Marine Marchande
SeaFrance : La CFDT annonce le blocage du port de Calais

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SeaFrance : La CFDT annonce le blocage du port de Calais

Marine Marchande

Alors que les négociations sont au point mort avec la direction de SeaFrance au sujet du plan de redressement, la CFDT a annoncé hier qu'elle organiserait, ce vendredi, un blocage du port de Calais. Les marins des navires de la compagnie sont appelés à une grève de 24 heures, pour exiger qu'un médiateur soit nommé par les pouvoirs publics. Cette demande est partagée par la CGT, dont des représentants ont été reçus, hier, à la préfecture. Le mouvement se déroule alors qu'un Conseil de surveillance de SeaFrance est organisé aujourd'hui. Il devrait, notamment, examiner la possibilité de recourir à la « solution du tribunal de commerce », option que refuse l'ensemble des syndicats car elle pourrait sonner le glas de l'entreprise. « Ca fait des mois qu'on est en négociation et ça n'avance pas », a indiqué à l'AFP un responsable de la CFDT. Contactée par Mer et Marine, la CGT confirme : « Ces trois dernières semaines, on devait négocier, mais rien. Nous sommes d'accord pour débloquer la situation via la nomination d'un médiateur », explique un représentant du syndicat, qui souhaite par ailleurs la « recapitalisation immédiate » de SeaFrance.

Un CE crucial prévu lundi

Si les marins ont répondu à l'appel à la grève, les officiers, bien que solidaires, ont choisi de ne pas les rejoindre pour le moment. Ils laissent, néanmoins, planer la menace : « On ne fait pas grève mais on se réserve la possibilité de le faire », explique l'un d'eux.
Sur 1580 salariés (dont environ 1300 navigants), le plan de redressement présenté par la direction prévoit 543 suppressions de postes. La SNCF, maison mère de la compagnie, a promis 413 reclassements au sein du groupe. Mais, du côté des syndicats, on se montre dubitatif. « On a du mal à croire à ces 413 reclassements. C'est une solution qui n'est pas à négliger car cela peut intéresser des gens. Mais il faut aussi penser que cela signifie, pour d'autres, un triple parcours du combattant. Il faudra en effet changer de métier, changer de lieu de vie et changer d'entreprise. C'est loin d'être évident », estime-t-on à la CGT.
La journée de lundi devrait, en tous cas, être cruciale pour l'avenir de la compagnie. C'est en effet le 19 octobre que doit se tenir, à Calais, un Comité d'Entreprise au cours duquel la direction devra recueillir l'avis des membres du CE sur son projet.

My Ferry Link (ex-SeaFrance)