention devant être renégociée entre la direction et les syndicats. Mais, au moment où STX tente désespérément de signer de nouveaux contrats pour garnir un carnet de commandes en berne, les conséquences de mouvements touchant directement les navires est un véritable handicap pour les chantiers. C'est pourquoi la direction a exercé hier, lors d'un comité d'entreprise extraordinaire, son droit d'alerte. « Il s'agissait d'exposer les risques que les modalités du conflit font courir sur le planning du navire et les relations commerciales avec le client », explique-t-on chez STX France.

Les négociations se poursuivent

A l'issue d'un Comité d'Entreprise Extraordinaire, la direction a rencontré les syndicats afin de trouver un accord sur l'indemnisation du chômage partiel, qui touche de plus en plus de service du chantier, faute de nouvelles commandes. Arrivant à échéance fin février, la convention APLD, signée en novembre, doit être reconduite pour trois mois. Elle serait assortie d'une période supplémentaire de trois mois durant lesquels la direction s'engage à ne pas avoir recours aux licenciements économiques. Une solution semble avoir été trouvée pour les salariés grévistes, qui dénonçaient un manque à gagner du fait de la non prise en compte de primes dans leur indemnisation. « Dans le projet d'accord que nous avons présenté aux organisation syndicales, tous les éléments de rémunération sont inclus dans la base servant au calcul de l'indemnisation », assure la direction. Concernant les salariés (250) qui ne peuvent utiliser un compte épargne temps (parce qu'il n'en ont plus ou n'en ont jamais eu), un CET « débiteur » pourrait être accepté en cas de commande de navire. Dans ce cas, les salariés, dans l'attente de la montée en puissance du navire, pourraient utiliser en avance de phase cette possibilité, les jours étant ensuite rattrapés en période de forte charge. Pour l'heure, le dispositif proposé permettrait d'assurer à tous les salariés, lors des périodes chômées, environ 92% de leur salaire net.
En attendant qu'un accord soit signé, la direction a pris des mesures pour que les accès ne soient plus bloqués. A quelques heures du premier appareillage du plus gros et du plus innovant paquebot jamais réalisé à Saint-Nazaire, STX joue très gros face à son client, NCL. Car la compagnie américaine, qui dépense 1.2 milliard de dollars pour le Norwegian Epic, pourrait bien passer de nouvelles commandes à partir de 2011. Dans cette perspective, la réussite du paquebot est un impératif.
Concernant ses premiers essais en mer, c'est finalement aujourd'hui que l'on devrait savoir si le planning peut être maintenu malgré les blocages. L'appareillage est prévu ce vendredi.

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