Marine Marchande
SeaFrance : La CFDT signe l'accord de médiation

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SeaFrance : La CFDT signe l'accord de médiation

Marine Marchande

Après des mois de conflit avec la direction, la CFDT de SeaFrance a accepté, hier, de signer l'accord ouvrant la voie à la mise en oeuvre du plan de redressement de la compagnie. Le syndicat, majoritaire dans l'entreprise, a pris cette décision suite au référendum organisé la veille auprès des salariés. Ce vote avait tourné, de justesse, en faveur de l'accord proposé par le médiateur, nommé en octobre par le préfet. En mai dernier, la direction avait présenté un projet portant sur 543 suppressions de postes (sur 1580 salariés dont 1300 navigants), la SNCF, actionnaire unique de SeaFrance, proposant de reclasser 413 salariés au sein du groupe. Les négociations menées par le médiateur ont permis de réduire les suppressions de postes à 482, ce qui représente quand même plus de 30% des effectifs. Les discussions ont, dans le même temps, permis d'améliorer les mesures d'accompagnement des personnels touchés. L'accord avait été signé la semaine dernière par la CGT, la CGC et la CFTC. Mais ces organisations, en raison de la loi sur la représentativité syndicales, ne « pesaient » pas suffisamment pour permettre sa mise en oeuvre.

Bon pour la recapitalisation

Faute d'avancée, Pierre Fa, président du Directoire de SeaFrance, s'était rendu lundi au tribunal de commerce de Paris pour demander que soit déclenchée une procédure de sauvegarde. Le tribunal ne devant examiner cette demande que le 18 décembre, le patron de la compagnie avait indiqué qu'il suspendrait la procédure si, d'ici là, la CFDT acceptait l'accord de médiation. Se félicitant de la décision finalement prise par le syndicat, la direction a annoncé que la signature du texte ouvrait la voie à la recapitalisation de l'entreprise par la SNCF. Durement touchée par l'impact de la crise sur le trafic maritime transmanche, notamment au niveau du fret, SeaFrance est actuellement lourdement déficitaire. Selon le management, la société perd 100.000 euros par jour et accuse une dette de 189 millions d'euros. Le plan de redressement vise, notamment, à augmenter la productivité, afin de redresser la barre. La compagnie, qui alignait six navires entre 2005 et 2006, ne compte plus que quatre unités : Les ferries récents Berlioz, Rodin et Molière, ainsi que le fréteur Nord-Pas-de-Calais.

My Ferry Link (ex-SeaFrance)