Disp POPIN non abonne!
Science et Environnement

Actualité

Sea tech week : Des bioressources marines tournées vers la santé

Science et Environnement

Et si le métabolisme de l’huître creuse offrait des pistes afin de lutter contre le développement des cellules cancéreuses ? Une équipe du laboratoire de physiologie des invertébrés marins de l’Ifremer travaille le sujet depuis moins d’un an. « L’huître creuse utilise des mécanismes qui miment le mode de fonctionnement d’une cellule cancéreuse », résume Charlotte Corporeau qui a déjà obtenu le soutien de la fondation ARC afin de démarrer les travaux. Biologistes marins et biologistes santé profitent de ce forum à Brest pour croiser leurs données et leurs connaissances. « Une fois que nous aurons plus distinctement identifié les mécanismes en vigueur dans l’huître (contrôle-t-elle comme nous le pensons l’effet Warburg ?), nous tenterons d’identifier les molécules de défense que produit ce coquillage soumis à des conditions si particulières dans son milieu. On trouvera peut-être un moyen de mieux contrôler le métabolisme et l’évolution des cellules cancéreuses chez l’homme, afin de limiter leur croissance et leur développement à travers le corps (métastases) ».

En plus de la recherche en cours sur les rats, souris et autres vertébrés, ces toutes nouvelles pistes développées sur ce « modèle animal ancestral » aideront-elles à la compréhension et au contrôle du métabolisme de la cellule cancéreuse ? Le salon Brestois permet d’accélérer les rencontres et les passionnants échanges sur le sujet.

Champignons des grands fonds

 

Gaétan Burgaud s’intéresse aux champignons marins microscopiques. (Photo Stéphane Jézéquel)

 

Parmi les autres sujets abordés cette semaine à Brest, la présentation de Gaétan Burgaud du Lubem de l’UBO n’est pas, non plus, passée inaperçue. L’enseignant-chercheur travaille depuis 2006 sur les champignons marins des grands fonds.

À l’époque, tout le monde n’en avait que pour les bactéries. Peu de scientifiques s’intéressaient aux champignons microscopiques marins. Aujourd’hui, plusieurs équipes internationales explorent les caractéristiques et les propriétés de ces organismes non visibles à l’œil nu que l’on débusque dans les sources hydrothermales des grands fonds (campagne de l’Ifremer) ou à travers les sédiments marins collectés profondément. Ces champignons pourraient fournir de nouveaux antibiotiques et des molécules capables de lutter contre certains cancers. Les applications s’étendent jusqu’au concept de bioremédiation avec des champignons capables de dégrader des hydrocarbures répandus en milieu naturel ou d’absorber les microparticules de plastique diffusées dans l’eau de mer, sujet d’actualité s’il en est.

Grandes algues à cultiver

 

Philippe Potin coordonne le projet de soutien aux grandes algues marines en...

Philippe Potin coordonne le projet de soutien aux grandes algues marines en Bretagne. (Photo Stéphane Jézéquel)

 

Incontournable depuis des années sur la Sea Tech Week, la problématique des grandes algues marines et la dynamique insufflée par Idealg coordonné sur le plan scientifique par Philippe Potin. Alimentaire, cosmétique, agriculture, santé… Avec 100 000 tonnes d’algues fraîches produites chaque année, la Bretagne ne participe qu’à une part infime de la production mondiale (30 millions de tonnes). Le potentiel, l’algue bretonne reste très en dessous des capacités naturelles et des besoins affichés par les industriels obligés d’importer une partie de leur matière première. Le secteur qui fait vivre en Bretagne autour de 500 récoltants et transporteurs ainsi que 1 500 personnes dans les entreprises de transformation est quasiment alimenté à 100 % par des algues récoltées sur les gisements naturels bretons (moins de 2 % de récolte). Alors que 95 % des algues produites dans le monde sont issues de champs cultivés, la Bretagne tarde à développer le filon de la culture. Les financements tardent, l’implantation de zones d’élevage se heurte à diverses oppositions. « Malgré un potentiel et des besoins industriels indéniables », appuie le coordinateur issu de la station biologique de Roscoff.

Un article de la rédaction du Télégramme