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Scalp Naval : La cible réduite de 250 à 100 missiles ?

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Scalp Naval : La cible réduite de 250 à 100 missiles ?

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Le nombre de missiles de croisière navals, dont la marine doit être doté, pourrait être réduit de 250 à 100 unités, a-t-on appris hier de source bien informée. Si la version devant équiper les sous-marins nucléaires d'attaque (50 missiles) devrait restée inchangée car jugée « prioritaire », la dotation pour les navires de surface pourrait être réduite des trois quarts. Ainsi, le ministère de la Défense n'envisagerait plus que 50 missiles, au lieu de 200, pour armer les Frégates Multi-Missions (FREMM). Certes, on pouvait s'attendre à une réduction de la commande de Scalp Naval en raison de la baisse du nombre de FREMM devant être construites (Les derniers chiffres évoquent 11 bâtiments, dont 2 antiaériens, au lieu des 17 initialement prévus). Toutefois, « 50 missiles, c'est vraiment très peu et, à raison de 16 Scalp par bâtiment, ça ne suffirait même pas à armer la moitié des frégates construites », note un observateur. Au mieux, seules trois FREMM pourraient dans ce cas être déployées avec le « plein » de Scalp. Ainsi la capacité de la France à mettre en oeuvre des missiles de croisière à partir de plateformes de surface deviendrait réelle. Mais elle serait, si l'on peut dire, beaucoup plus symbolique que prévu. Pour mémoire, au moment du déclenchement de la guerre d'Irak, US Navy et Royal Navy ont tiré, durant les 24 premières heures du conflit, plus de 500 missiles Tomahawk...

Un coût unitaire devenant « faramineux »

Notifié le 29 décembre 2006 au missilier européen MBDA, le programme Scalp Naval est aujourd'hui lancé. D'un coût global de 910 millions d'euros (pour 250 missiles), le contrat comporte une tranche ferme et trois tranches optionnelles. La tranche ferme, déjà signée, est la plus lourde financièrement, avec un budget de 560 millions d'euros. Elle inclut le coût du développement et la réalisation des 50 premières munitions, destinées aux FREMM et livrables à l'été 2013. Au cas où le programme serait bel et bien réduit à 100 missiles, la facture resterait donc élevée. Aux 560 millions d'euros de la tranche ferme, il faudrait en effet ajouter le coût des 50 missiles suivants (près de 90 millions d'euros), mais aussi les pénalités que devra payer l'Etat s'il n'honore pas le contrat initial - les tranches optionnelles sont assorties de clauses de dédit. « Cela ramènerait le coût unitaire de chaque missile à un prix faramineux. De plus, industriellement, ça ne tiendrait pas la route. Il faudrait livrer les 50 premiers missiles pour les frégates, puis interrompre la chaîne de production pour la relancer vers 2015 de manière à avoir les missiles destinés aux SNA prêts pour la livraison du premier Barracuda, en 2017 », indique une source proche du dossier.
L'industriel pourrait néanmoins s'en sortir en cas de vente de Scalp à l'export. Plusieurs pays, comme la Grèce et la Grande-Bretagne, pourraient acheter cet équipement mais tout cela reste pour l'heure hypothétique.
Quant à la France, d'aucun s'interroge sur la pertinence des économies escomptées, face à une réduction significative de la capacité de frappe en profondeur. Car, dans un scénario à seulement 100 missiles, on peut estimer que les armées paieront environ 80% du coût initial du programme pour disposer, in fine, de 40% des munitions prévues.

  Missiles Aster15, Aster30 et Scalp Naval(© : MER ET MARINE)
Missiles Aster15, Aster30 et Scalp Naval(© : MER ET MARINE)

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