Construction Navale
Saint-Nazaire livre le plus gros paquebot de son histoire

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Saint-Nazaire livre le plus gros paquebot de son histoire

Construction Navale

Au terme d'une construction aussi épique que son nom, le « C33 » doit être livré ce matin par STX France à la compagnie américaine NCL. A la marée du soir, c'est-à-dire vers 21 heures, le mastodonte fera ses adieux à Saint-Nazaire. Plus gros paquebot construit jusqu'ici par les chantiers de Saint-Nazaire, le Norwegian Epic, long de 329.45 mètres pour une largeur de 40.64 mètres, affiche une jauge de 153.000 tonneaux, soit 8000 de plus que le Queen Mary 2, achevé en décembre 2003. Par rapport au fleuron de la Cunard, le nouveau paquebot compte un nombre bien plus important de cabines et suites, soit 2114 au lieu de 1260 ! Premier navire de NCL à déployer le concept Freestyle 3, basé sur le choix de restauration, une offre de divertissement impressionnante et des croisières moins formelles, le navire va mettre le cap sur Rotterdam, où il sera dévoilé pour la première fois samedi. Puis, le 24 juin, il appareillera de Southampton pour sa première croisière transatlantique. Il arrivera à New York le 1er juillet et sera baptisé le lendemain dans le port américain. Cet été et durant l'hiver, le paquebot géant sera exploité dans les Caraïbes. Au printemps 2011, il reviendra en Europe pour réaliser des traversées en Méditerranée au départ de Barcelone. A cette occasion, il doit notamment faire une escale à Marseille.

Le Norwegian Epic (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Le Norwegian Epic (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Premier navire mis en service chez NCL depuis 2007, le Norwegian Epic est considéré comme l'évènement de l'année par l'industrie de la croisière. En termes d'aménagements, le navire présente certaines innovations majeures, comme les cabines aux parois incurvées. Grande première sur un paquebot, ce concept permet de révolutionner l'esthétique des cabines et offre un important gain de place. Les cabines extérieures, avec cette configuration, se présente en deux modèles : l'une avec un lit près du balcon et l'autre avec un positionnement plus central du lit. Dans les tons bois et beiges, ces cabines se veulent aussi modernes qu'élégantes. Pour la première fois également, le bloc sanitaire disparaît au profit d'une douche et d'un coin toilette placés derrière un rideau.

Cabine du Norwegian Epic (© : TILLBERG DESIGN)
Cabine du Norwegian Epic (© : TILLBERG DESIGN)

Cabine du Norwegian Epic (© : TILLBERG DESIGN)
Cabine du Norwegian Epic (© : TILLBERG DESIGN)

De nombreuses catégories de cabines et suites sont proposées, notamment 128 studios réservés aux passagers individuels. On trouvera également à bord, comme sur les unités précédentes, un complexe Courtyard dans les ponts supérieurs de la partie avant (suites donnant sur un patio avec piscine). Les grandes suites se trouvent, quant à elles, au dessus de la passerelle, derrière une baie vitrée offrant une vue incroyable sur l'océan. En revanche, contrairement aux navires de la classe Norwegian Jewel, l'installation de Garden Villas, immenses suites dotées de plusieurs chambres, d'un patio et d'une terrasse, a été abandonnée. C'est pourquoi le nombre de cabines et suites, de 2098 initialement, est passé à 2114, les Garden Villas faisant place à des suites moins grandes mais plus nombreuses.

Le Norwegian Epic (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Le Norwegian Epic (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Le Norwegian Epic présentera également une offre d'espaces publics assez unique. En tout, on trouve à bord pas moins de 14 restaurants, dont un permettant de profiter d'un dîner-spectacle sous un chapiteau. Il y a également 18 bars et salons, y compris un Ice-bar. En dehors de la traditionnelle salle de spectacle, où se produiront les célèbres Blue Men, ainsi que de l'immense casino, un complexe bowling-boite de nuit sera proposé aux passagers. Ces derniers pourront aussi profiter du pont piscine extérieur, avec ses impressionnants toboggans, d'un mur d'escalade, d'un terrain de sport, d'une salle de fitness, d'un centre de bien-être, ou encore, à l'arrière, d'un espace en gradin avec piscine et écran géant.

Le Bistrot (© : STX FRANCE)
Le Bistrot (© : STX FRANCE)

Le Bistrot (© : STX FRANCE)
Le Bistrot (© : STX FRANCE)

Le Taste (© : STX FRANCE)
Le Taste (© : STX FRANCE)

Comedy Club (© : STX FRANCE)
Comedy Club (© : STX FRANCE)

Ultra Bliss Lounge (© : STX FRANCE)
Ultra Bliss Lounge (© : STX FRANCE)

Salle de spectacle (© : STX FRANCE)
Salle de spectacle (© : STX FRANCE)

Un challenge pour STX

Commandé en octobre 2006 et mis sur cale en avril 2008, le Norwegian Epic fut un véritable challenge pour les chantiers nazairiens. Sa taille a, notamment, imposé de trouver des solutions en matière de sécurité à bord, qu'il s'agisse de la gestion des flux et des espaces, mais aussi des embarcations de sauvetage. Pour la première fois sur un paquebot réalisé en France, un système de mise à l'eau par débordement des canots a été choisi, permettant ainsi de faciliter l'embarquement en cas d'évacuation. La capacité des embarcations a également été significativement augmentée. Ainsi, les « lifeboats » (embarcations de sauvetage), peuvent transporter 293 personnes, soit 95% de personnes en plus par rapport aux canots précédents, alors que les tenders ont une capacité maximale de 267 personnes (+78 %).

 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
(© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Techniquement, le Norwegian Epic présente également une avancée au niveau de la propulsion. Aux côtés de 3 moteurs diesels MAK de 12MW, il dispose de trois moteurs diesels prototypes de 15MW chacun, les plus gros du genre embarqués jusqu'à présent sur un paquebot. L'autre innovation porte sur l'adoption d'une propulsion électrique asynchrone, développée par Converteam. Les moteurs asynchrones sont alimentés par des convertisseurs de fréquence à MLI (modulation de largeur d'impulsions). Cette association offre des avantages significatifs en termes de robustesse, de compacité, de fiabilité, de faible niveau de bruits et de vibrations, tout en assurant un très bon rendement du système propulsif. L'avantage de la propulsion asynchrone est, notamment, de simplifier le moteur électrique de propulsion. Présentant moins de pièces « actives » que les moteurs habituels, il est logiquement plus robuste.
En tout, le Norwegian Epic, doté de deux lignes d'arbres, développe une puissance de 88 MW, lui permettant de produire son électricité et de filer à une vitesse maximale de 23 noeuds.

 (© : CONVERTEAM)
(© : CONVERTEAM)

Le « C33 », comme on l'appelle aux chantiers, se distingue également par la mise en oeuvre d'un réseau multiplex très développé, qui a permis de réaliser d'importantes économies au niveau du câblage. Ainsi, le réseau informatique est canalisé sur un même câble. Le système regroupe le réseau Internet, la télévision, le téléphone, la fermeture des portes, les caméras de surveillance ou encore les horloges. On notera, également, que des efforts très importants ont été réalisés en matière d'économie d'énergie, de traitement des eaux usées et de récupération de chaleur. Ainsi, sur tous les systèmes chauffant, les calories sont récupérées sur des conduites d'eau et redistribuées sous forme d'eau préchauffée.

Le Norwegian Epic en mars (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Le Norwegian Epic en mars (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Un contrat très rude

Pour les chantiers de Saint-Nazaire, la construction du Norwegian Epic restera un évènement marquant. D'abord en raison de l'ampleur du projet, mais aussi en raison des aléas qui ont jalonné le contrat. Changement d'actionnaire chez NCL, remise à plat du projet, nombreuses modifications souhaitées par l'armateur, conflit avec celui-ci, annulation de la construction du second navire initialement prévu, échange d'un moteur de 16MW après une grosse avarie, pyromane en liberté à l'origine de trois départs de feu, dont un incendie provoquant de gros dommages début mai, surcoûts dans les études, les approvisionnements et la réalisation, impossibilité de communiquer largement sur le projet... In fine, le C33 n'aura pas été une sinécure pour STX France. C'est donc, sans doute, avec un certain soulagement que les équipes voient ce projet bientôt s'achever. Bientôt, car il reste encore quelques travaux à bord et, ce soir, des équipes du chantier et de ses sous-traitants embarqueront pour Rotterdam afin d'aider l'équipage à prendre le bateau en main et mener à bien un certain nombre de finitions. Mais, au-delà des difficultés, les milliers d'hommes et de femmes qui ont oeuvré à la réalisation de ce nouveau géant ont de quoi être fier. Après des essais en mer parfaitement réussis, il convient maintenant de voir comment le marché va accueillir ce nouveau concept de croisière.

Le Norwegian Epic en mars (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Le Norwegian Epic en mars (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

NCL attend d'ailleurs le retour d'expérience lié aux premiers mois d'exploitation du Norwegian Epic pour décider de ses futurs projets de constructions neuves. Car la compagnie américaine, qui ne peut investir d'ici la fin de l'année en raison du lourd endettement qu'elle a connu ses dernières années, pense à l'avenir. Le retour à des résultats positifs, consécutifs à sa reprise en main par Apollo Management (qui a repris au groupe Genting 50% de NCL à l'été 2007), va de nouveau lui permettre d'investir. Dans cette perspective, la réussite du Norwegian Epic, malgré les difficultés rencontrées, peut permettre à Saint-Nazaire d'espérer de nouvelles commandes. Mais la concurrence sera rude et l'Allemand Meyer Werft, qui a réalisé les précédents paquebots de NCL, espérant bien reconquérir son ancien client.

LA CONSTRUCTION EN IMAGES



Découpe de la première tôle en octobre 2007 (© : MER ET MARINE)
Découpe de la première tôle en octobre 2007 (© : MER ET MARINE)

Mise sur cale en avril 2008 (© : MER ET MARINE)
Mise sur cale en avril 2008 (© : MER ET MARINE)

Le C33 en janvier 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Le C33 en janvier 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Pose du bulbe d'étrave en mars 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Pose du bulbe d'étrave en mars 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Pose du bulbe d'étrave en mars 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Pose du bulbe d'étrave en mars 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Pose de l'étrave en avril 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Pose de l'étrave en avril 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Pose de l'étrave en avril 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Pose de l'étrave en avril 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Pose de l'étrave en avril 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Pose de l'étrave en avril 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Pose des hélices en mai 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Pose des hélices en mai 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Pose des hélices en mai 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Pose des hélices en mai 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Pose de la timonerie en mai 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Pose de la timonerie en mai 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Pose de la timonerie en mai 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Pose de la timonerie en mai 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Pose de la timonerie en mai 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Pose de la timonerie en mai 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Pose des cheminées en juin 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Pose des cheminées en juin 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Pose des cheminées en juin 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Pose des cheminées en juin 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Pose de superstructure juin 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Pose de superstructure juin 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Pose de superstructure juin 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Pose de superstructure juin 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Le Norwegian Epic fin juin 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Le Norwegian Epic fin juin 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Le Norwegian Epic début juillet 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Le Norwegian Epic début juillet 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Le Norwegian Epic début juillet 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Le Norwegian Epic début juillet 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Le Norwegian Epic début juillet 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Le Norwegian Epic début juillet 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Mise à flot en juillet 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Mise à flot en juillet 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Mise à flot en juillet 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Mise à flot en juillet 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Le Norwegian Epic en septembre 2009 (© : MER ET MARINE)
Le Norwegian Epic en septembre 2009 (© : MER ET MARINE)

Embarquement des premiers canots en septembre 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Embarquement des premiers canots en septembre 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Les canots et tenders en novembre 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Les canots et tenders en novembre 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Le C33 au bassin C en décembre 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Le C33 au bassin C en décembre 2009 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Le C33 sous la neige en février 2010 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Le C33 sous la neige en février 2010 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Premiers essais en mer en février 2010 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Premiers essais en mer en février 2010 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Premiers essais en mer en février 2010 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Premiers essais en mer en février 2010 (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Au Bassin C fin mars (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Au Bassin C fin mars (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Peinture de l'étrave en avril (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Peinture de l'étrave en avril (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Peinture de l'étrave en avril (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Peinture de l'étrave en avril (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

En forme Joubert en avril (© : THOMAS TRINQUART)
En forme Joubert en avril (© : THOMAS TRINQUART)

Retour au bassin C en mai (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Retour au bassin C en mai (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Retour au bassin C en mai (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Retour au bassin C en mai (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Visite des familles en juin (© : MER ET MARINE)
Visite des familles en juin (© : MER ET MARINE)

Seconds essais mer en juin (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Seconds essais mer en juin (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Seconds essais mer en juin (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Seconds essais mer en juin (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Seconds essais mer en juin (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Seconds essais mer en juin (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

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