Marine Marchande
Sea Shepherd a analysé du pétrole venant du Grande America sur un guillemot cet hiver

Actualité

Sea Shepherd a analysé du pétrole venant du Grande America sur un guillemot cet hiver

Marine Marchande

Sea Shepherd s'inquiète des hydrocarbures relâchés par le Grande America. L'organisation annonce avoir fait mener une analyse du pétrole retrouvé sur un guillemot l'hiver dernier montrant qu'il provient du roulier qui a sombré il y a plus d'un an dans le golfe de Gascogne. Pour mémoire, la préfecture maritime de l'Atalntique avait prévenu en février que des galettes s'étaient échouées sur le littoral et avait signalé un rejet après un survol.

L’organisation écologiste explique avoir sillonné pendant plusieurs mois cet hiver pour sa campagne de défense des dauphins « une petite portion de plage ». Elle a alors observé huit oiseaux morts portant des traces d’hydrocarbures. Des analyses conduites par un laboratoire scientifique ont permis d’attester qu’un guillemot recueilli le 17 février encore vivant « était englué dans le pétrole issu du Grande America », annonce l’ONG.

En février, alors que de violentes tempêtes frappaient le golfe de Gascogne, la préfecture maritime de l’Atlantique avait rapporté que des galettes d’hydrocarbure, pour un total de « quelques dizaines de kilogrammes », avaient été retrouvées sur certaines plages de Loire-Atlantique et de Vendée, les 17 et 18 février, ainsi que plusieurs oiseaux portant des traces d’hydrocarbures. « Les premières analyses du CEDRE, réalisées à partir d’échantillons prélevés par les autorités terrestres, montrent de grandes similarités avec le fioul de propulsion issu du navire Grande America, qui a sombré dans le golfe de Gascogne le 12 mars 2019 », expliquait alors la Premar. Les moyens satellitaires, aériens, nautiques et terrestres avaient alors été renforcés pour surveiller la zone où le roulier a coulé en mars 2019. Le 21 février, un rejet d’hydrocarbure lourd avait ainsi été observé lors d’un survol.

« Certes, il n’y a pas eu de marée noire de l'ampleur de certains épisodes dramatiques précédents et la saison estivale sur les plages atlantiques françaises a donc été épargnée » observe Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France. « Mais si ce navire n'a pas détruit la vie marine par une grosse marée noire qui aurait mobilisé l'opinion et les pouvoirs publics, il le fait à petit feu dans l'indifférence générale », estime-t-elle.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

Grande America