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Scorpène : DCNS et Navantia en instance de divorce

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Scorpène : DCNS et Navantia en instance de divorce

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La rupture semble définitivement consommée entre les groupes navals français et espagnols. En mars dernier, Jean-Marie Poimboeuf, président de DCNS, avait souhaité une remise à plat du programme Scorpène et une clarification de la stratégie espagnole en matière de sous-marins. Le groupe français, qui a conçu et commercialise avec Navantia le Scorpène, reproche en effet à son partenaire de s'être servi des développements réalisés en coopération sur le bâtiment pour concevoir le S 80, un produit purement espagnol. Or, non seulement ce sous-marin a été adopté par la marine espagnole en lieu et place du Scorpène, mais en plus Navantia le propose à l'export contre le Scorpène. Ce fut notamment le cas en Turquie, un marché finalement remporté par l'Allemand TKMS avec son U 214. Les Français sont d'autant plus furieux de cette concurrence que le S 80 est réalisé avec l'industrie américaine, tant au niveau de l'armement que du système de combat, fourni par Lockheed Martin.
Faute d'avoir trouvé une solution, DCNS serait sur le point de suspendre l'accord de coopération le liant avec Navantia depuis une quinzaine d'année. Le groupe français souhaite reprendre sa liberté commerciale et industrielle. En clair, vendre et réaliser seul les futurs Scorpène placés à l'export. Le premier client concerné pourrait être le Brésil, qui doit en décembre signer un accord de coopération stratégique avec la France. Quatre sous-marins sont en jeu.
Jusqu'ici, DCNS et Navantia ont coréalisés, dans leurs chantiers de Cherbourg et Carthagène, les quatre sous-marins vendus au Chili et à la Malaisie. Dans le cas de l'Inde, DCNS est le plus impliqué dans la construction en transfert de technologie de six Scorpène à Mumbai. Mais, suivant l'accord de coopération, Navantia continue de toucher de juteuses royalties.

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