Construction Navale
Scandlines reprend finalement les ferries Berlin et Copenhagen

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Scandlines reprend finalement les ferries Berlin et Copenhagen

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STX Finland n’a pas pu sauver la commande de deux ferries propulsés au gaz naturel liquéfié pour Scandlines et l’armateur germano-danois n’a semble-t-il pas donné suite aux propositions d’autres chantiers européens. Il a, en effet, finalement décidé de reprendre les navires qu’il avait commandés en 2010 chez le constructeur allemand  P+S Volkwerft de Stralsund. Ces bateaux, les Berlin et Copenhagen, prévus pour être respectivement immatriculés en Allemagne et au Danemark, avaient été mis à flot en décembre 2011 et avril 2012. Mais ils n’avaient pas été achevés, Scandilines ayant annulé la commande en novembre 2012, arguant du retard pris par le chantier (les navires devaient à l'origine entrer en service sur la ligne Gedser-Rostock en mars et mai 2012) et d’un surpoids par rapport aux plans initiaux. Les ferries sont donc restés en l’état et P+S a fait faillite.

Entretemps, la compagnie, pour répondre au besoin de modernisation et de renouvellement de sa flotte sur la ligne Gdeser-Rostock, a signé en juillet 2013 une lettre d’intention avec STX Finland pour la livraison au printemps 2015 de deux nouveaux navires propulsés au gaz naturel liquéfié et capables de transporter 1300 passagers, 72 camions et 382 voitures. Le contrat n’a néanmoins jamais vu le jour, le chantier finlandais ne parvenant pas à boucler le montage financier.

 

 

Le projet avorté de ferry au GNL (© : STX FINLAND)

Le projet avorté de ferry au GNL (© : STX FINLAND) 

 

 

Les options se sont ensuite révélées limitées pour Scandlines, l’armateur ayant besoin de ses bateaux pour le printemps 2015, soit déjà deux ans de retard par rapport au plan original. Or, les délais sont rapidement apparus comme trop courts pour lancer un nouveau projet de constructions neuves. C’est dans cette perspective que la reprise des Berlin et Copenhagen s’est imposée. Une opération à priori très bonne financièrement puisque la liquidation judiciaire de P+S ayant été prononcée, la compagnie a pu reprendre les coques pour une bouchée de pain, soit 31.6 millions d’euros. On est très loin du prix initial lors de la commande, soit 184 millions d'euros (au sein d'un projet de 230 millions d’euros comprenant également l'agrandissement des infrastructures portuaires de Gedser et Rostock), mais la facture va s’alourdir.

 

 

Le Berlin lors de sa mise à flot, en décembre 2011 (© : DROITS RESERVES)

Le Berlin lors de sa mise à flot, en décembre 2011 (© : DROITS RESERVES) 

 

 

Il faut en effet terminer les deux navires et sans doute les modifier au niveau de la motorisation. Ils devront, notamment, être adaptés dans le cadre de la réduction des émissions de soufre imposée en Europe du nord à partir du 1er janvier 2015. Une nouvelle règlementation qui va entrainer soit l’intégration de systèmes de lavage de fumée (scrubber) ou, pourquoi pas, le remplacement des moteurs classiques par des machines fonctionnant au GNL. Tout dépendra des solutions techniques possibles, du coût et des délais. Les travaux d’achèvement devraient être menés à Hambourg ou Bremerhaven. Selon Scandlines, l'achèvement du Berlin et du Copenhagen devrait s'élever à une centaine de millions d'euros. 

 

 

(© : P+S)

(© : P+S) 

 

 

Longs de 169 mètres pour une largeur de 24.8 mètres, les nouveaux ferries doivent pouvoir dépasser 20 nœuds grâce à un appareil propulsif développant près de 21.500 cv. Ils pourront transporter 1500 passagers et 480 voitures, ou 96 camions, sur 1600 mètres linéaires de garages. 

Ces navires devraient remplacer les Prins Joachim et Kronpins Frederik, mis en service en 1980 et 1981. 

 

 

Le Prins Joachim (© : SCANDLINES)

Le Prins Joachim (© : SCANDLINES)