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Saint-Nazaire : MSC confirme ses commandes de paquebots

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Saint-Nazaire : MSC confirme ses commandes de paquebots

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Alors que les grands chantiers européens spécialisés dans la construction de paquebots sont confrontés à d’âpres négociations avec la plupart des armateurs, qui dans le contexte actuel imposent des reports de livraisons, voire des annulations de commandes, la compagnie italo-suisse MSC confirme à Mer et Marine qu’elle maintient en l’état toutes les commandes fermes déjà passées, en particulier à Saint-Nazaire : « MSC est un groupe familial qui a une vision sur le très long terme et n’est pas tributaire des contraintes de ceux qui sont cotés en bourse. C’est ce qui fait la grande différence avec les autres grands armateurs. Aujourd’hui, malgré le contexte que nous connaissons, nous sommes confiants dans l’avenir. C’est pourquoi la vision de MSC n’a pas changé et que nous confirmons que toutes les commandes fermes déjà signées sont maintenues, et cela dans le calendrier prévu, ce qui est très important pour les chantiers. Pour la suite, il conviendra évidemment de voir comment les choses vont évoluer et s’il est nécessaire ou non de procéder à des ajustements, mais il est clair que MSC a fermement la volonté de ne pas déroger au plan d’expansion de la flotte qui a été annoncé le 20 janvier dernier à Matignon ».

Trois paquebots livrables comme prévu en 2022, 2023 et 2024

Un plan qui, pour mémoire, porte sur la construction aux Chantiers de l’Atlantique d’une douzaine de navires dans la décennie qui vient. Avec en particulier les quatre géants de la classe World (333 mètres, 205.700 GT de jauge et 2632 cabines), premiers paquebots fonctionnant au gaz naturel liquéfié (GNL) réalisés en France. Tête de série de ce programme, le MSC Europa a vu sa construction débuter en octobre dernier en vue d’une livraison en 2022. Egalement commandé, et donc confirmé pour 2024, son premier sistership. Deux autres, dont la commande ferme n’est pas encore entrée en vigueur (le montage financier est toujours en cours), sont attendus en 2025 et 2027. Par ailleurs, est également confirmée la réalisation du troisième paquebot de la classe Meraviglia + (331 mètres, 181.500 GT de jauge et 2440 cabines), livrable en 2023. Il adoptera le même design que le MSC Grandiosa entré en flotte l’an dernier et que le MSC Virtuosa, actuellement en achèvement dans l’estuaire de la Loire. Mais ce futur Meraviglia + sera le premier de la série à disposer d’une propulsion GNL. A eux seuls, les deux premiers World Class et le Meraviglia + GNL représentent un investissement de plus de 3 milliards d’euros et plus de 20 millions d’heures de travail pour les chantiers et leurs sous-traitants.

 

Vue du futur MSC Europa (© MSC CRUISES)

Vue du futur MSC Europa (© MSC CRUISES)

 

Sécuriser un socle d’activité pour maintenir les emplois et compétences

Dans cette période de grande incertitude, le maintien de ces commandes en l’état est une nouvelle extrêmement importante pour Saint-Nazaire, car ces navires sécurisent une grosse partie du plan de charge dans les toutes prochaines années et permettent ainsi à l’entreprise de bénéficier d’une visibilité cruciale dans cette phase de fortes turbulences où tous ses concurrents n’ont pas cette chance. Même si le niveau d’activité des chantiers français dépendra aussi du sort des commandes du second client majeur de Saint-Nazaire, l’armateur américain RCCL (deux paquebots en construction, trois autres en commande), les navires de MSC vont assurer un précieux socle pour maintenir l’emploi et les compétences. Un socle complété par des programmes militaires français, avec la réalisation des quatre bâtiments ravitailleurs de forces (BRF) livrables en 2022, 2025, 2027 et 2029, et les études du porte-avions de nouvelle génération (PANG), ainsi que le marché des énergies marines sur lequel Saint-Nazaire s’est spécialisé dans les sous-stations électriques destinées aux champs éoliens offshore.

Les projets Ultimate et Silenseas toujours dans les tuyaux

Pour la suite, même s’il conviendra de voir comment se déroule réellement la reprise de l’industrie de la croisière dans l’année qui vient, l’armateur maintient donc ses ambitions. Au-delà des troisième et quatrième World, le plan d’expansion de la flotte de MSC Cruises, annoncé à Matignon en janvier, porte pour mémoire sur deux autres séries, avec quatre nouveaux paquebots géants (projet Ultimate) et deux à quatre navires de croisière à propulsion vélique (projet Silenseas).

 

Le MSC Virtuosa le 24 août lors de son transfert au bassin de Penhoët (© BERNARD BIGER)

Le MSC Virtuosa le 24 août lors de son transfert au bassin de Penhoët (© BERNARD BIGER)

 

Seule la livraison du MSC Virtuosa est repoussée à février 2021

En attendant, les Chantiers de l’Atlantique doivent mener ce mois-ci les essais en mer du MSC Virtuosa, qui a lui, en revanche, vu sa livraison retardée. Prévue en octobre, elle n’interviendra qu’en février, pour une mise en service le mois suivant. Un report lié à la période de confinement, pendant laquelle la construction du navire s’est pour ainsi dire arrêtée, mais aussi suite à un accord entre le constructeur et l’armateur, ce dernier n’ayant pas besoin de ce nouveau bateau avant l’année prochaine puisque l’essentiel de sa flotte est toujours à l’arrêt. Seul un de ses dix-sept navires, le MSC Grandiosa, a pour le moment repris du service le 16 août, un second (MSC Magnifica) devant s’y ajouter fin septembre. La compagnie espère que les autres suivront progressivement dans les mois qui viennent, afin de retrouver une activité nominale en 2021.

La reprise de la croisière cruciale pour les armateurs et toutes les activités qu’ils drainent

Une reprise cruciale pour MSC comme pour les autres acteurs du secteur, mais aussi pour toute l’économie liée à l’industrie de la croisière. Celle évidemment des chantiers navals, qui pèse lourd dans certains pays comme la France, mais aussi les importantes retombées économiques liées aux activités des passagers lors des escales. Elle bénéficie aussi, bien entendu, aux ports et services portuaires. Une activité significative par exemple pour Marseille, y compris pour soutenir le développement de la transition énergétique. On sait par exemple le groupe Total sur les rangs pour assurer depuis la cité phocéenne l’avitaillement en gaz liquéfié des futurs paquebots GNL de MSC. Cela constituerait un apport crucial et régulier pour permettre à Total de consolider et développer ce futur service de soutage dont les premiers clients seront des porte-conteneurs de CMA CGM.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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