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Saint-Quay-Portrieux : mise à l’eau du chalutier Mistradenn
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Saint-Quay-Portrieux : mise à l’eau du chalutier Mistradenn

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Moment symbolique et fort à la fois, le Mistradenn, premier chalutier tout en bois du charpentier de marine Fabien Hémeury, a été mis à l’eau samedi 6 avril au port de Saint-Quay-Portrieux. Une cérémonie religieuse s’est déroulée en présence de nombreux curieux, dont bien sûr le propriétaire, Philippe Hemeury, qui n’est autre que le père du concepteur. Une belle histoire de famille.

La famille Hemeury de Paimpol, c’est une multitude d’histoires de mer. Il y a du sel dans le sang de cette famille qui n’imagine pas un seul instant être loin des embruns.

Samedi 6 avril, au matin, une nouvelle histoire a commencé, celle du Mistradenn (Elégance en breton), un chalutier de 12 m, qui a été mis à l’eau dans le port d’échouage de Saint-Quay-Portrieux. L’accouchement s’est bien passé ; le bébé mesure 11,98 m de long, 6,20 m de large et pèse 52 t. L’opération de mise à l’eau, suivie par un nombreux public de curieux et par le maire, Thierry Simelière, a été réalisée par une grue de 220 t de l’entreprise Altéad, de Bénodet (29). Puis moment aussi important que symbolique, le père Le Forestier a béni et baptisé le nouveau bateau de Philippe Hemeury.

 

 

Un bateau en bois avec un bulbe à l’avant

Cette matinée un peu spéciale est l’aboutissement d’un an et demi de travail et de réflexion du côté de Fabien Hémeury, le fils. Car le projet du charpentier de marine était pour le moins original voire osé. « Déjà, je voulais faire un bateau en bois, explique Fabien Hémeury ; c’est mon métier et je ne me voyais pas faire autre chose. Il est composé de 90 % de chêne et 10 % de bois rouge pour alléger le bateau au-dessus du pont ». Après, c’est surtout la forme du bateau qui a interrogé les architectes.

« Beaucoup d’entre eux ont refusé le projet », raconte le charpentier ». Trop audacieux sans doute. Et pour cause, la forme du bateau est plutôt atypique avec un bulbe à l’avant et très large à l’arrière. Le tirant d’eau est conséquent avec 2 m à l’avant et plus de 3 m à l’arrière. « C’est pour une stabilité accrue », explique Fabien Hemeury. Rien de choquant pour le père. « C’est un travail remarquable qu’a fait mon fils », confie Philippe Hemeury. C’est finalement le cabinet d’architecte de Pont-L’Abbé (29), Coprexma, qui a réalisé les plans.

900 000 € pour Mistradenn

Après la mise à l’eau, Mistradenn va passer quelques semaines dans le port de Saint-Quay-Portrieux pour les finitions et des essais notamment en matière de flottaison. « Sur ce point, je ne suis pas inquiet du tout », poursuit Philippe Hemeury. Il pourra ensuite retrouver son port d’attache Paimpol avec en prévision une première pêche début juin. Pour Fabien Hemeury, le travail continue avec un deuxième bateau en cours de construction : un 13 m toujours en bois évidemment destiné à un pêcheur du Croisic (44). Pour Philippe Hemeury, l’addition n’est pas salée : 900 000 €. « C’est 20 % de moins qu’un bateau classique », explique l’heureux propriétaire. Une sacrée somme quand même qu’il faudra bien rembourser. « C’est simple on va faire comme d’habitude ; on se lèvera le matin pour aller pêcher ».

Un article de la rédaction du Télégramme