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Sauveteurs en mer : en veille 24 heures sur 24

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Sauveteurs en mer : en veille 24 heures sur 24

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La station de Landéda, dans le nord-Finistère, fait partie des poids lourds de la SNSM. Particulièrement exposés en entrée de Manche, en plein champ de cailloux et de courants, les marins de l'aber ne font pas les malins devant la puissance des éléments. « On en a tellement vu », raconte Jacques Menut, le président de la station. Cet ancien de la Marine nationale encadre avec rigueur et fermeté une équipe de 24 navigants. Un canot tout temps de 17 mètres, une vedette hors-bord de 9 mètres et un pneumatique leur permettent d'intervenir le long de la côte et jusqu'à 20 milles (35 kilomètres du rivage). Un indéfectible système d'alerte leur permet d'aligner en permanence un équipage de huit marins 24 h sur 24, toute l'année.


Appareiller en quinze minutes

 

Une équipe du lundi au vendredi, une autre le week-end. Pas étonnant que ce sont les retraités et ceux qui disposent du plus de temps libre qui composent ces équipages d'alerte (seulement deux sauveteurs ont moins de 40 ans à l'Aber-Wrac'h). Joignables en permanence, ils doivent, en moins de quinze minutes, rejoindre le canot à l'appel du président de la station. Neuf fois sur dix, l'alerte provient du Cross Corsen qui coordonne les opérations de sauvetage. Les marins bénévoles doivent habiter à moins de dix minutes du port. Le téléphone d'alerte toujours sur eux, les marins d'astreinte sont priés d'informer le président de la station à la moindre indisponibilité... de quelques dizaines de minutes. « La vie sociale et de famille en prend un coup, mais on sait pourquoi on le fait ».

 

Jusqu'à 40 sorties par an

 

À la barre des canots d'intervention, cinq patrons expérimentés issus de la marine marchande, de la pêche ou de la Marine nationale, capables de donner un petit nom à chacun des cailloux du secteur ! Le nombre d'interventions varie entre 20 et 40 selon les années ; la plupart du temps pour des bateaux à remorquer. Les recherches de personnes sont heureusement plus rares. Les sauveteurs utilisent plutôt leur pneumatique ou leur vedette légère pour les inquiétudes concernant les plongeurs, baigneurs et autres kitesurfeurs.

 

Don de soi

 

Défrayés sur une base de 20 euros par intervention (+ 50 % de nuit), les sauveteurs de l'Aber-Wrac'h ont décidé de remettre intégralement cet argent à la station, en plus de leur don de temps et de leur disponibilité sans limite. Mais cet investissement personnel est parfois sans retour, à l'image de cette terrible nuit du 7 août 1986 quand les cinq marins de la station perdirent la vie en partant déséchouer un voilier.

 

Un article de la rédaction du Télégramme


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