Marine Marchande
SeaFrance : Ce sera donc le tribunal de commerce

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SeaFrance : Ce sera donc le tribunal de commerce

Marine Marchande

C'est en vain que le médiateur nommé pour résoudre le conflit chez SeaFrance a attendu, hier, les représentants de la CFDT. Les syndicats avaient jusqu'à 14 heures pour signer l'accord de médiation élaboré par Daniel Cholley après plusieurs semaines de discussions avec les représentants du personnel et la direction de la compagnie de Calais. Cette dernière a paraphé le texte, tout comme la CGT, la CGC et la CFTC. Mais ces organisations, à elles seules, ne suffisent pas pour que le texte entre en vigueur (à cause de la loi de 2008 sur la représentativité syndicale). Il fallait, impérativement, que la CFDT, ultra-majoritaire dans l'entreprise, accepte de signer. Celle-ci ne s'est pas déplacée, préférant appeler à un référendum au sein de la compagnie sur le plan de redressement, qu'elle souhaite organiser mardi prochain. « Si les salariés nous disent de signer les accords, on signera et il n'y aura plus de problème insurmontable », a indiqué au journal Nord Eclair un responsable du syndicat.

Rendez-vous lundi à la case justice

Mais, d'ici là, Pierre Fa, président du directoire de SeaFrance, aura saisi le tribunal de commerce, où il a annoncé qu'il se rendrait dès lundi pour déclencher une procédure de sauvegarde. De plus, la CFDT n'ayant pas signé le texte proposé par le médiateur, nommé à sa demande par le préfet, les propositions de Daniel Cholley tombent à l'eau. Les propositions du médiateur, acceptées par la direction, portaient sur la suppression de 482 postes (contre 543 dans le plan annoncé en mai par Pierre Fa) sur un effectif de 1580 salariés ; ainsi qu'une amélioration des mesures d'accompagnement. C'est donc « sans filet » que SeaFrance se rend à la case justice. Si aucun accord n'est signé, la SNCF, maison mère de la compagnie, a fait savoir qu'elle ne renouvellerait pas la convention de trésorerie qui la lie à sa filiale pendant encore deux mois. Il faudrait aussi faire une croix sur la recapitalisation de l'entreprise, indispensable à sa survie. Avec des pertes s'élevant à 100.000 euros par jour selon la direction, SeaFrance est endettée à hauteur de 189 millions d'euros, pour des capitaux propres de moins 58 millions d'euros. Sans l'aide de la SNCF, la cessation de paiement serait inévitable.

My Ferry Link (ex-SeaFrance)