Construction Navale
Saint-Nazaire va construire le plus grand paquebot du monde

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Saint-Nazaire va construire le plus grand paquebot du monde

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Enfin une bonne nouvelle pour STX France, et quelle nouvelle ! Les chantiers nazairiens se sont en effet vus confier la réalisation du troisième paquebot géant de la classe Oasis of the Seas, avec une option pour un navire supplémentaire (qui serait achevé mi-2018). Livrés en octobre 2009 et octobre 2010 par le site de STX Finland à Turku, ces navires sont, et de loin, les plus gros paquebots du monde. Longs de 361 mètres pour une largeur maximale de 66 mètres (47 mètres à la flottaison) et une hauteur de 72 mètres (20 ponts, dont 16 réservés aux passagers), ces mastodontes présentent une jauge de 227.700 GT et comptent 2700 cabines. Ils surclassent, et de loin, les plus gros navires réalisés jusqu’ici à Saint-Nazaire, comme le Queen Mary 2 (345 mètres de long, 41 mètres de large, 145.000 GT, 1310 cabines) de Cunard, le Norwegian Epic (329 mètres, 153.000 tonneaux, 2110 cabines) de NCL et les quatre unités de la classe Fantasia de MSC Croisières, dont le dernier exemplaire, le MSC Preziosa (333 mètres de long, 38 mètres de large, 140.000 GT et 1751 cabines), réalisera en janvier ses essais en mer. Et ce sera également le plus cher, avec un prix oscillant entre 900 millions et 1 milliard d’euros.

 

 

Le Queen Mary 2, livré en décembre 2003 (© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

Le Queen Mary 2, livré en décembre 2003 (© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

 

Le Norwegian Epic, livré en juin 2010 (© NCL)

Le Norwegian Epic, livré en juin 2010 (© NCL)

 

Le MSC Fantasia, livré en décembre 2008 (© NCL)

Le MSC Fantasia, livré en décembre 2008 (© NCL)

 

L'Oasis of the Seas (© RCI)

L'Oasis of the Seas (© RCI)

 

 

Les Finlandais perdent la commande à cause du financement

 

Initialement, l’armateur américain Royal Caribbean International (anciennement RCCL, aujourd’hui filiale du groupe Royal Caribbean Cruises Ltd), qui exploite les Oasis, s’était naturellement tourné vers Turku pour réaliser sur le même site que ses aînés le troisième paquebot de la série. Mais les Finlandais, qui discutaient avec leur client depuis près de six mois, ne sont pas parvenus à proposer un montage financier satisfaisant. Dès l’été dernier, les Français ont eu vent de la situation et ont commencé à travailler sur un dossier alternatif, en concentrant leur action sur le point le plus dur, c'est-à-dire le financement. « L’une des difficultés de ce genre de projets est que les montages financiers sont extrêmement complexes. Ils réunissent plusieurs banques, chacun se garantit, se re-garantit et s’assure. C’est une cathédrale financière dont la construction est extrêmement longue. Comme nous savions que ce serait aussi difficile en France, nous avons anticipé, en préparant des précontrats au cas où il faudrait répondre à une demande de l’armateur », explique Laurent Castaing, directeur général de STX France. Ces modèles, même s’ils n’ont au final pas convenu, ont servi de base aux travaux menés à partir du moment où Royal Caribbean a demandé à Saint-Nazaire, avec l’aval de STX Europe (propriétaire de STX Finland et actionnaire majoritaire de STX France), de faire une proposition. « Nous nous étions interdits d’agir jusqu’au moment où nous aurions le feu vert de STX. Nous avions préparé des solutions de financement ».

 

 

L'Oasis et l'Allure en construction à Turku en 2009 (© STX EUROPE)

L'Oasis et l'Allure en construction à Turku en 2009 (© STX EUROPE)

 

 

Un jeu très serré face à Turku

 

Sitôt entré dans la course, STX France est immédiatement passé à la vitesse supérieure, mobilisant sur ce projet une équipe d’une quarantaine de personnes, dont une dizaine uniquement dédiée au volet juridique et financier, les autres aux aspects techniques. Le tout dans la plus grande discrétion : « Dans le contexte actuel de concurrence, nous avons besoin d’être extrêmement discrets dans nos projets », souligne Laurent Castaing. Pour ce qui concerne la commande venant d’être signée, le but du jeu était « d’endormir » les Finlandais afin de les coiffer au poteau. Ceux-ci ont eu connaissance de l’intérêt français pour le troisième Oasis lorsque Saint-Nazaire a contacté différents fournisseurs afin d’élaborer son dossier. Mais les Finlandais, constructeurs privilégiés de Royal Caribbean, n’imaginaient pas que le contrat puisse leur échapper, tout comme leur gouvernement d’ailleurs. STX France a donc très finement joué la partie en ne faisant pas de vague et en laissant son concurrent s’embourber dans la problématique du financement pendant qu’il avançait ses pions tout en cachant son jeu. Tout se passait parfaitement jusqu’à ce

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