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Saint-Nazaire Marine achève la réparation de son premier grand pétrolier

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Saint-Nazaire Marine achève la réparation de son premier grand pétrolier

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Le pétrolier Jasmine Knutsen a quitté l'estuaire de la Loire lundi soir, après plus de trois semaines de réparations chez Saint-Nazaire Marine. L'impressionnant navire, long de 276.9 mètres pour 147.500 tonnes de port en lourd, est le plus gros bateau entré en forme Joubert depuis de très longues années. Il dépasse, notamment, le méthanier Provalys, livré en 2006 par Aker Yards et dont la capacité est de 154.400 m3. Construit en 2005 par les chantiers coréens Samsung Heavy Industries, le Jasmine fait partie des trois « shuttle tankers » de l'armement norvégien Knutsen, opérés depuis Terre-Neuve par le Canadien Canship Ugland. Durant son séjour, non prévu initialement, le pétrolier a subi d'importants travaux sur sa propulsion. Il a, notamment, fallu déconnecter puis démonter la ligne d'arbres afin de sortir le hub (moyeu) qui héberge les pistons actionnant les pales de son hélice à pas variable. L'opération n'avait rien de simple, vu la taille de l'hélice et son poids, chaque pale pesant plus de 7.5 tonnes et le moyeu quelques 18 tonnes. Une grue a donc été descendue à fond de cale pour faciliter la manoeuvre. Une fois dégagé, le hub a fait l'objet d'une opération de contrôle et d'usinage, alors qu'une visite sur les propulseurs azimutaux était également menée.

Le Jasmine Knusten en forme Joubert (Photo : SNM)
Le Jasmine Knusten en forme Joubert (Photo : SNM)

4000 heures de travail et une coopération réussie avec le port et Aker Yards

En tout, le chantier a représenté 4000 heures de travail pour Saint-Nazaire Marine. L'arrêt technique du pétrolier a, également, nécessité une organisation très fine avec les ex-Chantiers de l'Atlantique, qui achèvent actuellement le paquebot MSC Poesia. « Le Jasmine est entré le 6 février dans la forme Joubert mais il a fallu le transférer au bassin de Penhoët, afin de laisser le Poesia sortir pour ses essais mer. Lorsque le paquebot est rentré, le pétrolier est revenu en cale sèche, ce qui a constitué deux grosses manoeuvres nécessitant à chaque fois l'intervention de cinq remorqueurs. Nous avons pu tenir les délais grâce à une très bonne coopération avec le port autonome et Aker Yards », se félicite Christian Mennesson, président de SNM. L'ancien officier de marine, qui a relancé en 2005 une réparation navale devenue moribonde à Saint-Nazaire, ne cache pas sa volonté de positionner sa société sur les gros pétroliers. « La forme Joubert, longue de 350 mètres et large de 50 mètres, nous donne l'opportunité d'entretenir des navires plus gros que ceux dont nous assurons habituellement les arrêts techniques. En plus des navires que nous avons recevons déjà, notre objectif est d'attaquer, sur le marché international, les bateaux de bonne taille ».

La forme Joubert mesure 350 mètres de long sur 50 de large (Photo : SNM)
La forme Joubert mesure 350 mètres de long sur 50 de large (Photo : SNM)

Après le Jasmine, l'arrêt technique de son sistership en vue

Pour parvenir à se développer sur ce créneau, Saint-Nazaire Marine va transformer le chantier du Jasmine en carte de visite. Un film en anglais est en cours de réalisation, des vues aériennes ayant été tournées à l'occasion du passage du tanker en cale sèche. La vidéo sera ensuite mise en ligne sur le site Internet de SNM afin que les compagnies étrangères puissent découvrir les capacités de Saint-Nazaire en matière de réparation navale. Le port souffre, en effet, d'un déficit de notoriété en la matière et c'est avec une certaine surprise que le propriétaire du Jasmine a pris conscience du potentiel du site. « Nous avons eu beaucoup de visites pendant le chantier, notamment du directeur technique de Knutsen, qui a été heureux de découvrir la taille de la forme Joubert et a manifesté son intérêt pour l'existence d'une telle infrastructure sur la façade atlantique ». Et l'intérêt du groupe norvégien pourrait rapidement déboucher sur un nouveau contrat. Saint-Nazaire Marine et Knutsen discutent en effet sur l'opportunité de réaliser, à la fin du printemps, l'arrêt technique du sistership du Jasmine.
D'ici là, SNM se positionne pour accueillir, en avril et mai, les pétroliers FS Pauline et FS Philippines, de Fouquet-Sacop. L'armement marseillais est un client régulier de l'entreprise, qui a assuré en janvier dernier l'entretien du FS Mila.
Outre les pétroliers, Saint-Nazaire Marine a travaillé en janvier et février sur la maintenance des bacs Gironde et Verdon. Le trois-mâts Belem devrait, quant à lui, sortir de grand carénage le 14 mars. Enfin, toujours côté réparation, la forme 1 de Saint-Nazaire devrait prochainement accueillir le yacht Octopus.

Le jasmine Knusten a quitté lundi soir la forme Joubert (Photo : SNM)
Le jasmine Knusten a quitté lundi soir la forme Joubert (Photo : SNM)

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