Construction Navale
Saint-Nazaire : L’hypothèse Damen

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Saint-Nazaire : L’hypothèse Damen

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Selon plusieurs sources concordantes, le groupe néerlandais Damen ferait bien partie des candidats à la reprise des chantiers de Saint-Nazaire. Il serait même probablement au premier rang du fameux consortium avec lequel le gouvernement français mène des « discussions approfondies » (voir notre article du 7/09). Pour ne pas nuire aux pourparlers, le ministère de l’Economie et des Finances se refuse toujours à révéler l’identité des membres de ce consortium, un second repreneur potentiel et des marques d’intérêt d’autres acteurs étant également évoqués.

Toutefois, sur le dossier du consortium, Bercy a ajouté, par rapport aux informations que nous avions recueillies mardi (on parlait alors d’un « un consortium d’acheteurs intéressés, dont un industriel du secteur de la construction navale civile ») une précision intéressante. L’industriel en question est un acteur « du secteur de la construction navale civile ».

Cela exclut donc, de faco, le groupe naval DCNS. Par ailleurs, alors que les discussions ont débuté avant le remaniement consécutif à la démission d’Emmanuel Macron, des confidences récentes faites par l’ancienne équipe en poste à Bercy et auxquelles nous avons eu accès par une source sûre font bel et bien état de Damen comme candidat à la reprise de STX France.

Cette hypothèse, que nous évoquions déjà en juin, est comme expliqué en détail à l’époque (voir notre article du 22/06) emprunte d’une logique industrielle, présente différents intérêts pour Damen et le chantier nazairien, tout en répondant à certaines problématiques cruciales pour ce dernier. En dehors des considérations capitalistiques, c’est le cas par exemple  dans le cadre de la recherche, par la direction de STX France, d’un partenaire européen pour sous-traiter des coques ou sections de navires afin de pallier la saturation de l’outil industriel dans l’estuaire de la Loire et engranger des commandes supplémentaires.

Une affaire complexe et encore loin d’être bouclée

Cela étant, le scenario du consortium emmené par Damen ne doit pas être tenu pour acquis et il faut rester prudent. Comme l’expliquait il y a deux jours une source au ministère de l’Economie et des Finances, « les conditions d’un accord entre l’État et (le) consortium ne sont à ce stade pas remplies ». De ce que se dit en coulisses, l’affaire est très complexe et loin d’être bouclée. Les discussions se poursuivent entre les partenaires potentiels dont on ne sait pas s’ils ont envisagé de se réunir de leur propre chef ou s’ils sont plus ou moins poussés au mariage par Bercy, qui précise avoir sur le dossier STX une démarche « proactive ».  

D’autres noms circulent, sans certitude

En parallèle, au moins un autre candidat se serait fait connaitre selon le ministère. Et ce ne sera probablement pas le seul. Dans le secteur maritime, différentes hypothèses sont émises, d’acteurs européens à des repreneurs asiatiques. Le nom de Fincantieri revient notamment, certaines rumeurs (que nous ne sommes pas en mesure d’accréditer à ce stade) évoquant même, et ce serait alors une très grosse surprise, une éventuelle alliance avec Damen.

Et puis il faudra bien entendu voir quelle sera la position de DCNS, qui a jusqu’ici exclu une reprise des anciens chantiers de l’Atlantique mais avait laissé la porte ouverte à une participation minoritaire aux côtés d’autres acteurs. Si l’hypothèse Damen venait à se préciser, le groupe naval, qui craint le développement en France du Néerlandais (susceptible, au-delà des paquebots, de lorgner aussi sur les marchés militaires), pourrait être contraint de faire mouvement.

Quoiqu’il en soit, après des mois d’incertitude, les choses devraient maintenant aller très vite avec l’accélération du calendrier suite à l’annonce, par STX Offshore&Shipbuilding, de sa volonté de ventre les chantiers nazairiens avant la fin de l’année.

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