Marine Marchande
SeaFrance : Brittany Ferries fait son offre, LD Lines retire la sienne

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SeaFrance : Brittany Ferries fait son offre, LD Lines retire la sienne

Marine Marchande

L'armement breton a confirmé, hier, avoir fait une offre de reprise de SeaFrance, dont les navires assurent la liaison entre Calais et Douvres. « Le conseil de surveillance de Brittany Ferries a voté vendredi, à l'unanimité, la proposition du groupe, déjà validée par le Conseil Stratégique, pour un plan de relance et de développement économique régional de Sea France », indique Brittany Ferries. La compagnie de Roscoff a proposé à la SNCF, propriétaire de SeaFrance, la création d'une holding commune dans laquelle elle apporte 75% du capital et la SNCF 25%. Ce capital s'élèvera à 40 millions d'euros. Brittany Ferries propose également de reprendre 4 des 5 navires en service actuellement. «Présents sur les mers avec 100% de marins français, nous avons 37 ans d'expérience du transmanche en fret et passagers avec 2 735.000 passagers et 231.000 camions cette année. Nos actionnaires ont réinjecté depuis 6 ans, une grande partie de leurs bénéfices à la modernisation de la flotte par la construction de 4 nouveaux navires, nous avons pensé que Brittany Ferries avait une véritable légitimité à déposer une offre de relance de SeaFrance » a déclaré Jean-Marc Roué, Président du conseil de surveillance de Brittany Ferries.

Nouvelle bataille en vue dans le détroit ?

Aucune information n'a, néanmoins, été communiquée quant au nombre de suppressions de postes chez SeaFrance. Le mois dernier, à Calais, la direction avait annoncé un projet de plan de restructuration prévoyant la suppression de 650 emplois (soit 40% des effectifs) et la réduction de la flotte à trois navires. Suite à cette annonce, LD Lines, filiale de Louis Dreyfus Armateurs, avait fait une offre de reprise à la SNCF. La compagnie privée, qui doit ouvrir cet été une nouvelle ligne à Boulogne, proposait d'y affecter un à deux navires de SeaFrance et, par conséquent, de sauvegarder une part importante des 650 postes menacés. Seulement voilà, après avoir essuyé le feu des syndicats de SeaFrance, radicalement opposés à une fusion avec l'armement privé LD Lines a annoncé, ce mardi, qu'il retirait son offre. On devrait donc assister, cet été, à l'implantation d'un quatrième acteur dans le détroit, après SeaFrance, P&O Ferries et Norfolkline.

« L'avenir de SeaFrance est au sein de la SNCF »

A la veille de l'annonce du retrait de LD Lines, Brittany Ferries est dons sortie du bois. Si la compagnie bretonne est plutôt mieux vue à Calais que la filiale de LDA, l'offre dévoilée hier est contestée, notamment au niveau du prix. « 40 millions d'euros pour 75% de l'entreprise, ce n'est pas le prix. SeaFrance vaut plus que ça », estime-t-on à la CGT, où on note qu'à elle seule, la valeur des trois derniers ferries est largement supérieure. Comme la CFDT, le syndicat pense que « l'avenir de SeaFrance est au sein de la SNCF ». Opposée à une perte de majorité de son actuel actionnaire, la CGT rappelle qu'il y a 10 jours, le président du groupe ferroviaire, Guillaume Pépy, a assuré aux fédérations que « SeaFrance n'était pas à vendre ».
Dans ces conditions, les interrogations demeurent quant à l'avenir de la compagnie. En plus de LD Lines et Brittany Ferries, il n'est pas à exclure que Veolia Transport fasse aussi une offre. Les syndicats, de leur côté, maintiennent la pression, assurant que « si l'Etat force la vente, cela se passera très mal ».

My Ferry Link (ex-SeaFrance)