Construction Navale
Saint-Nazaire : Un nouvel âge d’or est-il possible pour les chantiers ?

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Saint-Nazaire : Un nouvel âge d’or est-il possible pour les chantiers ?

Construction Navale

Alors que STX France renoue aujourd’hui avec une longue tradition de défis, en lançant la construction du plus gros paquebot du monde, l’entreprise a quelques raisons d’espérer le retour d’un nouvel âge d’or de la construction navale. Après des années de difficultés, un redressement spectaculaire semble à portée de main sur les bords de Loire. A condition néanmoins de savoir saisir certaines occasions, de bien négocier des virages technologiques et d’ouvrir les yeux sur les problématiques liées à la compétitivité.

 

 

Le Queen Mary 2 avant son départ, en 2003  (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Queen Mary 2 avant son départ, en 2003  (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Une impressionnante chute d’activité depuis 10 ans

 

 

Il y a 10 ans, les anciens Chantiers de l’Atlantique ressemblaient à une ruche, quelques 12.000 personnes travaillant sur le site. C’était la « grande époque », symbolisée par le Queen Mary 2, mais aussi de multiples paquebots que l’on construisait à la chaîne. Sur le laps de temps qu’a duré la construction du QM2, entre janvier 2002 et décembre 2003, Alstom Marine et ses sous-traitants ont, ainsi, travaillé sur sept autres paquebots : l’European Stars (livré en mars 2002), le Constellation (avril 2002), le Coral Princess (octobre 2002), le MSC Lirica (mars 2003), l’Island Princess (juin 2003), le Crystal Serenity (juillet 2003) et le MSC Opera, qui sera achevé en juin 2004.

Depuis, le chantier français, absorbé en 2006 au groupe norvégien Aker Yards, repris deux ans plus tard par le sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding, a connu des hauts, et surtout des bas. L’activité s’est progressivement réduite, au point de voir les effectifs de l’entreprise fondre de plus de 50% et ceux des coréalisateurs dans des proportions bien plus importantes encore. Aujourd’hui, moins de 4000 personnes œuvrent dans les ateliers, autour de la forme de construction et dans les bureaux d’études.

 

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Trop de chantiers en Europe

 

 

Cette situation est liée à la diminution sensible des commandes de paquebots, qui avaient commencé à marquer le pas avant la crise de 2008 et demeurent depuis en deçà de la grande euphorie enregistrée au début des années 2000. Les navires ont, dans le même temps, évolué, avec des unités moins nombreuses mais plus grandes, et un nombre restreint de petits armateurs en mesure d’investir dans des constructions neuves, ce qui aboutit à une contraction des opportunités de commandes. Dans ce contexte, la capacité européenne de construction de paquebots dépasse largement les besoins de l’industrie de la croisière, malgré la croissance de celle-ci. Il y a donc trop de chantiers et, par voie de conséquence, une nette accentuation de la concurrence, qui se traduit par une baisse  significative des prix, certains constructeurs n’ayant pas hésité à vendre des navires à perte. Une évolu

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