Construction Navale
Saint-Nazaire : Les chantiers envisagent du chômage partiel au printemps

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Saint-Nazaire : Les chantiers envisagent du chômage partiel au printemps

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Hier, en comité d'entreprise, la direction de STX France (ex-Aker Yards) a présenté un projet de chômage partiel pour une partie du personnel. Cette mesure pourrait toucher, selon Force Ouvrière, 144 employés, dont 134 à la Direction Technique (Bureaux d'Etudes), 7 à la Direction Commerciale (Architecture navale) et 3 à la Direction Ressources Humaines (Service Recrutement). Faute de navires prototypes à réaliser, les bureaux d'études sont confrontés à un important creux de charge. Depuis le début de l'automne et jusqu'au mois de janvier, les ex-Chantiers de l'Atlantique, qui emploient près de 3000 personnes, sont parvenus à compenser la baisse de l'activité en interne par l'obtention de nouveaux marchés. Ainsi, des ingénieurs et techniciens ont été détachés dans des bureaux d'études extérieurs. Mais, à partir de février, les courbes de charge replongent. C'est pourquoi la direction envisage d'imposer des journées chômées à partir du printemps. « Nous espérons, d'ici là, décrocher de nouveaux marchés mais, en attendant, la loi nous impose de présenter en amont cette mesure, qui reste conservatoire », explique-t-on chez STX. « Considérant que ces mesures vont entraîner une perte importante de salaire pour certains salariés, de 3,5% à 14%, soit de 57€ à 228€ en moyenne par mois », Force Ouvrière demande une indemnisation à 100% du chômage partiel. Le syndicat réclame également la possibilité d'utiliser le droit individuel à formation (DIF) sur le temps de travail, « afin de réduire le nombre de jours chômés ».

NCL : « Rien de neuf pour le moment »

Pour éviter d'en arriver là, à Saint-Nazaire, on croise les doigts pour qu'une nouvelle commande tombe rapidement, d'autant qu'après les bureaux d'études, ce sont les plans de charge en coque métallique et armement qui commencent à baisser à partir de juin prochain. Le conflit opposant le chantier et la compagnie américaine Norwegian Cruise Line est en grande partie responsable du creux de charge se profilant au second semestre 2009. En attendant de trouver un accord avec NCL, qui ne souhaite pas payer les modifications souhaitées sur ses deux futurs paquebots géants, STX a stoppé, en octobre, les travaux sur le deuxième navire de la série (le D33), dont la première tôle avait été découpée en août. Seul le prototype (C33), mis sur cale en avril, voit sa construction se poursuivre, mais dans la plus grande incertitude. « Il n'y a rien de neuf pour le moment mais nous espérons pouvoir communiquer rapidement sur le sujet », indique-t-on, très vaguement, chez STX. Du côté de NCL, on évoquait en interne, récemment, l'émergence d'un consensus avec le chantier. « On aimerait bien mais il n'y a rien de plus pour le moment ». A Saint-Nazaire, de nombreux salariés espèrent que l'entrée récente de l'Etat, à hauteur de 33%, dans le capital de l'entreprise permettra de débloquer la situation. Certains syndicats considèrent, en outre, que l'Etat actionnaire doit directement intervenir dans le plan de charge. Ainsi, FO va « interpeller de nouveau le gouvernement pour qu'il décide au plus vite le lancement des études et la construction du 2ème porte-avions. Une telle décision permettrait d'éviter le chômage partiel dans les bureaux d'études ».

Le grand plan de recrutement en sommeil

En attendant de connaître l'épilogue de l'affaire NCL et de voir signés de nouveaux contrats, c'est donc l'expectative, évidemment dans la sous-traitance, qui représente des milliers d'emplois, mais aussi, désormais, au sein même du chantier.
Face à cette situation, le grand plan d'embauche lancé en 2007 par Aker Yards a été mis en sommeil. Signe qui ne trompe pas, trois salariés du service recrutement pourraient, eux aussi, se retrouver bientôt au chômage partiel. Le chantier, qui confirme avoir « levé le pied » sur les embauches, continue toutefois d'accueillir des jeunes en Bac Professionnels ou contrats d'apprentissage. Huit ont, ainsi, été recrutés il y a deux semaines.
Après la livraison du paquebot MSC Fantasia, le 10 décembre prochain, Saint-Nazaire doit achever un navire du même type, le Splendida (1647 cabines) à l'été 2009. Cinquième unité du type Musica (1275 cabines), le MSC Magnifica doit rejoindre la flotte de MSC Croisières en décembre 2009. Ensuite, le plan de charge est fait d'interrogations car l'année 2010 doit, ou devait être, celle des deux géants de NCL (plus de 2100 cabines). Il reste enfin deux autres paquebots du type Musica, commandés pour début 2011 et début 2012 par MSC Croisières. Mais ces deux bateaux, dont le montage financier ne serait pas encore totalement bouclé, ne seront pas suffisants pour assurer une charge de travail équivalente à celle que l'on connait actuellement dans l'estuaire de la Loire.

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