Construction Navale
Saint-Nazaire : STX « très intéressé » pour réaliser une série de voiliers écoles

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Saint-Nazaire : STX « très intéressé » pour réaliser une série de voiliers écoles

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En cette période économiquement très difficile, l'association Euroclippers France a proposé au gouvernement de faire réaliser aux chantiers STX de Saint-Nazaire une série de grands voiliers écoles. Du type Statsraad Lehmkuhl, ces navires de 98 mètres, en coque acier, seraient susceptibles d'accueillir 150 stagiaires. « En réponse au courrier envoyé, le 23 janvier 2009, à Monsieur François Fillon, Premier ministre, et dont j'ai adressé une copie à plusieurs ministres, je viens de recevoir un courrier m'informant que le Ministère de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi, vient de lancer une étude afin d'envisager la possibilité de construire en série des voiliers-écoles du type Statsraad Lehmkuhl sur les chantiers navals STX de Saint-Nazaire », explique Jean-Charles Duboc, d'Euroclippers France. Selon lui, ces navires pourraient, par exemple, servir à la réinsertion des jeunes en difficulté, mais le projet devrait aussi, et surtout, être mené dans un cadre européen. « Il nécessite aussi une coordination et une volonté politique au niveau européen afin d'organiser des navigations pour les étudiants de différents pays de l'Union européenne dans la cadre d'un Erasmus maritime ».

Un projet encore embryonnaire


Selon Euroclippers, la construction d'une douzaine de voiliers représenterait un coût de 400 millions d'euros. Il faudrait ensuite assurer l'armement, la gestion et l'entretien d'une telle flotte, poids financier que l'association propose de répartir entre différents ministères, de l'Education nationale à la Défense. Il s'agit là d'un point crucial, d'autant que les coûts de fonctionnement de voiliers écoles sont élevés. Les collectivités brestoises en savent quelque chose avec la Recouvrance, mise à flot à l'occasion de Brest 92. Et il ne s'agit là que d'une goélette d'une trentaine de mètres. C'est sans doute pourquoi Euroclippers compte aussi beaucoup sur le soutien de l'Europe. La Commission s'intéresserait de près à l'intérêt des stages maritimes pour renforcer la connaissance et la coopération entre Européens. Sous son égide, l'été dernier, une quarantaine de jeunes européens ont embarqué sur le trois-mâts Sagres, de la marine portugaise.
Du côté des chantiers nazairiens, on se dit « très attentif à l'évolution du projet » et « très intéressé par la construction de ces navires quand la décision d'investissement sera prise ». Si le groupe est plus habitué aux paquebots, chez STX, on rappelle que la priorité, faute de nouvelles commandes dans la croisière, « est de trouver de la charge rapidement ».
En somme, tout projet est bon à prendre, mais la prudence reste de rigueur. Car le projet d' Euroclippers en est encore à un stade très embryonnaire. Pour voir le jour, il nécessiterait l'aval des différents ministères concernés et de l'Europe. Au-delà de la complexité de la mise en oeuvre d'une coopération sur ce dossier, il faudra également trouver les ressources financières. Toutefois, comme on l'a bien vu ces dernières semaines, l'heure n'est plus aux économies budgétaires mais plutôt aux investissements publics pour sauver le maximum d'emplois industriels.

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